Bélarus. La libération du prisonnier d’opinion Mikalai Statkevich après un AVC montre le besoin de justice pour les violations des droits humains
En réaction à la libération du responsable politique d’opposition bélarussien Mikalai Statkevich, qui était détenu depuis 2020, Marie Struthers, directrice du programme Europe de l’Est et Asie centrale à Amnistie internationale, a déclaré :
« Nous sommes soulagés par la libération de Mikalai Statkevich, mais indignés par l’injustice profonde et le préjudice corporel qu’il a subis pendant les années passées derrière les barreaux, à purger une peine dénuée de tout fondement, dont une grande partie en isolement sur de longues périodes. L’isolement prolongé viole l’interdiction absolue de la torture et des autres formes de mauvais traitements, et sa santé s’est gravement détériorée. Libérer un prisonnier d’opinion après qu’il a été victime d’un AVC, ce n’est pas la justice mais le signe de son absence profonde.
« Les autorités du Bélarus doivent cesser de recourir à l’emprisonnement de militant·e·s, de journalistes et d’autres personnes critiquant le gouvernement pour les punir d’avoir exercé pacifiquement leur droit à la liberté d’expression, d’association et de réunion. Il faut qu’elles libèrent immédiatement et sans condition toutes les personnes injustement arrêtées et emprisonnées pour des motifs politiques, notamment les éminents défenseur·e·s des droits humains Nasta Loika, Marfa Rabkova, Valiantsin Stefanovich et Vital Chopik.
« Les autorités bélarussiennes ont commis des violations flagrantes. Elles doivent respecter pleinement leurs obligations internationales en matière de droits humains, et les responsables de violations de ces droits doivent être amenés à rendre des comptes. »
Complément d’information
Le 19 février 2026, l’épouse de Mikalai Statkevich, Marina Adamovich, a confirmé que son mari avait été libéré d’une colonie pénitentiaire de haute sécurité après avoir été victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC) et être resté plusieurs semaines à l’hôpital de la prison.
Âgé aujourd’hui de 69 ans, Mikalai Statkevich, détracteur de longue date du gouvernement, figure de l’opposition et ancien candidat lors d’élections présidentielles, a été arrêté le 31 mai 2020. Il a par la suite été condamné à 14 ans d’emprisonnement pour avoir « organisé des troubles de masse » (article 293-1 du Code pénal), une accusation forgée de toutes pièces.
Le 11 septembre 2025, il a été remis en liberté dans le cadre d’un accord politique entre le Bélarus et les États-Unis. Cependant, contrairement à d’autres personnes libérées, il a refusé l’exil forcé en dehors du Bélarus et a été soumis à une disparition forcé à la frontière avant d’être secrètement renvoyé dans une colonie pénitentiaire, où il a ensuite été détenu au secret. Au cours de son dernier emprisonnement, qui avait débuté en 2020, il a été maintenu à l’isolement pendant de longues périodes, il aurait contracté le COVID-19 à de multiples reprises et il a été victime d’un AVC le 21 janvier 2026.
Au 20 février 2026, selon le Centre des droits humains Viasna, 1 144 personnes étaient détenues pour raisons politiques au Bélarus. La liste de cette ONG locale n’est toutefois pas exhaustive, car elle repose sur des informations publiques que les autorités bélarussiennes tentent de limiter.