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Golrokh Ebrahimi Iraee - Livres comme l'Air

Portrait de l'autrice

Golrokh Ebrahimi Iraee, défenseure des droits humains et écrivaine iranienne, déjà condamnée à six ans d’emprisonnement pour avoir écrit une fiction sur la pratique de la lapidation, a été à nouveau arrêtée en janvier 2017 alors qu’elle bénéficiait d’une autorisation temporaire de sortie, dans l’attente du réexamen judiciaire par la Cour suprême iranienne de sa peine d’emprisonnement. Depuis, le réexamen judiciaire de sa peine est bloqué de manière illégale par les pasdaran.

Signez la pétition pour demander aux autorités qu'elles libèrent Golrokh immédiatement et sans conditions !

LIVRES COMME L'AIR

Dans le cadre du projet Livres comme l’Air, des écrivains québécois témoignent leur solidarité à des écrivains emprisonnés ou menacés à travers le monde en leur rédigeant des dédicaces. 

VOIR TOUS LES AUTEURS

Metropolis Bleu

Née à Contrecœur en 1994, Myriam Vincent détient une maîtrise en littératures de langue française à McGill. Elle a publié quelques textes dans les revues littéraires Le Pied et Cavale avant de se lancer dans l’écriture de son premier roman, Furie. Elle est également éditrice chez Poètes de brousse, où elle dirige la collection Prose. 

Pour Golrokh Ebrahimi Iraee,  

L’écriture a ce pouvoir extraordinaire de mettre en lumière des violences et des injustices que la routine ou la politique préféreraient cacher. Il est horrifiant qu’exercer ce pouvoir si nécessaire ait conduit à votre emprisonnement. Je ne peux pas imaginer le courage dont vous avez dû faire preuve pour prendre la parole et dénoncer un acte inhumain qui était perpétré contre les vôtres, la lapidation, en sachant les conséquences que cela pouvait entraîner pour vous. Je veux vous assurer que vos mots ont traversé les frontières et les océans, que nous vous entendons, et que nous vous soutenons. Je vous dédie aujourd’hui ce livre en espérant que ces mots s’allient à ceux et celles qui vous défendent et qu’ils puissent accélérer votre libération.  

Solidairement, 

Myriam Vincent, le 18 avril 2022, Montréal.  

Salon du livre de Trois-Rivières

Elkahna Talbi est autrice, comédienne et artiste de spoken word sous le nom de Queen Ka. Son premier recueil de poésie, Moi, figuier sous la neige (Mémoire d’encrier, 2018), a été sélectionné parmi les meilleurs livres 2018 selon Plus on est de fous, plus on lit ! et Les Libraires, en plus d’être lauréat des Prix CoPo des Lycéens 2019. Son nouveau recueil, Pomme Grenade, est paru chez Mémoire d'encrier en 2021.

Chère Golrokh Ebrahimi Iraee, On ne se connaît pas, je m’appelle Elkahna Talbi, je suis la fille d’immigrants tunisiens, je suis née au Canada, je suis ton ainée d’un an, et j’écris.

Ici où je suis, être femme et écrire librement n’est pas dangereux. Il y a des choses à brasser, des idées et des sujets qui sont complexes, des tabous qui déplaisent, mais à part de la haine sur les réseaux sociaux, je ne risque rien de trop grave à écrire tout ce que je veux et à remettre en cause et contester les décisions prises par les gens au pouvoir, à sortir dans la rue et manifester.

Malgré ce que parfois certains de mes compatriotes criant à la censure et à leur liberté bafouée peuvent penser, non, nous ne vivons pas sous un régime intolérant.

Toi, oui, et ton emprisonnement est la preuve de l’odieux du monde dans lequel nous sommes. Je ne peux pas comprendre l’ampleur de ta situation, de ce que tu vis. Par contre, je ressens dans mon ventre la rage de te savoir enfermée pour avoir voulu dénoncer les actes inhumains infligés à ton peuple, à tes sœurs.

La lapidation.

Au moins, je peux me révolter le dénoncer et écrire! Ne jamais cesser d’écrire. En sachant que c’est une chance inouïe que j’ai de pouvoir le faire avec toute la frivolité du monde. J’ai le droit de le faire en toute sécurité, écrire et exprimer mon opinion, mon regard féministe. J’ai le droit de parler de nos corps, de nos désirs en tant que femmes arabes, musulmanes, femmes tout court.

Écrire, ne jamais cesser d’écrire.

Je te dédis ces mots, ce livre. Je ne peux m’empêcher de me dire que c’est si peu...mais je te donne ce que je fais de mieux.