• 30 oct 2026
  • Russie
  • Communiqué de presse

Russie. La fermeture de Novaïa Gazeta est une perte catastrophique pour la liberté d’expression déjà mal en point

En réaction à l’annonce par Novaïa Gazeta, l’un des derniers journaux indépendants de Russie, de l’arrêt de ses activités à compter du 9 novembre 2026, Denis Krivosheev, directeur adjoint pour l’Europe de l’Est et l’Asie centrale à Amnistie internationale, a déclaré : 

« La fermeture de Novaïa Gazeta est une perte catastrophique pour toutes celles et tous ceux qui, en Russie, se tournent vers le journalisme d’investigation indépendant pour connaître la vérité. Ce vénérable journal a résisté pendant des années à la pression croissante de l’État, qui s’est notamment traduite par des poursuites judiciaires, des perquisitions et des attaques contre les membres de son personnel. Certain·e·s de ses journalistes ont été tués pour avoir fait leur travail. Son site Internet a été bloqué, son enregistrement officiel annulé et, le mois dernier, il a été qualifié d’« agent de l'étranger ».  

« Le coup de grâce a pris la forme d’un avis d’expulsion exigeant que le journal libère les locaux où se trouve sa salle de rédaction, avis qui est venu s’ajouter à son impossibilité depuis quelques temps de recevoir des dons en ligne. Si ces mesures ont été prises par des acteurs privés, le rôle des autorités ne fait aucun doute. La campagne prédatrice qu’elles mènent depuis des décennies a entraîné la quasi-disparition de la presse libre en Russie et, aujourd’hui, celle de son plus célèbre et éminent porte-étendard. 

« Les autorités russes doivent immédiatement cesser de persécuter les médias indépendants, dont Novaïa Gazeta, et abolir les lois qui étouffent la liberté d’expression et imposent la censure. Les journalistes doivent pouvoir travailler sans crainte du harcèlement, des poursuites judiciaires ou des violences. » 

Complément d’information 

Le 30 octobre 2026, le journal Novaïa Gazeta a annoncé qu’il allait cesser ses activités le 9 novembre et fermer ses bureaux de Moscou, où son personnel travaillait depuis 29 ans, après avoir reçu l’ordre de ses propriétaires de libérer les locaux où se trouve sa salle de rédaction. Dans sa déclaration, la rédaction a indiqué que le journal était privé des moyens nécessaires à son fonctionnement, notamment d’accès à son système de dons, car les organisations financières ne voulaient plus lui fournir de services depuis la désignation comme « agents de l’étranger », le 4 septembre 2026, de tous les membres de son équipe éditoriale. 

À la suite de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en février 2022, les autorités ont bloqué toutes les publications en ligne de Novaïa Gazeta et annulé l’enregistrement du journal en tant que média. Le 9 avril 2026, des agent·e·s du Comité d’enquête de la Fédération de Russie ont perquisitionné sa salle de rédaction pendant 13 heures en lien avec une affaire pénale comprenant des accusations d’« accès illégal à des informations numériques » et d’« utilisation illégale de données personnelles ». Le journaliste d’investigation Oleg Roldouguine a été arrêté dans le cadre de cette affaire, puis placé en résidence surveillée. Le domicile du rédacteur en chef, Sergueï Sokolov, a été perquisitionné le 15 octobre.