• 21 oct 2026
  • Türkiye
  • Communiqué de presse

Le Premier ministre canadien Mark Carney doit soulever les préoccupations relatives aux droits humains lors de sa visite en Türkiye, déclare Amnistie internationale

En réaction à la visite commerciale et stratégique du Premier ministre canadien Mark Carney en Türkiye cette semaine, dans un contexte d'attaques croissantes contre les droits des personnes LGBTQ+, des défenseur·e·s des droits humains, des journalistes et des membres de la société civile, la directrice d'Amnistie internationale Türkiye, Ruhat Sena Akşener, a déclaré : 

« La Türkiye fait face à une crise aggravée des droits humains, marquée par l'érosion systématique des libertés fondamentales et de l'état de droit, qui touche toutes les couches de la société. Des élu·e·s sont arrêté·e·s, les partis d'opposition font l'objet de pressions judiciaires, et les journalistes, les militantes et militants ainsi que les citoyennes et citoyens ordinaires font l'objet d'enquêtes et de poursuites pour avoir fait des reportages, défendu des droits ou publié des messages sur les réseaux sociaux. Alors que le système judiciaire est de plus en plus utilisé pour faire taire la dissidence et réprimer les voix critiques, un message clair se dégage : s'exprimer peut coûter très cher. » 

« La communauté internationale doit réagir en plaçant les droits de la personne au cœur de ses relations avec la Türkiye. De son côté, le Canada ne doit pas traiter les droits humains comme secondaires dans les négociations. Les partenariats durables reposent sur la reddition de comptes et le respect de l'état de droit. » 

France-Isabelle Langlois, directrice générale d’Amnistie internationale Canada francophone a déclaré : « Alors que les manifestations prennent de l’ampleur en Türkiye et que les condamnations internationales se multiplient, il apparaît clairement que les autorités turques ont bien l’intention d’intensifier la répression. Une crise des droits humains chez un allié proche, membre de l'OTAN de surcroît, est une mauvaise nouvelle à tous les égards. Cela signifie davantage de troubles et d’instabilité. Le Canada ne peut pas faire comme si de rien n’était. Ce n’est pas le moment de trouver des excuses à la Türkiye. Il est temps de formuler des exigences sans équivoque : libérez les militants des droits humains et les journalistes emprisonnés, engagez-vous en faveur des droits humains, cessez la répression, y compris contre les militant·e·s LGBTQ+. » 

Pour sa part, Ketty Nivyabandi, secrétaire générale de la section anglophone d'Amnistie internationale Canada, a déclaré : « Nous exhortons le Premier ministre à être à la hauteur de la situation et à demander aux autorités turques de mettre fin à la répression alarmante visant les organisations LGBTQ+ et les défenseur·e·s des droits humains, de libérer les personnes détenues pour avoir exercé leurs droits et de supprimer les restrictions illégales imposées aux médias indépendants, à la liberté sur Internet et aux rassemblements pacifiques. » 

 « Le Premier ministre Carney peut et doit exiger la protection de ceux qui sont le plus en danger. Le cas d'Osman Kavala — un défenseur des droits de l'homme en détention depuis novembre 2017 — est au premier chef préoccupant : nous appelons le PM à exiger sa libération immédiate, comme l'a déjà ordonné la Cour européenne des droits de l'homme. Aujourd'hui plus que jamais, le Canada doit se tenir fermement aux côtés de ceux qui risquent gros pour avoir exercé leurs droits, alors que les possibilités de rendre des comptes se réduisent à l'échelle mondiale et que les instances de défense des droits de l'homme subissent des attaques incessantes. »