• 5 nov 2026
  • Israël et territoire palestinien occupé
  • Communiqué de presse

Israël/TPO. Israël doit libérer immédiatement Ghassan Najjar, agriculteur palestinien et défenseur des droits à la terre

En réaction à l'arrestation par l'armée israélienne de Ghassan Najjar, agriculteur palestinien et défenseur des terres, lors d’un raid mené avant l'aube le 27 octobre 2026 dans le village de Burin, au sud de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie occupée, Erika Guevara Rosas, directrice générale des recherches, de l’élaboration des lignes de conduite, du travail de plaidoyer et des campagnes à Amnistie internationale, a déclaré : 

« Les autorités israéliennes doivent libérer Ghassan Najjar, arrêté uniquement en raison de son engagement pacifique pour protéger la saison de récolte des olives à Burin. Des agents des services de renseignement israéliens avaient explicitement menacé d’arrêter Ghassan Najjar, cofondateur de la Coopérative agricole de la terre et de l'élevage de Burin, s’il poursuivait ses activités militantes. Il organise entre autres des actions de mobilisation locale, un réseau d’entraide entre agriculteurs par le biais de la coopérative, un festival annuel de cerfs-volants dans le village et de nombreuses initiatives culturelles. Ghassan Najjar faisait l'objet de menaces répétées depuis le début des récoltes d’olives, menaces devenues de plus en plus fréquentes au cours de la semaine précédant son interpellation.

« L’arrestation de Ghassan Najjar illustre la double menace à laquelle sont confrontés les agriculteurs palestiniens et les défenseurs des terres : les restrictions militaires israéliennes et les violences perpétrées par les colons avec l’aval de l’État les empêchent de se rendre sur leurs terres et de récolter les olives, tandis que les autorités israéliennes durcissent la répression sous forme d’arrestations arbitraires, de menaces et d’actes d’intimidation à l’encontre de ceux qui tentent de protéger ce qui reste de leurs terres.

« Un chargé d'interrogatoire de l’armée israélienne a informé l’avocat de Ghassan Najjar que son client risquait d’être placé en détention administrative, une tactique systématiquement utilisée pour sanctionner et persécuter les Palestinien·ne·s en les détenant pour une durée indéfinie, sans inculpation ni procès, sur la base de preuves secrètes auxquelles ils n’ont pas accès. En octobre 2026, on recensait 3 101 Palestinien·ne·s placés en détention administrative. Ghassan Najjar a déjà passé près de 10 ans dans les prisons israéliennes, principalement en détention administrative. Lorsqu’il a été arrêté pour la première fois, il n'avait que 15 ans.

« À l’instar du défenseur palestinien des droits humains Ayman Bani Owda et de nombreux autres Palestinien·ne·s, Ghassan Najjar est harcelé par un système judiciaire discriminatoire qui joue un rôle clé s’agissant de légitimer et maintenir le système d’apartheid et l’occupation illégale. Les États ayant de l’influence sur Israël doivent faire pression afin que tous les Palestinien·ne·s détenus arbitrairement, dont Ghassan Najjar, soient libérés et que le recours à la détention administrative soit abandonné. »

Contexte 

Burin est un village palestinien situé au sud de Naplouse, en Cisjordanie occupée. Depuis plus de 20 ans, il subit des attaques fréquentes de colons israéliens et des raids militaires répétés menés par les forces israéliennes, ce qui affecte considérablement la vie quotidienne et les moyens de subsistance de ses habitant·e·s. Parmi ces agissements, citons les agressions visant les habitant·e·s palestiniens et leurs biens, les dommages causés aux terres agricoles et l'accès restreint des agriculteurs à leurs terres, en particulier pendant la saison de récolte des olives.

Outre son rôle au sein de la Coopérative agricole de la terre et de l'élevage de Burin, Ghassan Najjar, 36 ans, est coordinateur du réseau Sumud, qui soutient les agriculteurs et les bergers, notamment pendant la récolte des olives. Il est actuellement enfermé au centre de détention militaire de Huwara.