• 27 Aoû 2026
  • États-Unis
  • Communiqué de presse

États-Unis. L'accord de 18 milliards de dollars conclu par Meta doit marquer un tournant et se traduire par des réformes en profondeur des réseaux sociaux afin de protéger les enfants et les jeunes en ligne

En réaction aux informations selon lesquelles l’entreprise Meta a conclu un accord à hauteur de 18 milliards de dollars avec 47 États américains et s’est engagée à apporter des modifications de conception spécifiques axées sur la sécurité à ses applications de réseaux sociaux, suite aux allégations selon lesquelles ses plateformes sont préjudiciables pour les enfants, Justin Mazzola, directeur adjoint de la recherche à Amnistie internationale États-Unis, a déclaré :

« Cet accord marque un tournant, pour Meta, mais aussi pour l'ensemble des plateformes de réseaux sociaux. Elles doivent désormais modifier leur mode de fonctionnement et corriger les fonctionnalités délétères afin de protéger les enfants et les jeunes.

« Depuis des années, Amnistie internationale, la société civile et des personnes affectées mettent en garde contre le fait que les plateformes de réseaux sociaux de premier plan sont conçues pour maximiser l’utilisation et les profits, sans pour autant garantir la protection des droits des enfants.

« Nous saluons le fait que Meta ait proposé, dans le cadre de l’accord, d’apporter des modifications à la conception de ses plateformes, car nous savons que les fonctionnalités addictives des réseaux sociaux peuvent nuire aux enfants en ligne. Cependant, ces changements ne suffisent pas à garantir une plateforme totalement sûre et respectueuse des droits. Par exemple, les fils hyper-personnalisés, dont les recherches d’Amnesty démontrent qu’ils peuvent s’avérer extrêmement dangereux pour les enfants et les jeunes, resteront activés par défaut.

« Amnesty appelle de ses vœux depuis de nombreuses années une refonte de la conception des plateformes. Il faut intégrer la sécurité des enfants et des adolescent·e·s dès le départ, et non l’ajouter après coup, une fois que les préjudices sont constatés. Cette décision adresse un message clair : les entreprises de réseaux sociaux ne peuvent pas ignorer le bien-être et les droits des enfants, et la solution indispensable consiste à modifier en profondeur la conception de leurs produits. Elles doivent désormais poursuivre dans cette voie et prendre de nouvelles mesures afin de repenser entièrement leurs applications, de garantir la sécurité des mineur·e·s et de respecter les droits de tous les utilisateurs·rices. » 

Contexte 

Meta a conclu un accord à l'amiable d'environ 18 milliards de dollars avec 47 États et s'engage à apporter des modifications à ses produits, clôturant ainsi une affaire historique dans laquelle les États accusent les plateformes addictives de l'entreprise de nuire aux enfants et aux jeunes.

Les États avaient initialement intenté une action en justice en 2023, accusant Meta d'enfreindre les lois sur la protection de la vie privée et de concevoir délibérément des produits créant une addiction chez les enfants.

Outre l'amende financière, Meta a accepté d'apporter des modifications à Facebook et Instagram : mise en place par défaut d’une limite de temps de deux heures sur ses applications pour les utilisatrices et utilisateurs de moins de 18 ans, interdiction des fonctionnalités qui causent des problèmes de santé mentale, suppression de l'affichage du nombre de « j'aime » ou de réactions pour les utilisateurs de moins de 18 ans, et renforcement de la surveillance parentale, entre autres changements.

Meta a nié toutes les accusations portées à son encontre et a publié un communiqué annonçant cet accord.