• 7 fév 2020
  • Russie
  • Communiqué de presse

Les poursuites pour appartenance à une organisation « terroriste » inexistante doivent être abandonnées

Sept jeunes hommes qui comparaissent en justice à Penza, en Russie centrale, pour des accusations absurdes de « terrorisme » doivent être libérés immédiatement et les charges retenues contre eux doivent être abandonnées, a déclaré Amnistie internationale à l’approche du verdict le 10 février. Ces jeunes hommes, pour la plupart des militants politiques de gauche, sont accusés d’avoir participé à une « organisation terroriste » inexistante appelée Network et encourent jusqu’à 18 ans de prison, s’ils sont reconnus coupables.

« Ces accusations de terrorisme sont le produit de l’imagination des services de sécurité russes qui les ont inventées en vue de réduire ces militants au silence. Leur procès est une imposture : les accusés affirment que leurs " aveux " ont été extorqués sous la torture et les faits viennent contredire les prétendues preuves, a déclaré Natalia Priloutskaïa, chercheuse sur la Russie à Amnistie internationale.

« Il ressort clairement du procès qu’aucune organisation criminelle appelée Network n’a jamais existé. Ce qui a probablement existé, c’est un groupe non figé de jeunes partageant les mêmes goûts et aimant pratiquer l’airsoft. Aucun élément de preuve ne les relie à des activités à caractère terroriste.

« Cette affaire est le dernier exemple de l'utilisation abusive du système judiciaire motivée par des considérations politiques  pour cibler des jeunes. Les allégations de torture et de mauvais traitements doivent faire l’objet d’investigations, ces hommes doivent être libérés et le gouvernement russe doit cesser de forger de toutes pièces des preuves pénales pour museler la dissidence. »

Complément d’information

Le 10 février, le tribunal militaire du district de Privoljski à Penza, en Russie centrale, devrait rendre son jugement dans l’affaire intentée contre Dmitri Pchelintsev, Ilia Chakourski, Andreï Tchernov, Maxim Ivankine, Mikhaïl Koulkov, Vassili Kouxov et Armane Sagynbaïev. Ils sont inculpés de plusieurs infractions liées au terrorisme, notamment de « création d’une organisation terroriste », « participation à une organisation terroriste », détention illégale d’armes et, pour trois d’entre eux, possession de drogue.

Deux autres accusés, Victor Filinkov et Iouli Boïarchinov, sont jugés à Saint-Pétersbourg  dans le cadre d’un procès connexe. En 2018, Amnistie internationale a fait part de ses préoccupations quant à l'usage de la torture et à d’autres mauvais traitements  qui leur ont été infligés, et quant à leur disparition forcée durant leur transfert par les services pénitentiaires de Saint-Pétersbourg  à Penza.

 

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