Soudan du Sud. Il est essentiel de renouveler l’embargo sur les armes afin de protéger la population civile
En réaction à la décision du Conseil de sécurité des Nations unies de proroger d’un an l’embargo sur les armes imposé au Soudan du Sud, Tigere Chagutah, directeur pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe à Amnistie internationalex, a déclaré :
« Le renouvellement de l’embargo sur les armes, si celui-ci est appliqué de manière scrupuleuse, est une mesure importante afin de protéger les civil·e·s, en restreignant le flot d’armes qui sont utilisées pour commettre des violations des droits humains et des crimes au regard du droit international.
« Il est cependant consternant que plusieurs membres du Conseil de sécurité continuent à demander la levée de cet embargo et que certains membres se soient abstenus de voter, compte tenu de l’intensité croissante du conflit armé depuis début 2025.
« Des armes continuent à être utilisées pour prendre des vies. Par exemple, le 1er mars 2026, un groupe d’hommes armés du comté de Mayom, dans l’État d’Unité, sont descendus sur la ville d’Abiemnom, tuant et blessant des centaines de personnes en à peine quelques heures. Fournir davantage d’armes aux parties au conflit et à d’autres acteurs impliqués dans de graves atteintes aux droits humains et crimes de droit international serait irresponsable et mettrait en danger la population civile. »
« Des armes ont également été utilisées pour commettre des violences sexuelles, qui continuent de caractériser le conflit armé au Soudan du Sud, malgré l’existence d’accords et d’un plan d’action visant à lutter contre ce fléau et à y remédier. Les crimes relevant du droit international et national, notamment les violences sexuelles liées aux conflits, continuent d’être récompensés par l’impunité. »
Complément d’information
En 2025, Amnistie internationale a constaté que le déploiement de soldats ougandais armés et de matériel militaire au Soudan du Sud depuis le 11 mars 2025, en l’absence de notification ou de demande de dérogation adressée au Comité des sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies, constituait une violation flagrante de l’embargo sur les armes. L’organisation a par ailleurs recueilli des éléments tendant à prouver que les Forces de défense populaires du Soudan du Sud (FDPSS) utilisent des hélicoptères d’attaque, ce qui donne à penser que les livraisons de pièces détachées se poursuivent – une violation de l’embargo déjà dénoncée par Amnistie internationale.
En 2020, Amnistie internationale a recueilli des informations attestant l’importation récente d’armes légères et de munitions, la dissimulation illicite d’armes et le détournement de véhicules blindés à des fins militaires non autorisées. Cela met en évidence le manquement des parties à l’accord de paix de 2018 - en particulier le gouvernement du Soudan du Sud - au devoir de respecter l’embargo des Nations unies, et de mettre en œuvre les dispositions pertinentes en vertu desquelles elles s’étaient engagées à protéger les droits humains.