• 15 mai 2026
  • Russie
  • Communiqué de presse

Russie. Le journaliste Ivan Safronov, qui purge une peine de 22 ans de prison sur la base de fausses accusations de trahison, est un prisonnier d’opinion

En réaction à la désignation par Amnistie internationale en tant que prisonnier d’opinion d’Ivan Safronov, ancien journaliste de Russie condamné à une peine de 22 ans d’emprisonnement pour des accusations de « haute trahison », Marie Struthers, directrice pour l’Europe de l’Est et l’Asie centrale à Amnistie internationale, a déclaré :

« Les autorités russes n’ont pas présenté de preuves crédibles démontrant qu’Ivan Safronov s’était rendu coupable de haute trahison. Elles ont mené à huis clos un procès inique et prononcé une très lourde peine de 22 ans d’emprisonnement, visiblement motivée par la volonté de le punir pour son travail de journaliste.

« Cette affaire illustre l'offensive menée par les autorités russes contre le journalisme indépendant et la liberté d'expression. Les représailles visant ses avocats et les pressions incessantes exercées sur lui pour qu'il divulgue ses sources témoignent d'un système déterminé à bâillonner les journalistes et à sanctionner ceux qui défendent leurs droits.

« Ivan Safronov est un prisonnier d’opinion, incarcéré uniquement parce qu’il est journaliste et a exercé son droit à la liberté d’expression. Les autorités russes doivent le libérer immédiatement et sans condition, annuler sa condamnation et faire en sorte que les journalistes et les avocat·e·s puissent faire leur travail sans craindre de représailles. »

Complément d’information

Ivan Safronov a travaillé pour les journaux Kommersant et Vedomosti, où il couvrait la coopération militaire et technique de la Russie avec des pays étrangers, les industries russes de la défense et de l’espace, ainsi que la corruption et la politique. Peu avant son arrestation, il avait rejoint l'Agence spatiale russe (Roscosmos) en tant que conseiller du directeur général.

Interpellé à Moscou le 7 juillet 2020 par des agents du Service fédéral de sécurité (FSB), il a été inculpé de « haute trahison » en vertu de l'article 275 du Code pénal russe. Il a été accusé d'avoir transmis des informations classées secrètes au sujet de la défense et de la sécurité russes à un représentant des services de renseignement d’un pays membre de l'OTAN.

Les autorités n'ont pas fourni de preuves crédibles à l'appui de ces accusations, et l’affaire d’Ivan Safronov a été entachée par le secret, des preuves contestables et de graves violations du droit à un procès équitable - des conclusions qu’ont rapportées des médias indépendants.

Le 5 septembre 2022, le tribunal municipal de Moscou a condamné Ivan Safronov à une peine de 22 ans d’emprisonnement. Il la purge actuellement dans une colonie pénitentiaire de haute sécurité située à Krasnoïarsk, à plus de 4 000 km de son domicile à Moscou. 

Les avocats d’Ivan Safronov, notamment Ivan Pavlov, Evgueni Smirnov et Dimitri Talantov, ont également fait l'objet de poursuites judiciaires et d'autres représailles.