Turquie. La descente de police et la mainmise de l’État sur une chaîne de télévision d’opposition sont « un coup dur porté à la liberté de la presse »
En réaction à la perquisition menée par la police au siège de Halk TV, l’une des rares chaînes télévisées en Turquie à ne pas suivre la ligne du gouvernement, et à la nomination d’un administrateur public chargé de superviser la chaîne dans le cadre d’une enquête sur des faits présumés de corruption, Esther Major, directrice régionale adjointe pour l’Europe à Amnistie internationale, a déclaré :
« Cette mesure porte un coup terrible à la liberté de la presse et ressemble fort à une nouvelle manœuvre des autorités turques pour réduire les voix de l’opposition au silence.
« La descente menée à l’aube et la prise de contrôle, par des administrateurs nommés par l’État, de l’une des principales chaînes de télévision d’opposition du pays constituent une atteinte directe au droit à la liberté d’expression.
« Elle intervient le jour où Ekrem Imamoğlu, considéré comme le principal rival politique du président Recep Tayyip Erdoğan, doit témoigner dans le cadre d’un procès que Halk TV aurait sans doute largement couvert. En outre, elle survient quelques jours avant le premier anniversaire de la saisie de TELE1, chaîne d’information télévisée favorable à l’opposition.
« Les autorités turques doivent rétablir sans délai les activités indépendantes de Halk TV et cesser de malmener la liberté de la presse. »
Contexte
Halk TV aurait déclaré que ses employé·e·s n’ont pas pu entrer dans le bâtiment à Istanbul mercredi 14 octobre au matin et qu'un nouveau directeur avait été nommé à la tête de la chaîne. Selon les médias, la Brigade de lutte contre les crimes financiers a procédé à une perquisition dans les locaux et 17 mandats d’arrêt ont été décernés, dont 11 à l'encontre de personnes qui ont été placées en garde à vue.
Lundi 12 octobre 2026, Amnistie internationale s’est jointe à 20 organisations de défense de la liberté de la presse et des droits humains afin de demander aux plateformes de réseaux sociaux, notamment X et Meta, de ne pas se conformer aux décisions des tribunaux turcs ordonnant le blocage de centaines de comptes appartenant à des journalistes et à des militant·e·s, et d’exhorter le gouvernement turc à cesser d’émettre des ordonnances de blocage, qui constituent une violation de la liberté d’expression.