Inde. La répression contre des manifestant·e·s pacifiques à New Delhi soulève de vives inquiétudes en termes de droits humains
En réaction à la répression exercée contre des manifestant·e·s à New Delhi qui réclamaient que le système éducatif indien rende des comptes, Aakar Patel, président du bureau exécutif d’Amnistie internationale Inde, a déclaré :
« Les images et les témoignages qui proviennent de la manifestation à Jantar Mantar montrent que la dissidence pacifique est étouffée en Inde. La police aurait fait un usage excessif et injustifié de la force à l’encontre des manifestant·e·s pacifiques et érigé des barricades pour les empêcher d’atteindre le Parlement. Les autorités ont en outre suspendu les services de métro et l’accès à l’Internet mobile, limitant encore l’exercice du droit de se réunir pacifiquement.
« Le rôle des autorités est de protéger et de faciliter les manifestations pacifiques, pas de les réprimer. Le droit à la liberté de réunion pacifique est reconnu par le droit international relatif aux droits humains et la Constitution indienne.
« Les agissements de la police de Delhi soulèvent de vives inquiétudes quant à savoir si son intervention a respecté les principes de légalité, de nécessité et de proportionnalité énoncés dans les normes internationales relatives aux droits humains. Nous demandons à la police de Delhi de faire preuve de retenue et de cesser de recourir illégalement à la force contre des manifestant·e·s pacifiques. Les autorités doivent veiller à ce que toutes les allégations de comportements illégaux, notamment l’usage excessif de matraques, de gaz lacrymogènes et de jets de pierres par les forces de l’ordre, fassent sans attendre l’objet d’une enquête indépendante et impartiale. »
Complément d’information
Les manifestant·e·s, à l’initiative du mouvement de jeunes Cockroach Janta Party (Parti du peuple des cafards, CJP), réclament que les responsabilités soient établies concernant les fuites présumées de sujets d’examens qui ont touché des millions d’étudiant·e·s.
Alors qu’il observait une grève de la faim en soutien à la manifestation, le militant Sonam Wangchuk a été emmené de force par la police de Delhi dans un hôpital le 18 juillet. Il avait entamé son 21e jour de grève de la faim lorsqu’il y a été admis contre son gré.
Le 20 juillet, les manifestant·e·s ont marché vers le Parlement afin de réclamer la démission du ministre fédéral de l’Éducation, Dharmendra Pradhan.
Des utilisateurs·trices de réseaux sociaux ont partagé des vidéos et des témoignages affirmant que la police de Delhi a lancé des pierres sur les manifestant·e·s, fait usage d’une force excessive en leur assénant des coups de matraques, et tiré des grenades lacrymogènes sur la foule pacifique.
En mai 2026, un sujet d'examen lors du NEET-UG (le concours d'entrée en faculté de médecine en Inde) aurait fuité, ce qui a conduit l'organisme responsable à annuler les résultats, obligeant plus de deux millions d'étudiant·e·s à repasser l'épreuve. Cette décision a déclenché un grand mouvement de contestation et les médias locaux ont rapporté que plusieurs étudiant·e·s s’étaient suicidés, du fait du stress intense et de l'incertitude ambiante.
Les manifestant·e·s réclament 10 millions de roupies (91 000 euros) à titre d’indemnisation pour chacune des familles des étudiant·e·s qui se sont suicidés à la suite de la détresse engendrée par les fraudes liées aux examens.