• 18 Mar 2026
  • Norvège
  • Communiqué de presse

Norvège. Le défenseur des droits humains Tommy Olsen doit être libéré et son extradition vers la Grèce doit être refusée

Réagissant à l’arrestation en Norvège de Tommy Olsen, travailleur humanitaire et fondateur de l’ONG Aegean Boat Report, qui est poursuivi en justice en Grèce aux côtés du défenseur des droits humains Panayote Dimitras, de l’ONG Greek Helsinki Monitor, pour des accusations liées à leur travail de défense des droits des personnes réfugiées et migrantes, Dinushika Dissanayake, directrice régionale adjointe pour l’Europe à Amnistie internationale, a déclaré : 

« L’arrestation de Tommy Olsen en Norvège est scandaleuse et liée à une intensification alarmante de la répression des défenseur·e·s des droits humains imposée par la Grèce. D’après les informations dont dispose Amnistie internationale, Tommy Olsen et Panayote Dimitras sont poursuivis en justice en raison de leur travail en faveur des droits humains, dans le cadre duquel ils dénoncent de graves atteintes aux droits humains commises par les autorités grecques, notamment des renvois forcés illégaux en mer et aux frontières terrestres.    

« Les charges retenues contre Tommy Olsen et Panayote Dimitras ne sont étayées par aucun élément de preuve et constituent une utilisation abusive de la législation anti-passeurs. Elles doivent être abandonnées.  En l’absence de mesures crédibles des autorités grecques en vue de mettre un terme aux renvois forcés de personnes réfugiées et migrantes et d’assurer l’obligation de rendre des comptes à ses frontières, le travail de Tommy Olsen et Panayote Dimitras a été essentiel pour faire en sorte que ces atteintes aux droits humains ne passent pas inaperçues. 

 « Il n’est aucunement surprenant que les autorités grecques demandent l’extradition de Tommy Olsen. Ce sont ces mêmes autorités qui avaient lancé des poursuites judiciaires sans fondement contre Seán Binder et 23 défenseur·e·s des droits humains, plongeant ces personnes dans sept années d’incertitude judiciaire. La Grèce doit cesser de harceler les personnes recensant et dénonçant les atteintes aux droits des personnes réfugiées et migrantes. 

 « Les autorités norvégiennes doivent immédiatement libérer Tommy Olsen et ne doivent pas céder aux tentatives de la Grèce de l’extrader. S’il est extradé vers la Grèce, il sera probablement maintenu en détention provisoire jusqu’à 18 mois pour des accusations pénales sans aucun fondement. Accepter la demande d’extradition des autorités grecques reviendrait à accepter que le travail en faveur des droits humains soit érigé en infraction. »  

Complément d’information 

Lorsque Tommy Olsen, de nationalité norvégienne, a créé Aegean Boat Report en 2017, c’était initialement une page Facebook sur laquelle il partageait des informations sur les nouvelles arrivées en Grèce et sur des cas de personnes en détresse. Cette page est devenue une ONG en 2018. 

Le 11 février 2026, Tommy Olsen a été informé par les autorités norvégiennes du mandat d’arrêt européen dont il fait l’objet. Le mandat a été émis à la suite d’une enquête ouverte par les autorités grecques en 2022 contre lui et Panayote Dimitras, dans le cadre de laquelle ils sont accusés d’avoir formé et rejoint une organisation criminelle, de trafic d’êtres humains et d’aide à l’entrée et au séjour irréguliers. 

En 2020, Amnistie internationale a démontré que les autorités grecques avaient eu recours à des accusations abusives de trafic d’êtres humains contre des défenseur·e·s des droits humains. La législation grecque n’est pas conforme à la définition de la traite d’être humains prévue par le  droit international et ne protège pas suffisamment des sanctions ou des poursuites les défenseur·e·s des droits humains, les secouristes et d’autres personnes agissant dans un but humanitaire.