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Communiqué 
international
Yémen

Après quatre ans d’un violent conflit dont on ne voit pas la fin, on craint de nouvelles atteintes

Toutes les parties au conflit au Yémen continuent d’infliger des souffrances inimaginables à la population civile, a déclaré Amnistie internationale le 25 mars 2019, à l’occasion du quatrième anniversaire du début du conflit qui ravage le pays.

Depuis le début des bombardements du Yémen par la coalition menée par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis en 2015, Amnistie internationale a recueilli des informations sur l’éventail terrifiant de crimes de droit international perpétrés par toutes les parties au conflit, tant les forces du gouvernement yéménite, que celles de la coalition et ses alliés, ou encore les forces des Houthis et leurs alliés.

« Après quatre ans d’effusions de sang dans le pays le plus pauvre du monde arabe, les Yéménites ne peuvent plus supporter les conséquences humanitaires catastrophiques de la guerre. La communauté internationale doit redoubler d’efforts en vue de faire en sorte de protéger les civils, de lever les obstacles à l’aide humanitaire et les restrictions arbitraires des importations de biens de première nécessité, et de mettre fin à l’impunité pour les crimes de guerre et les autres atteintes », a déclaré Samah Hadid, directrice des campagnes pour le Moyen-Orient à Amnistie internationale.

L’organisation a recueilli des informations sur les atteintes commises par toutes les parties au conflit ces quatre dernières années, notamment des attaques aveugles, des détentions arbitraires, des disparitions forcées, des actes de torture et d’autres mauvais traitements, des violences sexuelles et l’imposition de restrictions à l’importation et au mouvement de biens de première nécessité et de l’aide humanitaire. Certains de ces agissements constituent des crimes de guerre.

« Trop c’est trop. Le nombre de victimes au Yémen explose et la situation humanitaire s’aggrave de jour en jour. Ces violences dévastatrices doivent cesser et les responsables doivent être amenés à rendre des comptes », a déclaré Samah Hadid.

Plusieurs États occidentaux, dont les États-Unis, le Royaume-Uni et la France, continuent de fournir des armes aux membres de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, en dépit des éléments accablants prouvant que ces armes ont été utilisées pour commettre des crimes de guerre. Seule une poignée d’États, parmi lesquels les Pays-Bas, la Norvège, le Danemark, la Finlande et la Suisse, a suspendu les ventes d’armes.

Depuis quatre ans, Amnistie internationale fait campagne en faveur de la suspension des ventes d’armes à la coalition menée par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.

« Les États occidentaux doivent immédiatement mettre fin à la vente d’armes aux parties au conflit. Ils doivent faire passer les droits humains, les vies de millions de civils yéménites et leurs propres obligations légales avant les lucratives ventes d’armes », a déclaré Samah Hadid.

Mis à jour le lundi, 25 mars 2019