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Communiqué 
international
Éthiopie

Libération sans inculpation de personnes soupçonnées de « coup d’État » à la suite d’une utilisation abusive des lois antiterroristes

La libération sans inculpation de 22 détracteurs du gouvernement qui ont été arrêtés et détenus pendant plusieurs mois sur la base d’accusations de terrorisme illustre l’utilisation abusive des lois antiterroristes du pays par les autorités éthiopiennes, a déclaré Amnistie internationale mercredi 30 octobre.

Ces 22 détenus, libérés en fin de journée mardi 29 octobre, faisaient partie de plus de 200 personnes arrêtées en juin après l’assassinat du chef des armées Seare Mekonnen et du président de la région d’Amhara, Ambachew Mekonnen, que le gouvernement a qualifié de tentative de coup d’État. La plupart des personnes arrêtées ont depuis été libérées discrètement sans être inculpées.

« La libération de ces 22 personnes sans que des poursuites aient jamais été engagées contre elles est l’une des conséquences de l’utilisation abusive de la Loi relative à la lutte contre le terrorisme à laquelle les autorités continuent d’avoir recours pour arrêter arbitrairement et détenir leurs détracteurs. Leur maintien en détention pendant quatre mois sans la moindre preuve apportée est clairement injuste, a déclaré Fisseha Tekle, chercheur sur l’Éthiopie à Amnistie internationale.

« La Loi relative à la lutte contre le terrorisme reste l’outil de choix des autorités pour arrêter arbitrairement des citoyens. Des dizaines d’autres personnes languissent derrière les barreaux au titre de cette loi antiterroriste ambiguë et définie en termes trop vagues. Elles doivent être libérées immédiatement ou inculpées d’infractions clairement définies et reconnues par le droit international. »

Amnistie internationale appelle les autorités éthiopiennes à accélérer le réexamen de la législation antiterroriste afin de respecter les normes internationales en matière de droits humains. La loi révisée devra notamment garantir le droit des suspects à une libération sous caution dans l’attente de leur procès et définir clairement toutes les infractions pénales, conformément au droit international relatif aux droits humains.

Mis à jour le vendredi, 1 novembre 2019