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Communiqué 
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Près de 300 organisations et personnalités demandent aux gouvernements du Québec et du Canada d’intégrer la surveillance des droits humains dans leurs réponses à la COVID-19.

Montréal, le 15 avril 2020 – Près de 300 organisations, leaders des communautés autochtones, universitaires, et personnalités politiques de tout le pays, demandent aux différents paliers de gouvernements du Canada de prendre des mesures urgentes pour renforcer la surveillance des droits humains dans le contexte de la pandémie de COVID-19. 

Un total de 157 organisations et 144 individus – incluant des organisations autochtones, des groupes de la société civile, des syndicats, des universitaires et d’anciennes personnalités politiques – pressent le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux, territoriaux et municipaux, d’adopter de solides mesures de surveillance pour renforcer la protection des droits humains et éviter de possibles violations occasionnées tant par la pandémie que par les mesures mises en place pour la combattre. 

« La crise actuelle est exceptionnelle, et demande certainement des mesures tout autant exceptionnelles. Mais peu importe sa gravité, celles-ci ne peuvent être décidées ou décrétées sans que les autorités compétentes en matière de santé publique aient à cœur de protéger les droits humains pendant et au-delà de la pandémie. Nous ne voulons pas nous retrouver dans une situation où nous découvrirons petit à petit que des laissés pour compte ont subi des dommages irréversibles, parce qu’on n’y avait pas pensé », déclare France-Isabelle Langlois, directrice générale d’Amnistie internationale Canada francophone. « C’est une chose de vouloir protéger les plus vulnérables, dont les personnes aînées, en limitant certains de leurs droits, c’en est une autre de les condamner à l’enfermement sans égard aux conséquences tout aussi graves sur leur santé, voire leur vie. »

L’impact de la COVID-19 et les mesures restrictives adoptées pour y répondre ont un impact disproportionné sur les Premières Nations, les communautés Métis et Inuits, les communautés noires et racisées, notamment les communautés asiatiques, les personnes handicapées, les personnes âgées, les femmes et les enfants à risque de violence domestique, les personnes réfugiées et migrantes, les communautés minoritaires, les personnes détenues, les travailleuses et travailleurs du sexe, les personnes sans-abri ou vivant dans des logements inadéquats, les personnes ayant une dépendance aux drogues, les travailleuses et travailleurs précaires, les personnes marginalisées par leur identité de genre ou leur orientation sexuelle, et toute autre communauté vulnérable.    

Tout cela arrive à un moment où les institutions créées pour protéger les droits humains, dont les cours de justice et les commissions et tribunaux des droits humains, sont contraintes dans leur travail, et que d’autres instances responsables de la reddition de comptes et de la transparence en matière de droits humains, comme les comités parlementaires et législatifs, sont suspendues. 

Ces 300 groupes et individus demandent à tous les paliers de gouvernement d’instaurer une surveillance plus étroite des droits humains dans leurs réponses à la COVID-19 en :

- En veillant à ce que les gardiens du savoir autochtones, les représentant.e.s des commissions fédérales, provinciales et territoriales des droits humains, les représentant.e.s des bureaux municipaux des droits humains concernés, et les commissaires aux langues officielles aient un rôle consultatif officiel, voire accru, auprès des comités spéciaux, des groupes de travail d’urgence, des groupes de travail d’intervention en cas de crise et d’autres instruments créés par les gouvernements afin de coordonner leur réponse à la pandémie de COVID-19.

- En instaurant immédiatement des comités de surveillance des droits humains indépendants, composés de représentant.e.s des Premières Nations, Métis et Inuit – provenant des communautés rurales éloignées et des centres urbains, des communautés affectées, des fournisseurs de services de première ligne, des défenseurs des droits humains, des syndicats et des universités. Ces comités ajouteront une analyse de genre intersectionnelle à leur rôle de surveillance et produiront des rapports publics périodiques. 

Contexte :

Un groupe de près de 300 organisations et individus soutiennent cette déclaration publique, demandant à tous les paliers de gouvernement du Canada de mettre en place de solides mesures de surveillance des droits humains. Ce groupe représente un large éventail de secteurs : 

  • Des organisations autochtones;
  • Des groupes de la société civile, dont les groupes de défense des droits humains, des droits des femmes et de l’égalité de genre, des droits des personnes handicapées, d’accès à la santé, aux libertés civiles, à la liberté d’expression, d’environnement et changements climatiques, de lutte à la pauvreté, au racisme, des droits des prisonniers, des personnes réfugiées, migrantes et immigrantes, des enfants, des étudiants, des travailleurs et travailleuses du sexe, des personnes qui consomment des drogues, de celles qui luttent pour l’accès à la justice, le développement international et la paix;
  • Des syndicats; 
  • Des professeurs de droit et autres universitaires; 
  • Des leaders religieux; 
  • De personnalités politiques ; 
  • La commissaire aux droits humains de la Colombie-Britannique, Kasari Govender 

Pour plus d’information, veuillez contacter : 

Khoudia Ndiaye | Directrice des communications et stratégies 

kndiaye@amnistie.ca | 514 766-9766 poste 5230 

@ndiayek_

 

Mis à jour le mercredi, 15 avril 2020