• 20 Juil 2026
  • Myanmar
  • Article d'opinion

Myanmar. Plusieurs tragédies survenues en mer mettent en lumière les choix désespérés que doivent faire les Rohingyas

En réaction aux informations indiquant que plus de 500  personnes pourraient avoir péri lors des naufrages de deux bateaux transportant des réfugié·e·s majoritairement rohingyas au large du Myanmar, Joe Freeman, chargé de recherche sur le Myanmar à Amnistie internationale, a déclaré : 

« Ces informations viennent rappeler cruellement les choix de plus en plus désespérés que doivent faire de nombreux Rohingyas aujourd’hui. Personne ne va risquer sa vie en mer si sa situation à terre n’est pas encore plus insoutenable. Après des décennies de persécution, d’apatridie, de conflit et de crise humanitaire, beaucoup ne sont nulle part en sécurité.  

« Ces traversées en mer sont toujours dangereuses, mais le fait qu’elles se produisent pendant la mousson, lorsque les conditions de navigation sont encore plus difficiles que d’habitude, souligne les risques que ces personnes sont prêtes à prendre pour échapper à leur situation aussi déplorable dans les camps de réfugiés au Bangladesh que dans l’État d’Arakan, au Myanmar, dont les Rohingyas sont originaires.  

« Au Bangladesh, les familles rohingyas ne reçoivent ni aide, ni éducation, ni hébergement convenable et sont également confrontées à des enrôlements forcés par des groupes armés et des enlèvements avec demande de rançon par des bandes criminelles, deux tendances qu’Amnistie internationale a établies en interrogeant des parents et des jeunes personnes. Au Myanmar, la majeure partie de l’État d’Arakan est aujourd’hui contrôlée par l’Armée d’Arakan, accusée par plusieurs sources, dont Amnistie internationale, d’utiliser les Rohingyas pour du travail forcé et d’aggraver ainsi les conditions assimilables à un apartheid créées par l’armée du Myanmar. 

 « Il n’est donc pas étonnant que de telles tragédies continuent de survenir en mer, et elles ne font que mettre en lumière le besoin de solutions durables au Bangladesh comme au Myanmar. Les gouvernements de tous les pays de la région doivent renforcer les opérations de recherche et de sauvetage, permettre aux personnes en quête de sécurité d’accéder à une protection dans un délai raisonnable et collaborer pour mettre fin au cycle de négligences qui continue de menacer la vie des Rohingyas. 

« Cette situation doit également inciter les autorités du Bangladesh et la communauté internationale à empêcher les retours forcés de personnes rohingyas au Myanmar. Les conditions dans l’État d’Arakan ne permettent pas de garantir leur retour en toute sécurité et dans la dignité alors que des personnes continuent de fuir le lieu où les autorités bangladaises veulent les renvoyer de force. » 

 

Complément d’information  

Plus de 500  personnes, dont l’immense majorité seraient des réfugié·e·s rohingyas, ont probablement péri en mer après que deux bateaux ont disparu ou coulé au large du Myanmar entre fin juin et début juillet. 

Selon plusieurs organes des Nations unies, ces navires sont partis de l’État d’Arakan et transportaient des personnes fuyant le conflit, les persécutions ou l’aggravation de leur situation humanitaire, dont certaines étaient revenues de camps de réfugiés au Bangladesh. 

Ces deux catastrophes sont survenues dans des conditions de navigation extrêmement dangereuses en raison de la mousson et alertent sur les risques que continuent d’encourir les Rohingyas qui entreprennent de périlleux voyages pour chercher la sécurité.