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Communiqué 
international
Malaisie

Risque élevé de contracter le coronavirus pour des centaines de Rohingyas fuyant par bateau

Il faut que les autorités malaisiennes épargnent aux 202 Rohingyas retrouvés à la dérive à proximité de leurs côtes le risque d’une infection à grande échelle dans des centres de détention, a déclaré Amnistie internationale Malaisie le 8 octobre 2020.

Ces personnes sont actuellement en quarantaine pour 14 jours en raison de l’épidémie de COVID-19.

« Il faut que l’État assure comme il se doit la protection de ces Rohingyas, qui ont désespérément besoin d’être à l’abri à la fois des persécutions et de la maladie, a déclaré Preethi Bhardwaj, directrice exécutive par intérim d’Amnistie internationale Malaisie.

« Compte tenu du risque élevé de transmission dans les centres de détention, il doit lever la quarantaine de ces personnes et leur fournir la protection dont elles ont besoin aux termes du droit international. Placer davantage de personnes en détention en ce moment mettrait en jeu la santé d’innombrables personnes et ne ferait qu’aggraver la crise actuelle. »

Le 5 avril 2020, les gardes-côtes malaisiens ont intercepté un bateau transportant plus de 200 Rohingyas, dont des enfants, à proximité de l’île de Langkawi. Les autorités ont déclaré que le capitaine, soupçonné d’être à la tête d’un réseau de traite d’êtres humains, s’était échappé en mer.

Amnistie internationale Malaisie croit savoir que le groupe, désormais en quarantaine pour 14 jours, est soumis actuellement à des tests de dépistage du COVID-19 et sera peut-être transféré dans un centre de détention des services de l’immigration. En Malaisie, les réfugiés rohingyas sont souvent détenus pour une durée indéterminée dans des structures de ce type.

Dans le cadre de précédentes recherches, Amnistie internationale a constaté que les conditions dans les centres de détention des services de l’immigration en Malaisie s’apparentaient à un traitement cruel, inhumain et dégradant et se caractérisaient par la surpopulation, l’insalubrité et la fourniture d’une quantité insuffisante d’eau et de nourriture.

« Il faut que les autorités fassent en sorte que ces personnes réfugiées, qui ont déjà traversé une épreuve traumatisante, disposent de l’espace nécessaire à la distanciation sociale, de suffisamment d’eau et d’installations sanitaires adéquates, ainsi que de matériel d’hygiène, et bénéficient de soins médicaux, en quarantaine et par la suite, a déclaré Preethi Bhardwaj.

« Nous appelons également les pouvoirs publics à mettre en application des mesures destinées à protéger les personnes se trouvant déjà dans les centres de détention des services de l’immigration, notamment à les libérer afin de contenir l’épidémie de COVID-19, à prévenir la surpopulation et à garantir le droit à des soins médicaux adéquats. »

Complément d’information

Des crimes contre l’humanité ont été commis cette année encore contre les 600 000 Rohingyas, selon les estimations, qui vivaient toujours dans l’État d’Arakan. Plus de sept ans après avoir été contraintes de s’enfuir de chez elles, des centaines de milliers de personnes – essentiellement des Rohingyas – sont toujours enfermées dans des camps de détention dans l’État d’Arakan, ainsi qu’au Bangladesh voisin, où les conditions de vie sont misérables et où leur survie dépend de l’aide humanitaire.

Année après année, des bateaux transportant des milliers de personnes désespérées qui fuient l’État d’Arakan et le Bangladesh et tentent de trouver refuge en Asie du Sud-Est sont retrouvés en mer. Le droit international impose aux États de protéger les droits fondamentaux des personnes réfugiées qui atteignent leurs côtes.

Le principe de non-refoulement leur interdit de renvoyer une personne dans un pays où elle risquerait d’être victime de persécutions ou d’autres graves violations des droits humains. Il est la pierre angulaire de la protection internationale accordée aux personnes réfugiées et le fondement de l’interdiction absolue de la torture et des autres formes de traitement ou de châtiment cruel, inhumain ou dégradant.

La Malaisie n’est pas partie à la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés adoptée par les Nations unies ni à son Protocole de 1967. Cependant, le principe de non-refoulement est également inscrit dans le droit international coutumier, qui est contraignant pour tous les États. Par ailleurs, la Déclaration des droits humains de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) comprend le droit de demander et d’obtenir l’asile.

 

Pour toute demande d'information et/ou d'entrevue, veuillez contacter : 

Khoudia Ndiaye | Directrice des communications et stratégies 

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Mis à jour le jeudi, 9 avril 2020