• 23 oct 2026
  • Israël et territoire palestinien occupé
  • Communiqué de presse

Israël/Territoire palestinien occupé. Les élections ne doivent pas détourner l’attention des crimes de droit international commis par Israël

À l’approche des élections législatives qui se tiendront en Israël le 27 octobre, Erika Guevara Rosas, directrice générale des recherches, de l’élaboration des lignes de conduite, du travail de plaidoyer et des campagnes à Amnistie internationale, a déclaré : 

« Alors que l’attention du monde se porte largement sur les élections législatives à venir en Israël, les Palestiniens et Palestiniennes qui sont depuis des dizaines d’années victimes de crimes et de violations systématiques aux mains des gouvernements israéliens successifs ont peu de raisons d’espérer que les résultats apporteront un changement positif en matière de droits humains. 

« Ces derniers mois, des candidats aux élections ont sans vergogne exploité le sentiment anti-palestinien et ont même menacé d’intensifier les atteintes aux droits humains et les crimes de droit international, espérant ainsi marquer des points sur le plan politique. Des candidats ont tenu un discours déshumanisant vis-à-vis des Palestiniens et Palestiniennes, ont promis de renforcer encore les mesures d’annexion illégale d’Israël en Cisjordanie occupée et ont menacé de ravager encore davantage la bande de Gaza occupée. Faisant preuve d’un mépris flagrant pour le droit à la liberté d’association, d’expression et de réunion, des candidats de tous bords politiques ont également appelé à la disqualification de Sami Abu Shehadeh, citoyen palestinien d’Israël et président du parti Tajamou (Balad). 

« Dans toute la Cisjordanie occupée, y compris Jérusalem-Est annexée illégalement, Israël continue impitoyablement de déplacer des familles et de démolir des habitations alors que les restrictions imposées par l’armée israélienne aux agriculteurs et agricultrices palestiniens et l’intensification des attaques menées par des colons et encouragées par l’État ont transformé la récolte des olives en une saison d’horreur. 

« Dans la bande de Gaza occupée, où le génocide perpétré par Israël se poursuit sans relâche, un an après le soi-disant cessez-le-feu, des civil·e·s palestiniens continuent d’être tués, tandis que l’extension des zones d’accès restreint et l’ajournement indéfini de la reconstruction ont plongé la population de Gaza dans une situation de déplacement prolongé et de désespoir. La fermeture des postes-frontières aux fournitures commerciales force également les civil·e·s à faire la queue pendant des heures pour obtenir de la nourriture et du pain, alors que les restrictions imposées à l’acheminement de l’huile pour moteur menacent d’entraver encore davantage le secteur de la santé déjà dévasté. 

« L’impunité qui règne depuis des dizaines d’années pour des atrocités criminelles associées au cruel système d’apartheid et à l’occupation violente et illégale imposés par Israël, perpétués par les gouvernements israéliens successifs, quelle qu’ait été leur affiliation, n’a fait qu’alimenter de nouveaux crimes contre la population palestinienne et encourager Israël à commettre de graves violations au-delà du Territoire palestinien occupé (TPO). 

« Israël a mené des attaques meurtrières au Liban, tuant des milliers de personnes, a détruit délibérément des habitations et infrastructures civiles, a anéanti les moyens de subsistance de la population en restreignant, voire en interdisant, l’accès des agriculteurs et agricultrices à leurs cultures et terres agricoles, et a continué de déplacer de force des dizaines de milliers de civil·e·s de dizaines de villages le long de la frontière israélo-libanaise dans le sud du Liban. En Syrie, Israël a également procédé à la destruction illégale de biens civils et continue de mener des attaques militaires meurtrières. 

« Des millions de personnes, y compris des Palestiniens et Palestiniennes dans le TPO, ainsi que des civil·e·s au Liban et en Syrie, subissent les conséquences des politiques et actions israéliennes, sans pour autant avoir leur mot à dire ni pouvoir voter lors des élections qui auront des répercussions sur leur vie. Les États ayant une influence sur Israël doivent recourir aux moyens diplomatiques et économiques à leur disposition pour veiller à ce que les droits de ces personnes soient protégés. 

« Ils doivent accroître la pression sur le nouveau gouvernement, quel qu’il soit, afin de mettre un terme au génocide d’Israël à Gaza, de démanteler son système d’apartheid, de faire cesser le nettoyage ethnique de populations en Cisjordanie et de mettre fin à l’occupation illégale du TPO. Ils doivent également faire pression pour qu’Israël mette fin aux attaques illégales et respecte ses obligations au regard du droit international humanitaire dans l’ensemble de la région, retire ses troupes du sud du Liban et autorise les personnes libanaises déplacées à regagner leurs villes et villages. 

« Les États peuvent et doivent agir dès maintenant en vue d’amener Israël à rendre des comptes et de mettre un terme à son attaque incessante contre les droits humains dans la région. Cela implique notamment de suspendre l’Accord d’association entre l’UE et Israël, d’imposer un embargo sur les armes à destination d’Israël et de mettre fin à toute coopération susceptible de contribuer à maintenir l’occupation illégale du territoire palestinien par Israël. » 

Complément d’information 

Les élections législatives israéliennes se tiendront le 27 octobre 2026. Des millions de personnes se trouvant sous le contrôle direct d’Israël, notamment les habitant·e·s de Jérusalem-Est annexée illégalement, du reste de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, n’ont pas le droit de voter, alors que des bureaux de vote seront ouverts dans les colonies israéliennes illégales.