• 7 oct 2026
  • République dominicaine
  • Communiqué de presse

République dominicaine. La mort d’un jeune homme lors d’une opération de contrôle de l’immigration doit faire l’objet d’une enquête rapide et indépendante

En réaction aux informations selon lesquelles un jeune homme, vraisemblablement d’origine haïtienne, est mort lors d’une opération de contrôle de l’immigration à Verón, à Punta Cana, le 3 octobre 2026, Ana Piquer, directrice du programme Amériques à Amnistie internationale, a déclaré : 

 « Aucun décès survenu dans le cadre d’opérations d’application de la législation sur l’immigration ne doit rester sans suite. Les autorités dominicaines sont tenues de diligenter dans les meilleurs délais une enquête indépendante, impartiale et approfondie afin de déterminer ce qui s’est passé, d’établir les responsabilités et de rendre justice à sa famille. 

 « Depuis des années, Amnistie internationale, ainsi que des organisations dominicaines et haïtiennes, mettent en évidence des pratiques de profilage racial, de détention arbitraire, d’expulsions collectives et d’autres formes de violence et de discrimination dans le cadre de la politique migratoire de l’État. Les autorités doivent tenir compte de ce contexte dans leurs enquêtes et faire le nécessaire pour que les responsables présumés de violations des droits humains soient amenés à rendre des comptes.  

« Il est essentiel que les autorités fassent toute la lumière sur les circonstances dans lesquelles des armes à feu ont été utilisées, déterminent si leur usage était légal et examinent une éventuelle motivation discriminatoire dans la conduite des agents des forces de l’ordre. Le recours intentionnel à la force meurtrière n’est autorisé que lorsque plusieurs conditions sont remplies et lorsque cela est absolument inévitable pour protéger des vies humaines. Le statut migratoire d’une personne ne saurait en aucun cas justifier un recours illégal à la force. 

« L’absence d’enquêtes efficaces et d’obligation de rendre des comptes face aux allégations de violences et d’atteintes aux droits humains commises lors d’opérations de contrôle migratoire renforce le climat d’impunité qui favorise ce genre d’agissements. L’État dominicain, tenu d’enquêter sur ce décès, doit aussi mettre un terme aux politiques et pratiques qui bafouent les droits et sont discriminatoires à l’encontre des personnes en raison de leur origine nationale ou de leur couleur de peau. 

 « Les autorités doivent veiller à ce que nul ne perde la liberté, la sécurité ou la vie en raison d’une politique migratoire empreinte de racisme. La violence, la discrimination et l’impunité n’ont plus leur place dans la réponse de l’État face à la migration. » 

Contexte 

Les médias ont rapporté que le 3 octobre, un jeune Haïtien est décédé après avoir été touché par balle par un agent de la Direction générale des migrations lors d’une opération de contrôle menée à Verón-Punta Cana. Le jeune homme a été blessé par balle au côté gauche de la poitrine. Selon les médias, d’après l’examen médical préliminaire, il est décédé des suites d’un choc hémorragique lié à cette blessure par balle.