• 26 Mar 2026
  • États-Unis
  • Communiqué de presse

États-Unis. La décision historique sur YouTube et Meta doit aboutir à des changements dans la conception des réseaux sociaux, pour garantir la sécurité en ligne

En réaction à la décision rendue aux États-Unis par un jury qui a estimé que Meta et YouTube étaient responsables de la nocivité de leurs plateformes pour les enfants et les jeunes personnes, Erika Guevara-Rosas, directrice générale de la recherche, du plaidoyer, des politiques et des campagnes à Amnistie internationale, a déclaré :

« Ce verdict accablant constitue un tournant historique dans la reconnaissance du préjudice causé par les géants du numérique en raison de la conception manipulatrice des plateformes de réseaux sociaux. Depuis des années, les entreprises de réseaux sociaux, dont Meta et YouTube, tirent des bénéfices du ciblage des enfants et des jeunes personnes au moyen d’éléments de conception addictifs qui font primer l’engagement des utilisateurs et utilisatrices sur leur bien-être. Elles ont délibérément intégré dans leurs plateformes des fonctionnalités telles que le fil déroulable à l’infini, la lecture automatique et les notifications permanentes, qui sont conçues pour “accrocher” les personnes afin de susciter une utilisation compulsive.

« La toxicité de ces fonctionnalités dangereuses est apparue au grand jour pendant le procès lorsque la jeune K.G.M., âgée de 20 ans, a expliqué au tribunal de Los Angeles qu’elle avait commencé à utiliser YouTube à seulement six ans et Instagram dès neuf ans. Elle a raconté qu’elle était en ligne “à longueur de journée” durant son enfance. Au fil du temps, son utilisation compulsive de ces plateformes de réseaux sociaux s’est intensifiée, la laissant aux prises avec une addiction et de plus en plus déprimée.

« Cette décision de justice est claire : ces plateformes sont dangereuses par leur conception et un réel changement est urgent.

« Au lieu d’utiliser des outils rudimentaires comme l’interdiction des réseaux sociaux aux jeunes adolescent·e·s, les États doivent exiger que le mode de fonctionnement de ces plateformes soit modifié en profondeur, notamment en remédiant à leur conception addictive. C’est le seul moyen d’obtenir des réseaux sociaux vraiment sûrs. »

Complément d’information

En rendant son jugement historique dans le dossier concernant K.G.M., le jury a déclaré que Meta et YouTube avaient fait preuve de négligence et leur a ordonné de verser 6 millions de dollars de dommages et intérêts. Meta et Google ont indiqué leur désaccord avec cette décision et leur intention de faire appel. 

Snap, propriétaire de Snapchat, et TikTok étaient à l’origine cités dans cette affaire, mais les deux entreprises ont conclu un règlement à l’amiable avant le procès.

Ce jugement pourrait influencer une série d’autres affaires dans lesquelles des entreprises de réseaux sociaux sont accusées d’avoir causé un préjudice à des enfants et des jeunes personnes.

Dans un autre dossier traité au Nouveau-Mexique, un jury a également estimé que Meta était responsable de préjudices pour la santé mentale et la sécurité des enfants dans cet État et a ordonné à cette entreprise de payer une lourde amende. Meta a annoncé son intention de faire appel.