À l’approche du 77défilé de la fête de la République en Inde le 26 janvier et du sommet UE-Inde qui aura lieu le lendemain à New Delhi, Amnistie internationale appelle l’Union européenne et l’Inde à œuvrer ensemble contre les attaques visant les droits humains dans le monde entier.

« Au moment où les droits humains sont plus que jamais en difficulté à travers le monde, il est crucial que ces deux acteurs internationaux les respectent pleinement et réaffirment ensemble l’importance des droits fondamentaux et de l’état de droit dans tous les domaines de leurs relations, notamment en matière de commerce, de sécurité et de défense, de transition énergétique et de coopération entre les peuples. En intensifiant leurs efforts pour promouvoir et protéger les droits humains dans leur politique intérieure et étrangère, l’Inde et l’UE ont la capacité d’accomplir un partenariat qui peut réellement servir leurs populations – et d’envoyer un signal fort pour les droits fondamentaux et les personnes qui en sont détentrices dans le monde entier », a déclaré Eve Geddie, directrice du Bureau d’Amnistie internationale auprès des institutions européennes.

« L’Inde doit demander des comptes à l’UE pour son respect des droits humains dans la pratique, et l’UE ne doit plus rester silencieuse sur la situation des droits humains en Inde pour des raisons géostratégiques et économiques, a déclaré Aakar Patel, président du bureau exécutif d’Amnistie internationale Inde.

« L’UE doit dénoncer clairement les graves violations des droits humains et exiger que l’Inde respecte ses engagements dans ce domaine. Si l’Inde et l’UE ne parlent pas des droits fondamentaux alors qu’ils sont attaqués à travers le monde, les deux parties enverront un signal politique désastreux de normalisation et d’impunité. Les défenseur·e·s des droits humains et la société civile, au sein de l’UE comme en Inde, doivent pouvoir compter sur leurs gouvernements pour tenir leurs promesses concernant les droits humains. »

Complément d’information

En Inde, Amnistie internationale observe depuis longtemps le recours de plus en plus fréquent à des lois répressives pour restreindre les droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique ainsi que pour étouffer la dissidence pacifique en harcelant, en surveillant et en détenant des défenseur·e·s des droits humains, des militant·e·s, des journalistes et des membres de la société civile.

Les lois et politiques abusives et discriminatoires visant les musulman·e·s, les chrétien·ne·s et d’autres minorités se sont intensifiées, de même que les démolitions punitives de logements et d’autres biens appartenant à des personnes musulmanes, malgré une décision rendue par la Cour suprême indienne en 2024 et les demandes formulées par des expert·e·s indépendants spécialistes des droits humains au sein des Nations unies pour que cessent ces démolitions.

Dans ce contexte préoccupant, les droits humains sont survolés de manière choquante dans le Nouveau programme stratégique UE-Inde publié en octobre 2025, qui définit l’approche de l’UE pour ses relations avec l’Inde dans les prochaines années.

Parallèlement, les États membres de l’UE ont reculé sur le respect de l’état de droit et sont revenus sur des engagements qu’ils avaient pris, ce qui a des conséquences sur les droits des personnes en Europe, notamment pour les réfugié·e·s et les migrant·e·s au sein de l’UE et à ses frontières. Les défenseur·e·s des droits humains, les militant·e·s et les organisations de la société civile – en particulier ceux et celles qui se mobilisent sur la justice climatique, les droits des personnes réfugiées et migrantes, les droits des personnes LGBTIQ+, le racisme et les droits fondamentaux des Palestinien·ne·s – sont de plus en plus menacés, y compris par des campagnes de dénigrement, une criminalisation et des restrictions pesant sur leur travail.

Plusieurs États membres de l’UE et l’Inde continuent de transférer des équipements militaires vers Israël en violation du droit international. Ils devraient pourtant imposer un embargo complet sur les armes à destination d’Israël, couvrant tous les équipements, armes, technologies et pièces d’armement qui permettent à ce pays de perpétrer un génocide à Gaza et de maintenir son occupation illégale et son système d’apartheid dans le Territoire palestinien occupé.

Pour en savoir plus, voir « India: Amnistie internationale’s submission to the European Commission's new comprehensive strategic approach to EU-India relations »– Bureau d’Amnistie internationale auprès des institutions européennes.