• 10 fév 2026
  • Russie
  • Communiqué de presse

Russie. Le « ralentissement » de l’application de messagerie Telegram est un nouveau coup porté à la liberté d'expression

Réagissant à la décision des autorités russes de restreindre encore davantage le service de messagerie Telegram en le ralentissant considérablement, Marie Struthers, directrice du programme Europe de l’Est et Asie centrale à Amnistie internationale, a déclaré : 

« Comme à leur habitude, les autorités russes recourent à l’instrument le plus grossier de leur arsenal répressif numérique : la censure et l’obstruction sous couvert de protection des droits et de l’intérêt des personnes. Bloquer ou ralentir Telegram n'a pas grand chose à voir avec la protection des personnes contre la criminalité ou la fraude en ligne, et concerne davantage la restriction de leur capacité à communiquer librement et en sécurité. » 

« Ces restrictions semblent s’inscrire dans un durcissement plus large du contrôle d’État sur les communications en ligne en Russie, qui a déjà pris la forme du blocage ou de la perturbation d’autres services de messagerie. Ces décisions ont poussé des millions d’utilisateurs à employer des outils de contournement afin de pouvoir communiquer librement - ou à utiliser des solutions moins sûres soutenues par l’État. 

« Si les autorités se soucient véritablement des menaces en ligne, elles doivent les combattre par le biais de mesures légales, transparentes et proportionnées qui respectent les obligations internationales en matière de droits humains, afin de garantir que les moindres restrictions à la liberté d’expression soient strictement nécessaires, s’exercent par les moyens les moins intrusifs, et soient soumises à une supervision indépendante. Le gouvernement russe devrait immédiatement revenir sur les restrictions imposées à Telegram et aux autres plateformes de réseaux sociaux, afin de garantir que les habitant·e·s de la Russie puissent communiquer librement, en sécurité et sans crainte. » 

Complément d’information 

Le 10 février, les autorités russes ont commencé à restreindre l’accès à Telegram, qui est l’une des applications de messagerie instantanée les plus utilisées dans le pays. Roskomnadzor, organisme de surveillance des communications, a annoncé sans fournir de détails qu’il « continuerait à imposer des restrictions systématiques » à Telegram, afin de garantir « le respect du droit russe et la protection des citoyen·ne·s ». Des utilisateurs à travers la Russie ont signalé des perturbations généralisées du fonctionnement de Telegram pendant plusieurs jours. 

En août 2025, Roskomnadzor a limité les appels audio et vidéo sur Telegram et WhatsApp, en affirmant que ces services étaient utilisés pour commettre des fraudes et d’autres activités criminelles. En octobre, des « restrictions partielles » ont été appliquées à ces deux plateformes, après le ralentissement des messages sur WhatsApp en décembre. Plusieurs autres services de messagerie ont été bloqués, notamment Signal en août et Viber en décembre 2024. En 2018, Telegram a été temporairement suspendu par une décision de justice, en raison d’allégations selon lesquelles la société-mère avait refusé de fournir des clés de chiffrement aux services de sécurité. 

Les autorités russes ont récemment fait la promotion de la messagerie MAX, développée au niveau national, et des groupes de défense des droits humains et des experts informatiques ont exprimé leurs préoccupations concernant ses paramètres de sécurité et de confidentialité.