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G8/G20

G8/G20

De nombreux manifestants (entre 20000 et 30000 selon les sources) s’étaient réunis en marge des sommets du G8 et du G20 qui se tenaient respectivement à Huntsville et Toronto en juin 2010, pour exprimer leurs inquiétudes aux chefs d’États et de gouvernements présents.

Afin de prévenir tout débordement, le gouvernement de l’Ontario et le gouvernement fédéral avaient adopté des mesures de sécurité exceptionnelles en termes d’envergure (20 000 policiers déployés) et de coût (930 millions de dollars canadiens).

Malheureusement les dispositions prises, n’ont d’une part, pu empêcher un petit groupe de personnes de faire de la casse et ont surtout d’autre part, conduit à de graves violations des droits humains. En mai 2012, le Bureau du directeur indépendant de l'examen de la police, l'organisme indépendant de surveillance de la police ontarienne, a conclu que les policiers ont bafoué les droits civils des manifestants, détenu des gens illégalement et fait usage d'une force excessive lors du sommet du G20 à Toronto. Il a dénoncé aussi la mauvaise conception et le mauvais fonctionnement du centre de détention temporaire qui avait été mis sur pied par la police de Toronto sur les lieux mêmes des manifestations.

Ainsi, l’adoption en catimini peu de temps avant l’ouverture du G20 d’un décret attribuant des pouvoirs spéciaux aux forces de l’ordre pour la durée du sommet a favorisé ces atteintes aux droits de la personne au nombre desquelles, on constatait : les arrestations massives et préventives de plus d’un millier de personnes (de loin le plus grand nombre d’arrestations pour un événement public de l’histoire du Canada), les fouilles et détentions arbitraires, des brutalités policières, des conditions de détention dégradantes.

Nous citerons à-titre d’exemple, le cas de l’université de Toronto, où une centaine de personnes qui dormaient dans le gymnase de l’université pendant la durée du sommet, ont été arrêtées illégalement (sans mandat) et placées en détention dans des conditions indignes d’un pays démocratique : interdiction de contacter les proches ou un avocat, absence de lit, retrait des lunettes et des médicaments, fouilles à nu…

Parmi les personnes détenues pendant le sommet, un certain nombre rapportent avoir également été victimes de propos haineux, racistes ou sexistes de la part des policiers.

La très grande majorité des personnes interpellées pendant le sommet ont été libérées sans qu’aucune charge ne soit retenue contre elles.

Mis à jour le mercredi, 1 mai 2013