• 17 avr 2026
  • Madagascar
  • Communiqué de presse

Madagascar. Il faut cesser de réprimer les militant·e·s de la « Génération Z » et protéger le droit de manifester

En réaction au durcissement de la campagne de répression menée contre les militant·e·s de la « Génération Z » et les membres de la société civile à Madagascar par la junte militaire, qui a pris le pouvoir à la faveur d'un coup d'État en octobre 2025, Tigere Chagutah, directeur régional pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe à Amnistie internationale, a déclaré :

« Les autorités malgaches recourent à des accusations délibérément vagues de complot criminel, menaces à la sécurité nationale ou déstabilisation de l’État en vue de réduire au silence les militant·e·s de la " Génération Z " et les membres de la société civile. Nul ne devrait être victime d’une arrestation arbitraire, d’une détention ou d’une disparition forcée simplement pour avoir exprimé ses préoccupations quant à la gestion de son pays.

« Ces pratiques autoritaires constituent des violations flagrantes des droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique. Elles visent à instiller un climat de peur, tout en esquivant toute obligation de rendre des comptes quant à la politique gouvernementale, aux nominations et à la gestion des ressources publiques.

« Les autorités de Madagascar doivent mettre fin aux arrestations arbitraires, révéler ce qu’il est advenu de toutes les personnes victimes de disparitions forcées et indiquer où elles se trouvent, et libérer sans condition toutes les personnes détenues uniquement pour avoir exercé leurs droits. Enfin, elles doivent respecter, protéger et faciliter l’exercice du droit de réunion lors des manifestations prévues le 18 avril. »

Complément d’information

À Madagascar, la junte militaire a pris le pouvoir en octobre 2025 à la suite de manifestations menées en 2025 par la jeunesse, qui réclamait une amélioration des services publics, notamment l'accès à l'eau et à l'électricité, ainsi qu'une gouvernance plus efficace et plus inclusive. Les nouvelles autorités, qui avaient pourtant promis des réformes, ont durci la répression, sous prétexte d'une campagne de lutte contre la corruption et de tolérance zéro, et invoqué des chefs d'accusation vagues tels que l’association de malfaiteurs, les menaces à la sécurité nationale et la déstabilisation, en vue de cibler et de réduire au silence les militant·e·s de la « Génération Z », les membres de la société civile et les personnes liées au régime précédent.