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Communiqué 
international
Turquie

Le blocage massif de sites d’informations et de réseaux sociaux est une attaque frontale contre la liberté d’expression

Apprenant la décision d’un tribunal d’Ankara de bloquer 136 adresses Web, dont celle du site d’informations indépendant Bianet.org, Milena Buyum, chargée de campagne sur la Turquie à Amnistie internationale, a déclaré :

« Cette décision scandaleuse est la dernière attaque frontale contre le droit à la liberté d’expression en Turquie et témoigne du durcissement d’une censure déjà très marquée.

« En une seule décision de justice, le tribunal d’Ankara a bloqué plus de 100 adresses Web, sans aucune explication quant au caractère nécessaire ou proportionné de cette mesure. Parmi les sites visés figure Bianet.org, l’un des derniers portails d’informations indépendants encore actifs en Turquie, qui a continué avec courage de dénoncer les atteintes aux droits humains tout au long de la répression qui s’est abattue sur les médias.

« Les autorités turques doivent annuler cette décision et cesser d’étouffer les voix indépendantes qui se font toujours plus rares. »

Complément d’information

Certaines adresses Internet citées dans la décision sont déjà bloquées, comme geziyisavunuyoruz.org, qui rendait compte du procès du parc Gezi, qui s’est ouvert le 24 juin 2019.

Bianet.org est l’un des derniers médias d’informations indépendants en Turquie qui continuait de rendre compte des violations des droits humains. La décision judiciaire bloque l’accès à l’ensemble du site.

Bianet.org, qui a été informé le 6 août de la décision rendue par le tribunal le 16 juillet, a déclaré à Amnistie internationale qu’il s’apprête à faire appel.

La décision du tribunal s’appuie sur la Loi sur la réglementation des publications sur Internet et la prévention des crimes commis par le biais de telles publications (couramment appelée Loi turque sur Internet – Loi n° 5651). Elle fait référence à l’article 8/A de la loi, qui permet de bloquer des sites Internet pour des raisons de protection du droit à la vie et à la sécurité des personnes et des biens, de sécurité nationale et d’ordre public, de prévention des crimes ou de protection de la santé générale, à la demande des ministères concernés ou de la présidence. Cependant, aucune justification n’est fournie pour expliquer en quoi les adresses listées tombent sous le coup de cet article de loi.

Mis à jour le mercredi, 7 août 2019