• 8 avr 2026
  • Russie
  • Communiqué de presse

Russie. Les jeunes militant·e·s antiguerre emprisonnés doivent être libérés immédiatement et sans condition

En réaction aux lourdes peines prononcées contre de jeunes militant·e·s poursuivis en raison de leur appartenance réelle ou supposée à Vesna (Printemps), une organisation de jeunesse militant pour la démocratie en Russie, Marie Struthers, directrice du programme Europe de l’Est et Asie centrale à Amnistie internationale, a déclaré : 

« Le jugement rendu mercredi 8 avril est révélateur de la façon dont le système judiciaire russe continue de valider les yeux fermés les représailles à caractère politique. Les charges retenues contre ces jeunes étaient si aberrantes, si manifestement forgées de toutes pièces, et les “preuves” présentées si faibles, que la seule chose raisonnable que le tribunal pouvait faire était de classer cette affaire dès le début. Pourtant, il a prononcé des peines d’emprisonnement, sanctionnant ces jeunes pour avoir exprimé leur opinion ainsi que pour leur engagement civique et leur militantisme antiguerre. Cette décision montre clairement que les autorités russes traitent le militantisme antiguerre fondé sur des principes comme un délit, en l’assimilant à de l’“extrémisme”. 

 « Toutes les personnes mises en cause dans l’affaire Vesna doivent être libérées immédiatement et sans condition, et ce jugement doit être annulé. Les autorités russes doivent cesser d’utiliser abusivement le droit pénal pour museler la dissidence, et se conformer à leurs obligations découlant du droit international relatif aux droits humains, notamment celle de respecter pleinement les droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique. » 

Complément d’information 

Le 8 avril 2026, le tribunal municipal de Saint-Pétersbourg a rendu son jugement dans le procès visant six jeunes militant·e·s accusés par les autorités d’être membres de Vesna, un mouvement démocratique de jeunes. 

Il a prononcé de lourdes peines d’emprisonnement : 12 années pour Anna Arkhipova, 11 pour Ian Xenjepolsky, 10 pour Vassili Neoustroïev, sept ans et demi pour Pavel Sinelnikov, et six ans et deux mois pour Evgueni Zateïev et Valentin Khorochénine. En outre, il leur a imposé une interdiction de participer à des événements publics et de publier des contenus en ligne pendant une longue période après leur libération. Amnistie internationale considère Anna Arkhipova, Vassili Neoustroïev, Ian Xenjepolsky, Evgueni Zateïev et Pavel Sinelnikov comme des prisonniers d’opinion. 

Les six militant·e·s ont été arrêtés le 6 juin 2023 dans différentes villes, transférés à Moscou puis placés en détention provisoire. Ils étaient poursuivis pour de multiples chefs d’accusation, notamment pour avoir organisé et animé une « communauté extrémiste », « diffusé de fausses informations sur les forces armées », « manqué de respect à l’égard des jours de gloire militaire et des dates mémorables en Russie », « appelé publiquement à des activités susceptibles de menacer la sécurité de l’État » et « incité à organiser des troubles de grande ampleur », principalement en raison de publications sur les réseaux sociaux et de déclarations publiques contre la guerre en Ukraine. Valentin Khorochénine est le seul qui a plaidé coupable des chefs retenus contre lui et qui a témoigné contre ses coaccusés. Au moins 15 autres membres présumés de Vesna ont quitté la Russie et sont recherchés par la police.