L’avancement de la phase 2 de LNG Canada en Colombie-Britannique est un coup dur pour le climat et les droits des Peuples autochtones estime Amnistie internationale.
Montréal, 29 septembre 2026 - En réaction à la nouvelle, à la veille de de la Journée nationale de vérité et de réconciliation, que la phase 2 du projet de LNG Canada va de l’avant, Ketty Nivyabandi, directrice générale de la section anglophone d’Amnistie internationale Canada, a déclaré :
« Ce que dit la science est clair : nous ne pouvons pas construire plus de projets d’énergie fossile si nous voulons continuer de vivre sur notre planète. La phase 2 de LNG Canada est un recul majeur pour l’action sur le climat et menace le droit de chacun à de l'air, de l’eau et une terre propres et met à risque de fragile écosystèmes, sur lesquels notre existence repose. Notre monde est en état d’urgence climatique. Le Canada devrait faire partie de la solution : malheureusement, il a choisi de faire partie du problème. »
Les affirmations des représentants du gouvernement et de l'industrie selon lesquelles le GNL canadien représente une solution de rechange « plus verte » aux autres sources de combustibles fossiles sont, au mieux, trompeuses. Malgré les promesses faites concernant la limitation des émissions, des défaillances matérielles à la nouvelle usine de traitement d'exportation de GNL Canada à Kitimat, en Colombie-Britannique, ont amené l'installation à pratiquer le « torchage », c'est-à-dire à brûler l'excès de gaz, à un rythme qui dépasse de loin ce qui avait été convenu par l'organisme de réglementation de l'énergie de la province.
Les émissions provenant des torchères de gaz s'ajoutent aux panaches invisibles de produits chimiques toxiques, tels que le benzène et des hydrocarbures partiellement brûlés, qui ont été détectés s'échappant de l'installation de Kitimat.
« Ce projet ne servira pas au plus vulnérables du Canada. Des multinationales détenues par des fonds étrangers vont récolter la majeure partie des profits, pendant que les gens ordinaires - particulièrement les Autochtones en milieu rural ou éloigné - vont souffrir des pires impacts de l’industrie.
Les droits des peuples autochtones exposés à des risques disproportionnés
La phase II de LNG Canada présente des risques disproportionnellement élevés pour les droits et le bien-être des Peuples autochtones dont les territoires sont directement touchés par sa construction. Fin 2025, dans un rapport révélateur sur les impacts locaux dévastateurs des projets de combustibles fossiles à travers le monde, les chercheurs d'Amnistie internationale ont tiré la sonnette d'alarme concernant le projet de construction de six nouvelles stations de compression le long du corridor de LNG Canada. Les stations de compression – qui permettent de pomper le gaz naturel liquéfié dans un pipeline pour en augmenter la capacité – entraînent le rejet de volumes massifs de gaz à effet de serre dans l'atmosphère, ce qui accélère le changement climatique et dégrade gravement la qualité de l'air local.
Au moins deux des nouvelles stations de compression doivent être construites sur le territoire de la nation Wet'suwet'en sans son consentement préalable, libre et éclairé. Les chefs héréditaires wet'suwet'en, au nom de leurs clans, n'ont jamais donné leur consentement pour la construction ou l'exploitation du pipeline Coastal GasLink, y compris pour les stations de compression. L'approbation, la construction, l'exploitation et aujourd'hui l'expansion du pipeline violent les obligations internationales du Canada en matière de droits humains, notamment celles énoncées dans la Déclaration des Nations Unies sur les droits des Peuples autochtones.
Les dirigeants wet’suwet’en et gitxsan ont clairement exprimé leur opposition à la construction de stations de compression sur leurs territoires, et Amnesty International a documenté l’arrestation de plus de 75 défenseurs et défenseuses de la terre, uniquement pour avoir exercé leurs droits autochtones et leur droit à la liberté de réunion pacifique.
Amnistie internationale continuera de surveiller les droits des défenseurs et défenseuses autochtones de la terre, à la lumière de l’annonce de mardi.
« Le Canada a le devoir de consulter de manière significative — et ultimement, d’obtenir le consentement de — non seulement certaines, mais de toutes les Nations autochtones dont les territoires sont touchés par un grand projet de construction », a déclaré France-Isabelle Langlois, directrice générale d’Amnistie internationale Canada francophone. « Tout ce qui est en deçà de cela ne respecte pas nos obligations internationales ni notre devoir de faire progresser la réconciliation avec les peuples autochtones. »
« Nous ne devons pas permettre que l’évolution des relations du Canada avec les États-Unis nous pousse à répéter certains des épisodes les plus douloureux du passé d’exploitation des ressources par extraction de ce pays. »