• 20 avr 2026
  • International
  • Communiqué de presse

Amnistie internationale appelle les États à empêcher qu’un ordre prédateur et hostile aux droits fondamentaux s’impose en ce moment crucial pour l’humanité

  • L’année 2025 a été marquée par des attaques prédatrices contre le multilatéralisme, le droit international et la société civile. 
  • L’alternative proposée est un ordre mondial raciste, patriarcal, inique et hostile aux droits fondamentaux.
  • Des manifestant·e·s, des militant·e·s et des organismes internationaux s’efforcent de résister, de bousculer le statu quo et de transformer l’ordre établi.

Le monde est à l’aube d’une nouvelle ère dangereuse, caractérisée par des attaques de grandes puissances, d’entreprises et de mouvements anti-droits contre le multilatéralisme, le droit international et les droits humains, a alerté Amnistie internationale mardi 21 avril 2026 à l’occasion du lancement de son Rapport annuel, La situation des droits humains dans le monde. Les États, les organismes internationaux et la société civile doivent rejeter la politique de conciliation à tout prix et résister collectivement à ces attaques afin d’empêcher ce nouvel ordre mondial de s’imposer, a déclaré l’organisation dans son évaluation de la situation des droits fondamentaux dans 144 pays. 

« Nous sommes face au plus grand défi de notre époque. L’humanité est attaquée par des mouvements transnationaux hostiles aux droits fondamentaux et par des gouvernements prédateurs déterminés à asseoir leur domination au moyen de guerres illégales et d’un chantage économique éhonté, a déclaré la secrétaire générale d’Amnistie internationale, Agnès Callamard.

« Depuis des années, Amnistie internationale dénonce le délitement progressif des droits humains dans toutes les parties du monde, alertant sur les conséquences des violations flagrantes des règles commises par des gouvernements et des entreprises. Nous avons aussi démontré à maintes reprises que la politique du deux poids, deux mesures et le respect sélectif du droit international affaiblissaient le système multilatéral et l’obligation de rendre des comptes.

« Ce qui rend cet instant fondamentalement différent est que nous ne parlons plus seulement d’une érosion aux marges du système, mais d’une attaque directe contre les fondements mêmes des droits humains et l’ordre international fondé sur des règles, menée par les acteurs les plus puissants à des fins de contrôle, d’impunité et de profit. 

« L’escalade du conflit au Moyen-Orient est un des résultats de ce glissement vers le mépris de la loi. Après les premières attaques illégales menées par les États-Unis et Israël en violation de la Charte des Nations unies, qui ont déclenché des représailles aveugles de la part de l’Iran, le conflit s’est vite transformé en une guerre ouverte contre les populations et les infrastructures civiles, aggravant les souffrances déjà catastrophiques des habitant·e·s de la région. Il concerne maintenant des pays du monde entier, touchant les populations partout sur la planète et menaçant les moyens de subsistance de millions de personnes. C’est ce qui arrive quand les normes, les institutions et le cadre juridique bâtis à grand-peine pour préserver l’humanité sont vidés de leur substance au nom de la domination. »

« Le Rapport annuel 2025 d’Amnistie internationale ne se contente pas d’alerter sur une débâcle imminente, mais démontre aussi l’effondrement déjà en cours et dénonce ses conséquences dévastatrices pour les droits humains, la stabilité mondiale et la vie de millions de personnes en 2026 et au-delà. Il appelle les pays du monde entier à rejeter de toute urgence la politique de la conciliation à tout prix qui a été suivie en 2025, à surmonter la peur et à résister, en discours et en actes, à la construction d’un ordre mondial prédateur. »

La destruction du droit international accélérée par des attaques prédatrices

La situation des droits humains dans le monde, ainsi que les autres documents publiés cette année par Amnistie internationale, détaillent des crimes de droit international généralisés et une multiplication des attaques contre le système de justice internationale, qui portent gravement atteinte aux fondements sur lesquels reposent les droits humains au niveau mondial. 

Israël a poursuivi son génocide contre la population palestinienne de Gaza, malgré l’accord de cessez-le-feu d’octobre 2025, et a maintenu le système d’apartheid qu’il impose aux Palestinien·ne·s, tout en accélérant l’expansion des colonies illégales en Cisjordanie occupée, y compris Jérusalem-Est, et en prenant des mesures en vue d’une annexion. Les autorités israéliennes ont de plus en plus autorisé ou encouragé les colons à attaquer et terroriser les Palestinien·ne·s en toute impunité, et de hauts responsables de l’État ont encensé et glorifié la violence contre les Palestinien·ne·s, y compris les arrestations arbitraires et la torture des détenu·e·s. 

Les États-Unis ont procédé à plus de 150 exécutions extrajudiciaires en bombardant des embarcations dans les Caraïbes et le Pacifique, et ont commis un acte d’agression contre le Venezuela en janvier 2026. La Russie a intensifié ses attaques aériennes contre des infrastructures civiles essentielles en Ukraine, tandis que l’armée du Myanmar a utilisé des parapentes motorisés pour larguer des munitions explosives sur des villages, tuant des dizaines de civil·e·s, dont des enfants.

Les Émirats arabes unis ont alimenté le conflit au Soudan en fournissant de l’armement chinois de pointe aux Forces d’appui rapide, qui ont pris le contrôle de la ville d’El Fasher en octobre après l’avoir assiégée pendant 18 mois et ont commis des massacres de civil·e·s et des violences sexuelles. En République démocratique du Congo (RDC), le groupe armé M23, avec l’aide active du Rwanda, a pris les villes de Goma et de Bukavu et a tué illégalement des civil·e·s et torturé des détenu·e·s

Début 2026, le recours illégal à la force par les États-Unis et Israël contre l’Iran, en violation de la Charte des Nations unies, a déclenché des frappes iraniennes de représailles contre Israël et les pays du Conseil de coopération du Golfe, tandis qu’Israël a intensifié ses attaques contre le Liban. Entre la mort de plus de 100 enfants tués par une frappe états-unienne illégale sur une école en Iran et les attaques dévastatrices de toutes les parties contre des infrastructures énergétiques, le conflit a mis en danger la vie et la santé de millions de civil·e·s et menace de provoquer de vastes préjudices civils et environnementaux, prévisibles et durables, avec des conséquences sur l’accès à l’énergie, aux soins de santé, à l’alimentation et à l’eau dans cette région déjà agitée, ainsi qu’ailleurs dans le monde.

En Afghanistan, les talibans ont intensifié leurs politiques prédatrices contre les femmes, avec de nouvelles interdictions les privant d’éducation, de travail et de liberté de circuler, tandis qu’en Iran les autorités ont massacré des manifestant·e·s en janvier 2026, dans ce qui a probablement été la répression de ce type la plus meurtrière depuis des décennies.

En 2025, les États-Unis, Israël et la Russie ont encore affaibli les mécanismes internationaux d’obligation de rendre des comptes, et en particulier la Cour pénale internationale (CPI). Le gouvernement de Donald Trump a pris des sanctions contre des membres du personnel de la CPIdes organisations collaborant avec elle et la rapporteuse spéciale des Nations unies sur le territoire palestinien occupé, et la Russie a délivré des mandats d’arrêt contre des responsables de la CPI. Plusieurs autres États se sont retirés du Statut de Rome et des traités interdisant les armes à sous-munitions et les mines antipersonnel ou ont annoncé leur intention de le faire.

La grande majorité des États ont refusé ou se sont montrés incapables de dénoncer systématiquement les actes prédateurs commis par les États-Unis, la Russie, Israël ou la Chine, ou de négocier des solutions diplomatiques. L’Union européenne et la plupart des pays européens ont cédé lâchement face aux attaques états-uniennes contre le droit international et les mécanismes multilatéraux. Ils n’ont pas pris de mesures dignes de ce nom pour faire cesser le génocide israélien ou mettre un terme aux transferts irresponsables d’armes et de technologies alimentant des crimes de droit international dans le monde entier. Ils ne se sont pas non plus montrés disposés à promulguer des lois pour faire barrage aux sanctions des États-Unis et protéger les personnes visées par celles-ci, notamment les juges et les procureurs de la CPI. L’Italie et la Hongrie ont refusé d’arrêter sur leur territoire des personnes se trouvant sous le coup de mandats de la CPI, et l’Allemagne, la France et la Pologne ont laissé entendre qu’elles feraient de même.

« Les dirigeant·e·s mondiaux ont jusqu’à présent fait preuve d’une trop grande soumission face aux attaques contre le droit international et le système multilatéral. Leur silence et leur inaction sont inexcusables. C’est une faillite morale, qui n’aboutira à rien d’autre qu’à une retraite, une défaite et l’effacement de décennies de gains durement acquis en matière de droits humains. Faire des concessions excessives aux agresseurs revient à jeter de l’huile sur un feu qui nous brûlera toutes et tous et réduira en cendres l’avenir des générations futures », a déclaré Agnès Callamard.

« Certaines personnes pourraient être tentées de balayer d’un revers de la main le système bâti ces 80 dernières années, affirmant qu’il n’est rien d’autre qu’une illusion. Cela reviendrait à faire peu de cas des avancées acquises de haute lutte en matière de reconnaissance des droits universels, notamment l’adoption de nombreuses conventions internationales et lois nationales protégeant contre la discrimination raciale et la violence à l’égard des femmes, consacrant les droits des travailleuses et travailleurs et des syndicats, et reconnaissant ceux des peuples autochtones. Ce serait oublier les solutions apportées à la pauvreté, le renforcement des droits reproductifs et la justice mise en œuvre quand les États choisissent de respecter la Charte des Nations unies et la Déclaration universelle des droits de l’homme. 

« Les prédateurs politiques et économiques, ainsi que celles et ceux qui les aident, déclarent la mort du système multilatéral non pas parce qu’il est inefficace, mais parce qu’il ne sert pas leurs objectifs d’hégémonie et de contrôle. La bonne réponse ne consiste pas à proclamer que ce système est une illusion ou est irréparable, mais à s’attaquer à ses lacunes, à cesser de l’appliquer de façon sélective et à continuer de le transformer pour qu’il soit pleinement en mesure de défendre tout le monde avec la même détermination. » 

Une multiplication des attaques contre la société civile à travers le monde

La multiplication des attaques contre la société civile et les mouvements sociaux s’est accentuée en 2025, les efforts soutenus visant à réduire au silence et à priver de pouvoir d’action les défenseur·e·s des droits humains, les organisations et les dissident·e·s s’étant répandus presque partout dans le monde. 

Les autorités du Népal et de la Tanzanie ont eu recours de façon particulièrement éhontée à une force illégale meurtrière pour réprimer des manifestations portant sur des revendications politiques et socioéconomiques. Celles de l’Afghanistan, de la Chine, de l’Égypte, des États-Unis, de l’Inde, du Kenya et du Venezuela, entre autres, ont aussi réprimé violemment des manifestations, érigé en infraction la dissidence au moyen de lois sur le terrorisme et la sécurité ou eu recours à des méthodes de maintien de l’ordre violentes, des disparitions forcées ou des exécutions extrajudiciaires.

Au Royaume-Uni, les autorités ont interdit, en vertu de lois antiterroristes excessivement larges, le réseau d’action directe Palestine Action, qui protestait principalement contre les fabricants d’armes israéliens et leurs filiales, et ont arrêté plus de 2 700 personnes accusées de s’être opposées à cette interdiction. La Haute-Cour de justice a jugé cette mesure illégale en février 2026. Le gouvernement a fait appel de cette décision.

Les autorités turques ont interpelé des centaines de manifestant·e·s pacifiques après l’arrestation d’Ekrem İmamoğlu, maire d’Istanbul et candidat à l’élection présidentielle, qui fait partie des quelque 400 personnes faisant l’objet de poursuites motivées par des considérations politiques pour corruption présumée.

Les autorités des États-Unis ont lancé une campagne de répression illégale contre les personnes migrantes, réfugiées et demandeuses d’asile, caractérisée par un recours à une force injustifiée et excessive, au profilage racial, à la détention arbitraire et à des pratiques s’apparentant à de la torture et des disparitions forcées. En Amérique latine, des pays comme l’Équateur, le Nicaragua, le Paraguay, le Pérou, le Salvador et le Venezuela ont adopté des cadres juridiques ou réformé les cadres existants en vue d’imposer des contrôles disproportionnés aux organisations de la société civile, ce qui a eu des répercussions directes sur leur capacité à fonctionner, à se procurer des financements, à aider les populations et à défendre les droits humains. 

De nombreux États ont, avec l’appui d’entreprises, eu recours à des logiciels espions et à la censure numérique pour restreindre le droit à la liberté d’expression et le droit à l’information. Les autorités états-uniennes ont utilisé des outils de surveillance fondés sur l’intelligence artificielle pour arrêter et expulser des étudiant·e·s étrangers qui exprimaient leur solidarité avec la Palestine. Le gouvernement serbe a fait usage de logiciels espions et d’outils de criminalistique numérique contre des manifestant·e·s étudiants, des membres de la société civile et des journalistes. Les autorités kenyanes ont utilisé de manière systématique des méthodes de répression facilitées par la technologie (manœuvres d’intimidation, menaces, incitation à la haine et surveillance illégale en ligne) pour réprimer les manifestations organisées par des jeunes.

Les États-Unis, l’Allemagne, le Canada, la France et le Royaume-Uni, entre autres pays, ont annoncé ou mis en œuvre des coupes drastiques dans les budgets alloués à l’aide internationale, alors qu’ils savaient que ces coupes risquaient de provoquer des millions de morts pouvant être évitées. Dans plusieurs cas, ils se sont en parallèle engagés à augmenter fortement leurs dépenses militaires. Ces mesures ont eu des conséquences catastrophiques sur les efforts menés par les ONG pour faire progresser la liberté de la presse, la résilience climatique et la justice de genre, pour protéger les personnes réfugiées, migrantes ou demandeuses d’asile, et pour fournir des soins médicaux et mettre en œuvre les droits sexuels et reproductifs. 

De nombreux États n’ont toujours rien fait pour juguler l’évasion fiscale agressive pratiquée par les milliardaires et les grandes entreprises, et ont en outre affaibli les mesures restreignant le pouvoir des entreprises. Aux États-Unis, des poursuites stratégiques contre la mobilisation publique (procès-bâillons) ont eu un effet dissuasif sur la société civile. Dans le cadre d’une de ces poursuites, un tribunal a condamné Greenpeace à verser 345 millions de dollars des États-Unis à une entreprise du secteur des énergies fossiles (contre 660 millions lors du premier procès). 

Dans un contexte dominé par les discours du président des États-Unis qualifiant le changement climatique d’« arnaque », aucun gouvernement au monde n’a pris des mesures suffisantes pour remédier aux déplacements liés au climat, permettre l’abandon progressif et équitable des énergies fossiles ou accroître le financement de l’action climatique, alors même que le Programme des Nations unies pour l’environnement a averti que, au train où vont les choses, le réchauffement de la planète devrait atteindre 3 °C par rapport aux niveaux de l’ère préindustrielle d’ici à 2100. 

« Quelle alternative les despotes et les prédateurs envisagent-ils pour remplacer l’expérience mondiale imparfaite qu’ils tiennent tant à détruire ? L’ordre mondial qu’ils proposent bafoue et renonce à la justice raciale, de genre et climatique, considère la société civile comme un ennemi, et rejette la solidarité internationale. Ses fondements consistent à réduire au silence la dissidence, manipuler la loi et déshumaniser toutes les personnes considérées comme “différentes”. Leur vision du monde ne s’appuie pas sur le respect de notre humanité commune, mais sur la force militaire, la domination commerciale et l’hégémonie technologique. Il s’agit, au bout du compte, d’une vision sans boussole morale », a déclaré Agnès Callamard. 

Les manifestant·e·s, la société civile et les organismes internationaux en première ligne des efforts visant à résister, à bousculer le statu quo et à transformer l’ordre établi

Loin de se laisser décourager par l’adversité, des millions de personnes dans le monde résistent à l’injustice et aux pratiques autoritaires. 

Des manifestations de la « génération Z » ont eu lieu dans une dizaine de pays en 2025, dont l’Indonésie, le Kenya, Madagascar, le Maroc, le Népal et le Pérou, et quelque 300 000 personnes ont bravé l’interdiction de la marche des fiertés de Budapest, en Hongrie, pour défendre les droits des personnes LGBTI. Tout au long des premiers mois de 2026, de Los Angeles à Minneapolis, des manifestant·e·s se sont organisés rue par rue et quartier par quartier contre les opérations violentes et fortement militarisées de la police de l’immigration des États-Unis.

Des manifestations massives contre le génocide israélien se sont déroulées partout dans le monde en 2025, et des travailleuses et travailleurs humanitaires de plus de 40 pays ont lancé des flottilles pour témoigner leur solidarité aux Palestinien·ne·s. Le militantisme contre les flux d’armes vers Israël s’est intensifié aux quatre coins du monde, des dockers ayant notamment mené des actions en Espagne, en France, en Grèce, en Italie, au Maroc et en Suède pour perturber l’acheminement d’armes vers Israël. Des actions militantes et des pressions juridiques ont aussi amené certains États à restreindre voire interdire les exportations d’armes à destination d’Israël.

Si beaucoup de gouvernements ont fait des concessions excessives face aux attaques contre la justice internationale, plusieurs États et organismes ont résisté à cette tendance en prouvant leur attachement au multilatéralisme et à l’état de droit. Ils ont été de plus en plus nombreux à reconnaître qu’Israël était en train de commettre un génocide et plusieurs pays ont rejoint le Groupe de La Haye, collectif déterminé à demander des comptes à Israël pour ses violations du droit international. Un certain nombre ont par ailleurs apporté leur contribution à la procédure engagée par l’Afrique du Sud contre Israël devant la Cour internationale de justice (CIJ). 

Les Philippines ont remis à la CPI l’ancien président Rodrigo Duterte, accusé du crime contre l’humanité de meurtre, et la Cour a délivré des mandats d’arrêt contre deux dirigeants talibans pour des persécutions liées au genre. Le Conseil de l’Europe et l’Ukraine se sont mis d’accord pour créer le Tribunal spécial pour le crime d’agression contre l’Ukraine et, en République centrafricaine, un tribunal hybride a déclaré six anciens membres d’un groupe armé coupables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. 

Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a créé un mécanisme d’enquête indépendant pour l’Afghanistan, ainsi qu’une mission d’établissement des faits et une commission d’enquête sur la situation dans l’est de la RDC. Il a également prolongé le mandat de sa mission d’établissement des faits sur l’Iran. Des progrès importants ont été accomplis en vue de l’élaboration d’une convention des Nations unies sur la coopération fiscale internationale ainsi que d’une convention sur les crimes contre l’humanité. Par ailleurs, la CIJ et la Cour interaméricaine des droits de l’homme ont rendu des avis consultatifs historiques dans lesquels elles insistaient sur les obligations des États de remédier aux dommages causés par le changement climatique.

En 2026, les États ont été plus nombreux à s’élever contre les pratiques autoritaires et les attaques contre l’ordre mondial fondé sur des règles. Le gouvernement espagnol a notamment pris des positions de principe, mais il faudrait que ce type d’appels soient suivis de mesures fermes et durables.

« Des rues des villes aux forums multilatéraux, l’année 2025 a été marquée par des manifestations puissantes de résistance et de solidarité de la part de manifestant·e·s, de diplomates, de responsables politiques et de nombreuses autres personnes à travers le monde. Nous devons suivre leur exemple et nous inspirer de leur courage pour bâtir des coalitions solides visant à réimaginer, reconstruire et recentrer l’ordre mondial autour des droits humains, de l’état de droit et des valeurs universelles, a déclaré Agnès Callamard.

« Que 2026 soit l’année où nous affirmerons notre capacité d’action et démontrerons que l’histoire n’est pas seulement quelque chose que nous subissons, mais qu’il nous revient aussi de l’écrire. Et pour le bien de l’humanité, c’est aujourd’hui qu’il faut le faire. »