• 9 Sep 2026
  • Israël et territoire palestinien occupé
  • Communiqué de presse

Israël/TPO. Les restrictions imposées aux transactions commerciales avec les colonies doivent s’accompagner de mesures concrètes visant à mettre fin à l’apartheid et à l’occupation illégale imputables à Israël

En réaction à l’annonce faite par le Canada, le Danemark, l’Espagne, la Finlande, la France, l’Islande, l’Irlande, la Norvège, la Pologne, le Portugal, le Royaume-Uni et la Suède, qui prévoient de restreindre les transactions commerciales avec les colonies israéliennes illégales en Territoire palestinien occupé et envisagent d’autres mesures, Erika Guevara Rosas, directrice générale de la recherche, du plaidoyer, des politiques et des campagnes à Amnistie internationale, a déclaré :

« L’annonce selon laquelle 12 États prévoient d’instaurer des restrictions sur les échanges commerciaux avec les colonies israéliennes, illégales au regard du droit international humanitaire, constitue une avancée bienvenue, bien que tardive, qui doit ouvrir la voie à l’adoption d’autres mesures visant à mettre fin à l’occupation illégale d’Israël et au système institutionnalisé d’apartheid imposé à la population palestinienne. 

« Les mesures annoncées jusqu’à présent, certes importantes, sont loin de répondre aux instructions données en juillet 2024 par la Cour internationale de justice aux États, leur enjoignant de " ne pas prêter aide ou assistance " au maintien de l’occupation illégale du territoire palestinien par Israël.

« La création et l’expansion des colonies – la violence perpétrée par des colons, avec le soutien de l’État, étant désormais un instrument central entraînant déplacement de population et spoliation à une échelle sans précédent sous le gouvernement israélien en place – sont une composante essentielle de la politique d’Israël et ne peuvent être dissociées de son système global d’apartheid.

« Des villages palestiniens entiers risquent de façon imminente d’être rayés de la carte en Cisjordanie, dans le cadre d’une campagne de nettoyage ethnique. Dans le même temps, les Palestinien·ne·s dans la bande de Gaza occupée luttent pour leur survie face au génocide perpétré par Israël.

« Afin de mettre un terme aux violations découlant des colonies illégales, les États ne doivent pas s’arrêter là : ils doivent s’attaquer de front aux infrastructures qui financent, entretiennent et soutiennent l’occupation illégale. Ce qui suppose d’imposer des mesures à des organes clés, dont les ministères du gouvernement israélien, impliqués dans la création, le maintien et l’apport d’aide matérielle aux colonies illégales et à leurs infrastructures, et d’agir de manière efficace en vue de prévenir et de mettre un terme au transfert forcé de Palestinien·ne·s.

« Tous les États doivent affirmer clairement qu’ils ne fourniront plus de soutien politique, financier et militaire contribuant aux violations graves et systématiques du droit international imputables à Israël.

« Ils doivent imposer des sanctions ciblées, notamment des interdictions de voyager et des gels d’actifs, à l’encontre de Benjamin Netanyahou, Bezalel Smotrich, Itamar Ben-Gvir, Israël Katz et Orit Strock, en tant que responsables israéliens directement impliqués dans la campagne de nettoyage ethnique et le transfert forcé des Palestinien·ne·s en Cisjordanie, ainsi que dans le maintien de l’occupation illégale et de l’apartheid. Enfin, ils doivent interdire le transfert d’armes et d’équipements de sécurité risquant de faciliter les violations commises par Israël.

« De leur côté, les États membres de l’UE doivent demander à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, de leur présenter une proposition visant à interdire, à l’échelle de l’UE, toute transaction commerciale avec les colonies, et inciter les principaux États, notamment l’Italie et l’Allemagne, à la soutenir. Enfin, ils doivent passer à la prochaine étape logique et suspendre l’Accord d’association entre l’UE et Israël.

« L’heure n'est plus aux excuses, aux tergiversations ni aux demi-mesures. L’inaction face aux violations massives commises par Israël à l’encontre des Palestinien·ne·s envoie un signal dangereux, à savoir que les États ne sont pas disposés à respecter leurs propres obligations juridiques ; ce qui encourage les autorités israéliennes à continuer de bafouer le droit international en toute impunité, tout en privant les Palestinien·ne·s d’une réelle protection. »