Arabie saoudite. Près de 100 personnes ont déjà été exécutées cette année, tandis que des dizaines d’autres se trouvent dans le quartier des condamnés à mort pour des infractions à la législation sur les stupéfiants
Les autorités saoudiennes ont mis à mort près de 100 personnes depuis le début de l’année, dont au moins 61 pour des infractions à la législation sur les stupéfiants. La dernière exécution en date a eu lieu le 18 juin. En réaction, Dana Ahmed, spécialiste du Moyen-Orient à Amnistie internationale, a déclaré, lundi 22 juin :
« Nous sommes au milieu de l’année, et l’Arabie saoudite a déjà exécuté près de 100 personnes, jalon sinistre mettant en évidence l’utilisation indéfendable et illégale de la peine de mort par les autorités. Sur les 98 personnes déjà mises à mort en 2026, 61 avaient été condamnées pour des infractions à la législation sur les stupéfiants, un chiffre effarant. Trente-neuf d’entre elles étaient originaires d’autres pays, et 22 étaient de nationalité saoudienne.
« Alors que les gouvernements et les institutions internationales sont de plus en plus conscients de la nécessité de promouvoir une réaction aux questions liées aux stupéfiants qui soit fondée sur des éléments concrets et soit respectueuse des droits, l’Arabie saoudite continue à exécuter des personnes pour des infractions qui ne devraient jamais être passibles de la peine capitale, en vertu du droit international et des normes associées. Au lieu de réfléchir au coût humain de leurs politiques extrêmement punitives, les autorités saoudiennes continuent à procéder à des exécutions à un rythme alarmant, notamment pour des infractions à la législation sur les stupéfiants.
« Ce sont des étrangers qui paient le plus lourd tribut au recours impitoyable de l’Arabie saoudite à la peine de mort pour des infractions à la législation sur les stupéfiants, fréquemment après des procès manifestement iniques. Il est profondément alarmant qu’au moins 63 ressortissants éthiopiens, détenus dans un seul quartier de l’établissement pénitentiaire de Khamis Mushait, dans le sud-ouest de l’Arabie saoudite, risquent d’être exécutés d’un moment à l’autre seulement pour avoir enfreint la législation relative aux stupéfiants. Les craintes pour leur sécurité se sont exacerbées après que sept Éthiopiens ont été exécutés cette année - pour "trafic de haschisch".
« La vague d’exécutions menées par l’Arabie saoudite illustre une tendance mondiale dans laquelle des politiques punitives en matière de stupéfiants donnent lieu à une augmentation du recours à la peine de mort. La communauté internationale doit condamner sans équivoque ces exécutions illégales, et l’Arabie saoudite doit immédiatement instaurer un moratoire sur l’utilisation de ce châtiment cruel et irréversible, à titre de première étape vers l’abolition. »
Complément d’information
Du 1er janvier au 22 juin 2026, l’Arabie saoudite a procédé à 96 exécutions, dont 61 pour des infractions à la législation sur les stupéfiants. Sur les personnes exécutées pour ces infractions, 39 étaient originaires d’Éthiopie (sept), du Pakistan (sept), du Soudan (cinq), de Jordanie (quatre) et de Syrie (trois), entre autres nationalités. Vingt-deux étaient de nationalité saoudienne.
L'Arabie saoudite reste l’un des pays du globe qui exécutent le plus grand nombre de prisonniers. Amnistie internationale a recensé au moins 356 exécutions pour la seule année 2025, le double de 2024 (122).
Entre janvier 2014 et juin 2026, les autorités ont exécuté 2 084 personnes. Les étrangers sont concernés de manière disproportionnée, puisqu’ils ont représenté 75 % des personnes mises à mort après avoir été condamnées pour des infractions liées à la législation sur les stupéfiants en 2024 et 78 % en 2025.
Amnistie internationale s’oppose en toutes circonstances et sans aucune exception à la peine de mort, quelles que soient la nature et les circonstances du crime commis, la culpabilité ou l’innocence ou toute autre situation du condamné, ou la méthode utilisée pour procéder à l’exécution. L’organisation se mobilise en faveur de l’abolition totale de ce châtiment.