Égypte. Plus de 30 000 personnes exigent la libération de l’étudiant Oqba Hashad, maintenu en détention arbitraire depuis près de six ans

Les autorités égyptiennes doivent immédiatement et sans condition libérer Oqba Hashad, un étudiant égyptien qui est maintenu en détention provisoire prolongée depuis près de six ans à titre de sanction pour le travail de militantisme de son frère en faveur des droits humains, a déclaré Amnistie internationale. Cet appel est appuyé par un soutien mondial considérablement accru, comme l’illustrent les presque 33 000 signatures de pétition demandant sa libération réunies par Amnistie internationale dans le cadre de la campagne Écrire, ça libère !.
Depuis son arrestation arbitraire le 20 mai 2019, les autorités égyptiennes ont soumis Oqba Hashad à toute une série de violations des droits humains, notamment à une disparition forcée, des actes de torture et d’autres mauvais traitements, notamment des coups et des décharges électriques, et une privation de soins adéquats. Les autorités n’ont pas fourni à Oqba Hashad de prothèse de jambe fonctionnelle, dont il a pourtant besoin, sa jambe droite ayant été amputée au-dessus du genou à la suite d’un accident survenu dans son enfance. Bien que l’administration pénitentiaire ait lancé une procédure pour fournir à Oqba Hashad une prothèse de jambe en février 2025, soit plus d’un an après que sa famille en avait fait la demande, il ne l’a toujours pas reçue. Les autorités l’ont également privé de soins médicaux spécialisés, notamment des antiseptiques et des instruments de stérilisation dont il a besoin pour son moignon.
« Oqba Hashad a été victime d’une erreur judiciaire cruelle et flagrante. Il n’aurait jamais dû être arrêté et encore moins forcé à passer près de six ans en prison injustement. Il est grand temps que les autorités égyptiennes répondent aux appels des dizaines de milliers de personnes demandant sa libération dans le monde entier, en mettant un terme à son calvaire et en le libérant immédiatement et sans condition », a déclaré Souleimene Benghazi, responsable de campagne sur l’Égypte à Amnistie internationale.
Les autorités égyptiennes ont maintenu Oqba Hashad en détention illimitée sans procès au-delà de la durée maximale légale de la détention provisoire fixée à deux ans, en ayant recours à la pratique abusive de « rotation ». Le 20 février 2024, un juge a ordonné sa libération, mais au lieu de le remettre en liberté, les forces de sécurité l’ont soumis à une disparition forcée du 22 février au 2 mars 2024, avant qu’il ne soit de nouveau placé en détention pour des accusations similaires selon lesquelles il aurait rejoint et financé une organisation terroriste.
« Le fait qu’Oqba Hashad soit inculpé de nouvelles accusations infondées au lieu d’être libéré, alors que la durée légale de la détention provisoire a été dépassée, est scandaleux. Cette manipulation flagrante du système judiciaire met en lumière le mépris des autorités pour le droit international. Elle souligne également l’urgence d’une action de la communauté internationale en vue de pousser les autorités égyptiennes à mettre un terme une bonne fois pour toutes à cette grave injustice », a déclaré Souleimene Benghazi.
La détention prolongée et inhumaine d’Oqba Hashad a eu des conséquences considérables pour sa santé physique et mentale. La privation de prothèse de jambe a provoqué une grave douleur et entrave considérablement sa mobilité. Ses proches ont déclaré à Amnistie internationale que son bien-être psychologique s’était dramatiquement détérioré.
Complément d’information
Le cas d’Oqba Hashad a été présenté dans la campagne mondiale annuelle Écrire pour les droits d’Amnistie internationale, qui vise à sensibiliser et demander justice pour des personnes dont les droits humains sont menacés. Une pétition appelant à la libération d’Oqba Hashad a réuni près de 33 000 signatures, ce qui illustre les inquiétudes généralisées quant à son sort.
Pendant sa détention, Oqba Hashad a été interrogé à plusieurs reprises sur les activités de son frère, Amr Hashad, un militant des droits humains qui a quitté l’Égypte en 2019. Les forces de sécurité avaient arrêté Amr Hashad en 2014 en raison de son militantisme au sein du syndicat étudiant de l’Université d’Assiout. Il avait ensuite été condamné à trois ans de prison après avoir été déclaré coupable d’avoir « rejoint une organisation terroriste, tenté de renverser le gouvernement et incité à la contestation ». Depuis l’exil, Amr Hashad a continué de dénoncer les violations des droits humains commises en Égypte.