• 22 nov 2021
  • Canada
  • Communiqué de presse

Préoccupations sur la présence de la GRC sur le territoire Wet’suwet’en

Amnistie internationale s’inquiète grandement de l’arrivée, les 17 et 18 novembre derniers, de nouveaux contingents d’agents de la Gendarmerie royale du Canada en territoire Wet’suwet’en au nord de la Colombie-Britannique, venus se joindre aux agents de la GRC et du Groupe d’intervention pour la sécurité de la collectivité et de l’industrie déjà en place. Cette présence policière accrue a semé l’alarme et la peur au sein des communautés et fait monter les tensions existantes. On rapporte déjà de nombreuses arrestations faites par les agents qui sont arrivés aujourd’hui. Nous sommes inquiets qu’il y ait encore d’autres arrestations, et que la situation continue de s’envenimer.

Avant même la situation d’aujourd’hui, des membres de la communauté rapportaient que des agents avaient installé un poste de contrôle au kilomètre 28 du Morice Forest Service Road et empêchaient l’entrée de nourriture et de médicaments destinés aux gens dans le besoin, de même que la circulation des personnes sur le territoire.

Cette escalade des interventions est en contradiction avec les recommandations de décembre 2019 du Comité pour l’élimination de la discrimination raciale des Nations unies, qui demandaient au Canada de retirer ses forces de police et de sécurité de ce territoire.

Une présence policière accrue soulève de grandes inquiétudes quant à la sécurité des défenseur·e·s de la terre Wet’suwet’en et de leurs sympathisant·e·s, surtout lorsqu’on prend en compte les arrestations précédentes, et les rapports indiquant que les agents déployés en 2019 étaient autorisés à utiliser des forces létales pour exécuter l’ordre d’injonction.

Amnistie internationale presse les gouvernements, fédéral et provinciaux, ainsi que la Gendarmerie royale du Canada :

  • De respecter sans délai la recommandation de 2019 du Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale à l’effet que le Canada retire ses services de police et de sécurité des terres traditionnelles des Wet’suwet’en ;
  • De s’assurer que la GRC et les forces de sécurité n’utilisent pas de force létale à l’encontre des défenseurs de la terre Wet'suwet’en ;
  • De respecter leurs obligations internationales en matière des droits humains et de garantir la sécurité des défenseure.s de la terre Wet’suwet’en et de leurs sympathisant·e·s ;
  • De permettre l’accès à la nourriture et aux médicaments essentiels pour les communautés, et la libre circulation des personnes sur le territoire;
  • De travailler avec les chefs héréditaires, les défenseur·e·s de la terre et les sympathisant·e·s Wet’suwet’en pour permettre le passage de nourriture et de médicaments pour les travailleurs isolés de Coastal Gaslink, jusqu’à ce qu’ils puissent quitter ou qu’ils soient évacués des camps de travailleurs.

Nous espérons recevoir bientôt l’assurance que vous agirez sans délai pour respecter ces recommandations et protéger les droits humains des communautés Wet’suwet’en.

Nous restons à votre disposition pour en discuter et répondre à vos questions.

Je vous prie d’agréer, Messieurs les Premiers Ministres du Canada et de la Colombie-Britannique, et Madame la Commissaire de la GRC, l’expression de ma considération respectueuse.

France-Isabelle Langlois
Directrice générale