L'interception par Israël de la flottille mondiale Sumud naviguant vers Gaza avive les craintes pour les 175 militant·e·s détenus arbitrairement
En réaction aux informations selon lesquelles les forces israéliennes ont intercepté 22 navires et interpellé 175 militant·e·s membres d’équipage de la flottille mondiale Sumud, qui tentait de briser le blocus israélien illégal et d’acheminer une aide humanitaire essentielle vers la bande de Gaza occupée, dans un contexte de génocide imputable à Israël, Erika Guevara Rosas, directrice générale des recherches, de l’élaboration des lignes de conduite, du travail de plaidoyer et des campagnes à Amnistie internationale, a déclaré :
« L'interception éhontée et illégale par Israël de navires de la flottille mondiale Sumud, ainsi que la détention arbitraire de dizaines de militant·e·s, s’inscrit dans le sillage de décennies d’impunité pour les crimes atroces commis par Israël à l'encontre des Palestinien·ne·s, notamment le génocide dans la bande de Gaza et l'apartheid, ainsi que l’occupation illégale du territoire palestinien.
« Il est scandaleux que des militant·e·s participant à une mission pacifique de solidarité dans le but de briser le blocus illégal imposé par Israël à la bande de Gaza et d’acheminer de l'aide médicale et des fournitures à une population plongée dans une crise humanitaire catastrophique, en raison des conditions imposées délibérément par Israël, soient à nouveau placés en détention arbitraire.
« Le fait que la marine israélienne parcoure des centaines de miles en mer dans le seul but d’empêcher des embarcations civiles transportant de la nourriture, du lait maternisé et des fournitures médicales d’arriver jusqu’aux Palestinien·ne·s, en dit long sur ce qu’Israël est prêt à faire pour maintenir le blocus cruel et illégal de la bande de Gaza occupée, en place depuis 19 ans.
« Malgré le soi-disant cessez-le-feu décrété à Gaza le 9 octobre 2025, Israël ne laisse passer que des cargaisons très limitées destinées à une population en grande majorité déplacée de force, qui vit dans un grand dénuement, dans un environnemnet dévasté, entassée sur 40 % de la bande de Gaza, tandis que l’armée israélienne a transformé la majeure partie de ce secteur du territoire occupé en une zone interdite mortelle pour les Palestinien·ne·s.
« La sécurité des quelque 175 militant·e·s détenus arbitrairement et en chemin vers Israël suscite de vives inquiétudes ; leurs navires ont été arraisonnés dans les eaux internationales près de la Grèce et Israël a brouillé leurs canaux de communication, les empêchant ainsi de se coordonner ou de demander de l’aide. Amnistie internationale avait recensé les mauvais traitements et les violations infligés aux militant·e·s à bord de la flottille mondiale Sumud, qui avaient été arrêtés en octobre 2025 lorsque l’armée israélienne avait intercepté leurs navires, notamment la privation de sommeil, le refus de donner de l'eau potable et de prodiguer des soins médicaux. En Italie, le procureur de Rome mène une enquête sur les violences qu’auraient subis 36 militant·e·s italiens, y compris sur leurs allégations de torture et de mauvais traitements.
« Les équipages des navires interceptés doivent être libérés immédiatement et sans condition. Pendant leur détention, les autorités israéliennes doivent veiller à ce que tous bénéficient sans délai d’une assistance consulaire, soient traités avec humanité et protégés de la torture et des autres formes de mauvais traitements. Les États doivent apporter sans attendre un soutien à leurs ressortissants. En outre, ils doivent d’urgence mettre en place des mesures concrètes pour mettre fin au génocide perpétré par Israël contre les Palestinien·ne·s à Gaza, notamment en levant son blocus illégal et en permettant à l'aide humanitaire d'entrer librement et d'être distribuée dans tout le territoire. Les États tiers doivent en finir avec l'impunité d’Israël pour ses crimes atroces et accélérer l'adoption de mesures visant à mettre un terme à l'occupation illégale du territoire palestinien occupé, comme l'a indiqué la Cour internationale de justice en 2024. »