UE/Israël. Face au refus persistant de l’UE de suspendre l'accord d'association, les États membres doivent agir de manière unilatérale
En réaction au refus de l’Union européenne (UE) de suspendre son accord d’association avec Israël, Erika Guevara-Rosas, directrice générale de la recherche, du plaidoyer, des politiques et des campagnes à Amnistie internationale, a déclaré :
« Il est tout à fait honteux qu’une majorité d’États membres de l’UE, avec à leur tête l’Allemagne et l’Italie, continuent de faire obstacle à la suspension de l’accord d’association entre l’UE et Israël. Les pays s’étant engagés à faire respecter le droit international ne doivent pas garder le silence, tandis que d’autres sapent activement les principes qu’ils prétendent défendre.
« En tant que pays assurant actuellement la présidence du Conseil de l’UE, l’Irlande se trouve dans une position privilégiée pour influencer la ligne de conduite de l’UE vis-à-vis d’Israël. Elle doit saisir cette occasion en vue d’amener les États membres à respecter leurs obligations découlant du droit international. L'expérience de l'Irlande en matière de colonisation, de famine et de conflits, son rôle de premier plan dans les initiatives internationales visant à mettre fin à l'apartheid en Afrique du Sud, ainsi que ses progrès récents, bien que limités, s’agissant d’interdire les importations de produits en provenance des colonies, lui confèrent une perspective et une autorité uniques qu’il convient de mettre à profit pour amener Israël à rendre des comptes au sujet de ses graves violations et ancrer fermement dans la protection des droits humains la politique de l'UE concernant le territoire palestinien occupé.
« Si l’UE ne parvient pas à agir de manière coordonnée, les États membres doivent prendre les choses en main individuellement et suspendre unilatéralement toute forme de coopération avec Israël susceptible de contribuer à de graves violations du droit international, notamment en imposant un embargo complet sur les exportations d’armes, d’équipements de surveillance et de technologies associées, ainsi qu’une interdiction totale des relations commerciales et d’investissement avec les colonies illégales israéliennes dans le territoire palestinien occupé.
« L’UE ne doit plus laisser Israël s’en tirer sans réelles conséquences pour le génocide perpétré à l'encontre des Palestinien·ne·s à Gaza, le système d'apartheid à l'encontre des Palestinien·ne·s, y compris la campagne de nettoyage ethnique en Cisjordanie occupée, l’occupation illégale du territoire palestinien et les crimes de guerre commis au Liban.
« Dans les pages de l’histoire, on fera clairement la distinction entre ceux qui sont restés inactifs face au génocide perpétré par Israël contre les Palestinien·ne·s à Gaza et ceux qui se sont battus en faveur de l’humanité. »
Complément d’information
La Commission européenne a enfin présenté des propositions visant à restreindre les relations commerciales avec les colonies ; toutefois, aucune n'a été adoptée lors du Conseil des Affaires étrangères le 13 juillet.
Depuis 25 ans, Amnistie internationale dénonce les violations commises par Israël à l’aune de l'accord d'association UE-Israël. Il y a un an, la Commission européenne a tardivement relevé qu'Israël enfreignait cet accord.
L'Union européenne (UE) et tous ses États membres ont l'obligation explicite d'empêcher les échanges commerciaux et les investissements qui contribuent au maintien de l'occupation illégale du territoire palestinien par Israël, y compris la création, l'expansion et le maintien de colonies illégales, comme détaillé dans l’avis consultatif rendu par la Cour internationale de justice en juillet 2024.
Première mesure visant à faire respecter cette obligation, il faut interdire, à l'échelle de l'UE, les échanges commerciaux avec les colonies, ce qui englobe les importations et les exportations de biens et de services à destination et en provenance de ces colonies, ainsi que les investissements qui y sont réalisés.
Le 1er juillet, l'Irlande a pris la Présidence tournante du Conseil de l'Union européenne. Elle critique ouvertement les crimes commis par Israël dans le territoire palestinien occupé et au Liban.