Soudan. Le commandant des FAR « Abu Lulu » doit être retiré immédiatement du champ de bataille sur fond d’allégations de crimes de guerre
- Abu Lulu a été arrêté en octobre 2025 par le commandement des FAR
- Une enquête de Reuters révèle qu’il est retourné au combat
- « Le commandement des FAR doit retirer immédiatement Abu Lulu du champ de bataille » - Tigere Chagutah
Le commandant des Forces d’appui rapide (FAR) connu sous le nom d’« Abu Lulu », qui serait retourné sur le champ de bataille au Soudan, doit être renvoyé de leurs rangs immédiatement, a déclaré Amnistie internationale le 19 mai 2026.
Le commandant des Forces d’appui rapide (FAR) Al Fatih Abdallah Idris, connu sous son pseudonyme « Abu Lulu », aurait été arrêté par le commandement des FAR en octobre 2025, après la diffusion en ligne de plusieurs vidéos sur lesquelles on le voit exécuter des prisonniers en tenue civile.
Une nouvelle enquête de Reuters, citant de multiples sources, a désormais révélé qu’Abu Lulu était retourné sur le champ de bataille dans le Kordofan en mars 2026.
« Ce commandant des FAR, connu sous le nom d’Abu Lulu, a déjà été accusé de crimes de guerre commis lors des attaques qui ont entraîné la chute d’El Fasher l’année dernière, a déclaré Tigere Chagutah, directeur régional pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe à Amnistie internationale.
« Il est très inquiétant d’apprendre qu’il a repris le combat sans qu’aucune enquête n’ait été menée sur ces allégations. Les dirigeants des FAR doivent immédiatement retirer Abu Lulu du champ de bataille et de leurs rangs, et ouvrir une enquête pour le crime de guerre d’homicides intentionnels.
« Ils doivent veiller à ce qu’Abu Lulu soit traduit en justice pour ses actes devant des instances judiciaires compétentes et crédibles, garantissant les normes les plus élevées en matière d’équité des procès, sans recourir à la peine de mort. Il est essentiel qu’Abu Lulu, ainsi que tous les soldats des FAR s’étant livrés à des crimes, fassent l’objet d’une enquête indépendante pour des crimes relevant du droit international. »
Amnistie internationale demande une nouvelle fois aux FAR de mettre un terme aux attaques visant la population et les infrastructures civiles. Elles doivent aussi veiller à ce que les civil·e·s qui tentent de fuir les violences puissent le faire en toute sécurité.
Complément d’information
Le conflit en cours au Soudan a débuté en avril 2023. Il a fait des dizaines de milliers de victimes et entraîné le déplacement de plus de 12 millions de personnes, ce qui en fait la plus grande crise humanitaire au monde.
Amnistie internationale a précédemment enquêté sur les crimes de guerre imputables aux FAR et aux milices arabes alliées, qui ont perpétré ensemble des attaques ciblées en fonction de critères ethniques contre les Masalits et d’autres communautés non arabes dans l’État du Darfour occidental.