• 9 sep 2021
  • International
  • Communiqué de presse

Lutte contre la COVID-19 et droits humains  : États et groupes pharmaceutiques ont tourné le dos à leurs responsabilités

Dans la lutte contre la COVID-19, les États et les entreprises pharmaceutiques continuent à manquer à leurs obligations et à leurs responsabilités en matière de droits humains, a déclaré Amnistie internationale ce jeudi 9 septembre, à l’approche de la 48e session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, qui se tiendra du 13 septembre au 8 octobre 2021.  

Amnistie internationale organise un événement vidéo en direct le 14 septembre 2021, réunissant diverses voix de la société civile et des organes des Nations unies pour faire le point sur la pandémie. L’accent sera mis sur l’analyse de l’incapacité des États et des entreprises pharmaceutiques à faire passer la vie des gens avant l’argent, et les moyens à mettre désormais en œuvre par les gouvernements, les organisations internationales et les groupes pharmaceutiques pour lutter contre la COVID-19. Parmi les intervenantes et intervenants figureront des représentants de haut niveau du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme et de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). 

Agnès Callamard, la secrétaire générale d’Amnistie internationale, à l’initiative de l’événement, a déclaré :  

« Au cours de cette pandémie, nous avons constaté à maintes reprises que les États et les entreprises pharmaceutiques tournaient le dos à leurs obligations et à leurs responsabilités en matière de droits humains dans la lutte contre la COVID-19. Aux ravages provoqués par le virus lui-même est venue s’ajouter cette terrible réalité : aujourd'hui, les marges de profit et les intérêts nationaux priment sur le plus fondamental de nos droits – le droit à la vie.  

« Alors que le variant Delta fait rage et que les cas se multiplient, des milliards de personnes dans les pays à faible revenu n’ont toujours pas accès à la vaccination, et des dizaines de milliers de personnes succombent chaque semaine à cette maladie cruelle. À l’opposé, les pays les plus riches vaccinent les enfants et prévoient de vastes campagnes de rappels de vaccination pour l’ensemble de leur population.  

« Combien devrons-nous voir d’hôpitaux saturés ou de patients au bord de l’asphyxie, manquant désespérément d’oxygène, au Népal, en Inde et dans certaines régions d'Afrique et d’Amérique latine, avant de décider que cela suffit ? Il faut cesser de considérer que certaines vies ont plus de valeur que d’autres, et veiller à ce que les vaccins contre la COVID-19 soient mis à la disposition de tous et toutes, en particulier dans les pays à revenu faible et très faible, où l’accès à la vaccination est limité.  

« Les États riches ont pour obligation, en matière de droits humains, de redistribuer sans délai les doses qu’ils auraient en surplus, et les groupes pharmaceutiques, pour leur part, doivent approvisionner en priorité les pays qui en ont le plus besoin, et partager leurs technologies et leur savoir-faire afin de permettre la mise en place de solides capacités de fabrication au niveau régional. L’Histoire jugera ceux qui n’ont pas fait passer la vie en premier. Tout comme les autres intervenants, Amnistie internationale est déterminée à demander des comptes aux États et aux entreprises. » 

L’événement sera modéré par Mia Malan, rédactrice en chef et directrice exécutive du Bhekisisa Center for Health Journalism, en Afrique du Sud.  

Les intervenantes et intervenants seront notamment :

Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnistie internationale, des représentants de haut niveau du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme, Peter Singer, conseiller spécial auprès du directeur général de l'Organisation mondiale de la santé, et Jibin Theerthakkuzhi Chalil, secrétaire national de l’United Nurses Association, syndicat infirmier indien.