Israël /TPO. Abandon des poursuites contre des soldats accusés d’atteintes aux droits humains dans une prison militaire israélienne : une décision scandaleuse
En réaction à la décision du procureur général militaire israélien d'abandonner les poursuites contre cinq soldats israéliens accusés d'avoir bafoué les droits humains et agressé sexuellement des détenus palestinienss à la prison militaire de Sde Teiman, Erika Guevara Rosas, directrice générale chargée de la recherche, du plaidoyer et de la politique à Amnistie internationale, a déclaré :
« Cette décision marque un nouveau chapitre honteux dans la longue histoire du système judiciaire israélien s’agissant d’accorder l'impunité aux auteurs de crimes graves contre des Palestinien·ne·s. Cette décision, et l'accueil favorable que lui a réservé le Premier ministre Benjamin Netanyahou, illustrent “ la réticence ou l'incapacité ” du système israélien à engager des poursuites pour les crimes relevant du droit international, et soulignent la nécessité de faire appel à la justice internationale, dernier recours des Palestinien·ne·s. »
Depuis le début du génocide perpétré par Israël contre les Palestinien·ne·s dans la bande de Gaza occupée, et malgré des preuves accablantes de tortures et de violations généralisées, dont des violences sexuelles, commis à l’encontre des Palestinien·ne·s dans les centres de détention israéliens, un seul soldat israélien a jusqu’à présent été condamné pour avoir torturé un détenu palestinien. On sait qu'au moins 98 Palestiniens sont décédés pendant leur détention par Israël depuis octobre 2023, et aucune enquête indépendante, transparente et impartiale n’a été menée sur l'un de ces cas, tandis que les observateurs indépendants, notamment le CICR, n’ont toujours pas le droit de rendre visite aux détenus palestiniens.
« Alors que les tensions régionales montent d’un cran, le monde ne saurait détourner le regard pendant que les Palestinien·ne·s sont privés de tout semblant de justice. Les États parties au Statut de Rome doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour appuyer l'enquête de la CPI sur les crimes commis en Palestine et en Israël. »
Selon l'ONG israélienne HaMoked, 9 446 Palestinien·ne·s sont actuellement détenus dans les prisons israéliennes. Amnistie internationale a déjà rapporté que des Palestiniens et Palestiniennes détenus à Sde Teiman ont été gardés au secret et soumis à la torture et à d'autres mauvais traitements.