Hongrie. L’abandon des charges visant les organisateurs des marches des fiertés de Budapest et de Pécs témoigne du pouvoir de la solidarité
« Le courage des organisateurs des marches des fiertés et le soutien de centaines de milliers de participant·e·s ont conduit le ministère public à abandonner les poursuites intentées à leur encontre », ont déclaré Amnistie internationale et trois autres organisations.
Il incombe désormais au Parlement nouvellement élu de modifier la loi hongroise relative aux rassemblements et d'abroger les dispositions très restrictives de la Constitution ou Loi fondamentale.
En mars 2025, le Parlement hongrois a adopté des modifications législatives qui ont suscité une vive opposition et une forte résistance au sein de la population. Ces mesures visaient à interdire les manifestations réclamant l'égalité des droits pour les minorités sexuelles et de genre, notamment les marches des fiertés à Budapest et à Pécs.
Au lendemain de la déclaration déplorable de l'ancien Premier ministre en février 2025, les organisations de défense des droits humains ont apporté leur soutien aux organisateurs de la Pride et commencé à collaborer en vue de garantir le plein exercice du droit à la liberté de réunion.
À la suite des rassemblements organisés et des recours judiciaires formés contre ces décisions administratives illégales interdisant ces rassemblements, les quatre ONG de défense des droits humains ont réussi à porter ces décisions de police et les arrêts rendus par la Cour suprême de Hongrie devant la Cour européenne des droits de l'homme.
De plus, elles ont publié des recommandations conjointes sur les principales questions juridiques afin d’aider les participant·e·s à la marche des fiertés à comprendre comment ils pourraient exercer pacifiquement leur droit de réunion en dépit du contexte restrictif. Leurs juristes ont formé les organisateurs·trices et les bénévoles de la marche des fiertés, et ont recruté et préparé des observateurs·trices juridiques prêts, en cas de besoin, à apporter leur aide aux organisateurs et aux participants lors des deux événements.
Dès le tout début, Géza Buzás-Hábel, organisateur de la marche des fiertés à Pécs, a clairement fait savoir qu'il comptait lancer l'événement sous la forme d'un rassemblement public malgré l'interdiction. Son courage, sa détermination et son engagement fondé sur des principes ont montré l'exemple à tous ceux qui chérissent la liberté.
La décision du parquet d'abandonner les poursuites est le fruit des efforts de tous ceux qui considèrent la liberté de réunion comme un droit fondamental et ont refusé de laisser les mesures arbitraires du gouvernement précédent priver les citoyen·ne·s de ce droit.
Le fait que la marche des fiertés de Budapest – et, espérons-le, celle de Pécs – puisse se dérouler librement est une victoire commune pour tous ceux qui se sont exprimés sur cette affaire.
Si la décision du parquet d’abandonner les poursuites contre le maire de Budapest, Gergely Karácsony, et Géza Buzás-Hábel revêt une importance majeure, elle ne signifie pas la fin d’une période marquée par des violations systémiques des droits humains. La loi relative aux rassemblements doit être modifiée. Il faut abroger les dispositions discriminatoires qui enfreignent la législation de l’Union européenne, et lever les restrictions mises en place par le gouvernement précédent dans le but précis de décourager la participation aux marches des fiertés.
Il faut aussi des réformes constitutionnelles plus ambitieuses afin de garantir l'égalité des droits pour les personnes LGBTI en Hongrie. Premier pas essentiel, il faut sans attendre exécuter l'arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne concernant la loi hongroise contre la propagande LGBTQI adoptée en 2021.
Nous avons hâte de participer à la 31e marche des fiertés à Budapest le 27 juin et à la 6e marche des fiertés à Pécs le 12 septembre, et espérons vous y rencontrer.