• 21 avr 2026
  • Union Européenne
  • Communiqué de presse

Union européenne. La réticence à suspendre l’accord d’association entre l’UE et Israël est le signe d’un mépris flagrant pour les vies civiles

Réagissant au fait que l’UE n’ait pas convoqué de vote concernant la suspension de l’accord d’association entre l’UE et Israël, ni convenu d’autres mesures concrètes mardi 21 avril lors du Conseil des affaires étrangères de l’UE, au Luxembourg, Erika Guevara-Rosas, directrice générale de la recherche, du plaidoyer, des politiques et des campagnes à Amnistie internationale, a déclaré :

« À ce stade, la décision de l’UE de maintenir son accord commercial avec Israël représente un échec moral et illustre un mépris flagrant à l’égard des vies civiles, en particulier dans le Territoire palestinien occupé et au Liban.

« Un million de personnes en Europe, plus de 75 ONG, près de 400 anciens diplomates, des expert·e·s des Nations unies, ainsi que la Belgique, l’Irlande, la Slovénie et l’Espagne ont demandé la suspension immédiate de cet accord. Une fois encore, ces appels ne sont pas pris en considération, l’Allemagne et l’Italie jouant un rôle central dans le blocage de cette mesure. Cela restera dans les mémoires comme un nouveau chapitre honteux de l’un des moments les plus déshonorants de l’histoire de l’Union européenne.

« Il y a près d'un an, l’UE a conclu que les crimes de droit international commis par Israël contre les Palestiniens et Palestiniennes enfreignaient la clause relative aux droits humains de l’accord d’association UE-Israël. Israël a depuis lors continué à franchir chacune des limites fixées par l’UE.

« L’impunité accordée à Israël depuis des dizaines d’années par la communauté internationale, notamment l’UE, n’a rien fait d’autre que l’encourager à multiplier ses violations du droit international humanitaire. Cela est manifeste avec le génocide israélien à Gaza, son occupation illégale persistante dans l’ensemble du Territoire palestinien occupé, le système d’apartheid imposé à tous les Palestinien·ne·s dont Israël contrôle les droits et sa nouvelle loi sur la peine de mort, qui s’appliquera en pratique exclusivement aux Palestinien·ne·s.

« Depuis le prétendu cessez-le-feu à Gaza conclu en octobre 2025, que l'UE invoque pour justifier son inaction, plus de 740 Palestinien·ne·s ont été tués tandis que les frappes aériennes, les bombardements et le cruel blocus israéliens persistent. Au Liban, les forces israéliennes ont tué et blessé des milliers de personnes, notamment des professionnel·le·s de la santé, et causé le déplacement de plus d’un million de personnes depuis le renouvellement des hostilités avec le Hezbollah le 2 mars.

« L’UE ne doit pas une fois encore utiliser de fragiles cessez-le-feu comme excuse pour accorder un énième blanc-seing à Israël. Chaque retard renforce encore davantage l’impunité et fait le lit de nouvelles violations graves des droits humains. Les États membres de l’UE doivent prendre les choses en main en urgence et suspendre unilatéralement toute forme de coopération avec Israël qui pourrait contribuer à ses graves violations du droit international. »

Complément d’information

Lors du Conseil des affaires étrangères mardi 21 avril, les ministres de l’UE ne sont pas parvenus à s’accorder sur des mesures concrètes, retardant une fois encore toute action décisive.

La suspension de l’accord d’association UE-Israël est une des nombreuses mesures concrètes que l’UE peut et doit adopter afin de faire cesser les violations commises par les autorités israéliennes, et d’éliminer son propre risque de complicité avec elles. L’UE doit mettre ses actions en conformité avec le droit international en interdisant les échanges commerciaux avec les colonies illégales d’Israël dans le TPO, un appel soutenu de longue date par la Belgique, l’Irlande, les Pays-Bas, la Slovénie et l’Espagne, récemment rejoints par la France et la Suède. En attendant, les États membres doivent interdire au niveau national leurs échanges commerciaux avec des colonies.

Amnistie internationale a lancé une nouvelle action de campagne appelant l’Italie et l’Allemagne à soutenir la suspension de l’accord d’association UE-Israël.