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Vladyslav Yesypenko - Livres comme l'Air

Portrait de l'auteur

Vladyslav Yesypenko est un journaliste indépendant travaillant pour Krym Realii, une antenne de Radio Free Europe/Radio Liberty (RFE/RL) financée par les États-Unis en Crimée. Il est détenu arbitrairement depuis mars 2021 et a été condamné à six ans de prison suite à des accusations forgées de toutes pièces et qui n’ont pas été prouvées. Son seul crime est d'être journaliste pour un média qui critique les autorités de facto de la Crimée occupée par la Russie et qui a été désigné comme « agent étranger » par le gouvernement russe. Sa condamnation doit être annulée et il doit être libéré. 

Signez la pétition pour demander aux autorités qu'elles libèrent Vladyslav immédiatement et sans conditions !

LIVRES COMME L'AIR

Dans le cadre du projet Livres comme l’Air, des écrivains québécois témoignent leur solidarité à des écrivains emprisonnés ou menacés à travers le monde en leur rédigeant des dédicaces. 

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Metropolis Bleu

Rosemary Sullivan est l'auteur de quinze livres dans les genres multiples de la biographie, des mémoires, de la poésie, des récits de voyage et de la fiction courte. Elle a notamment publié Shadow Maker : The Life of Gwendolyn MacEwen, qui a remporté un prix du Gouverneur général, The Red Shoes : Margaret Atwood Starting Out, Labyrinth of Desire : Women Passion and Romantic Obsession, Villa Air-Bel : World War II, Escape and a House in Marseille, Stalin's Daughter qui a remporté le Hilary Weston Writers' Trust Prize, le BC National Non-Fiction Award, et le RBC Charles Taylor Prize, ainsi que l'International Plutarch Award in Biography. Son dernier livre, publié en janvier dernier dans vingt pays, s'intitule The Betrayal of Anne Frank : A Cold Case Investigation. En 2012, Mme Sullivan a été nommée Officier de l'Ordre du Canada. 

Nous protestons vivement contre l'emprisonnement de Vladyslav Yesypenko pour son travail de journaliste à Radio Liberty.  Il faut un courage énorme pour défendre les principes de la liberté d'expression, ainsi qu'un engagement extraordinaire pour le bien-être de ses semblables pour risquer sa liberté de cette manière.  La prison est un choix solitaire et il l'a payé de son plein gré. Pourquoi les autorités ont-elles tellement peur des autres voix qu'elles sont prêtes à supprimer six ans de la vie d'un homme pour le faire taire ?  Et maintenant, quelle horreur pour lui d'assister à la destruction brutale de son pays derrière les barreaux de sa prison.  Nous demandons sa libération immédiate.  

We strongly protest the imprisonment of Vladyslav Yesypenko for his work as a journalist with Radio Liberty.  It takes enormous courage to stand up for the principles of free speech, as well as an extraordinary commitment to the wellbeing of your fellow humans to risk your freedom in this way.  Prison is a lonely choice and he paid it willingly. Why are the authorities so afraid of other voices that they will take away six years of a man’s life in order to silence him?  And now how terrifying  for him to watch the brutal destruction of his country from behind his prison bars.  We demand his immediate release.  

Salon du livre de Trois-Rivières

Diplômé en littérature, Hugo Meunier gagne sa vie comme journaliste depuis vingt ans en attendant de sortir un livre assez populaire pour pouvoir en vivre. Après avoir publié quelques essais, dont Walmart - Journal d’un associé (Lux), il a fait paraître deux romans chez Stanké (Le Patron et Olivia Vendetta), en plus d’avoir signé un roman jeunesse  (Jimmy Diamond est une merde) et participé au collectif Oups, mauvaise fenêtre (Éditions du Parc en face). Il est sinon la plupart du temps chasseur d’histoires chez URBANIA.

Vladyslav Yesypenko est un journaliste indépendant travaillant pour Krym Realii, une antenne de Radio Free Europe/Radio Liberty (RFE/RL) financée par les États-Unis en Crimée. Il est détenu arbitrairement depuis mars 2021 et a été condamné à six ans de prison suite à des accusations forgées de toutes pièces et qui n’ont pas été prouvées. 

J’ai choisi de lui écrire parce que nous faisons le même métier, dans des réalités aux antipodes.

Moi j’écris pour vivre, lui écrit pour survivre.  

Pour Vladyslav Yesypenko, 

tu m’excuseras de massacrer ton nom.  

Mais bon, même si cette dédicace se rend un jour à toi, ce dont je doute, tu auras certainement d’autres chats à fouetter que de la faire traduire.  

Ou peut-être auras-tu tout ton temps au contraire.  

Qui sait où tu te trouves actuellement, injustement détenu dans des geôles russes pour des crimes que t’as pas commis.  

Pour ton patriotisme envers la Crimée. Pour tes critiques envers un régime qui a depuis déclenché une guerre sans motif valable, à l’image de ton arrestation.  

Pour des idées et des écrits, alors que c’est ton travail de le faire.  

On t'a accusé à tort d’avoir transporté des explosifs. On t’a torturé pour l’admettre même, mais tu as quand même plaidé non-coupable. Ton courage et tes convictions menacent d’amputer 18 ans à ta vie. Tu as à peu près mon âge. On sera dans la soixantaine dans 18 ans. 

Oui, les gens sont derrière toi, mais tu es quand même enfermé. 

Oui, les gens sont contre la guerre, mais elle continue de faire rage. 

Oui, ta femme a écrit à Joe Biden pour demander ta libération, mais vous êtes des dizaines de prisonniers politiques à croupir dans les prisons russes pour s’être tenus debouts. 

 Les gens d’ici n’ont pas ce courage, préférant se cacher derrière des sanctions économiques et des fermetures de McDo. 

J’ai beau être en colère, je me sens hypocrite de t’écrire ceci alors que je vis dans un endroit où je peux infiltrer incognito le mariage de mon premier ministre pour le fun. Un endroit où je peux critiquer l’autorité en place sans avoir peur d’une descente policière. Un endroit où je peux remettre en personne le livre que je t’envoie à mon Premier ministre sans retenir mon souffle. 

Un endroit où je peux écrire en fait tout ce que je veux sans regarder sous ma voiture avant de la prendre.  

Deux poids, deux mesures. 

Et le poids des mots est encore une arme redoutable chez toi. Ici, les combats sont différents. On commémore ces jours-ci les 10 ans de la plus imposante crise étudiante qui n’a fait…aucun mort. 

Je suis journaliste, comme toi. 

Même quand j’écris sur des sujets qui dérangent l’ordre établi, je retrouve mon confort bourgeois à la fin de chaque journée. Je me lève chaque matin dans mon lit sans imaginer ne pas y revenir le soir. Je ne remonte même pas les draps parfois tellement je n’en doute pas.  

Avec cette dédicace, je suis supposé t’encourager, mais c’est toi qui m’encourage malgré tout. 

J’ai vu sur ta page Facebook une photo de ta fille avec ses mignonnes boucles châtains l’autre jour. Dans un message traduit automatiquement, tu lui souhaitais un bon anniversaire, le deuxième que tu rates. « J’ai hâte de te prendre dans mes bras », as-tu écrit à la main, à tes proches qui administrent cette page. 

Cette page semble avoir disparu depuis.  

Est-ce quelqu’un l’a effacé, comme on tente de le faire avec toi? 

Heureusement, nous sommes plusieurs à ne pas t’oublier. 

Et depuis, chaque fois que je serre ma fille d’environ l’âge de la tienne dans mes bras, je n’oublie pas.  

Vladyslav Yesypenko est un journaliste indépendant travaillant pour Krym Realii, une antenne de Radio Free Europe/Radio Liberty (RFE/RL) financée par les États-Unis en Crimée. Il est détenu arbitrairement depuis mars 2021 et a été condamné à six ans de prison suite à des accusations forgées de toutes pièces et qui n’ont pas été prouvées. 

Hugo.