• 17 Aoû 2026
  • Russie
  • Article d'opinion

Russie. L’homme politique opposé à la guerre Lev Chlosberg condamné à 11 ans et un mois de prison dans un contexte de pression croissante sur son parti Iabloko

Réagissant à la condamnation à 11 ans et un mois d’emprisonnement de Lev Chlosberg, vice-président du parti Iabloko, seul parti politique officiellement enregistré en Russie qui s’est toujours opposé à la guerre d’agression que la Russie mène contre l’Ukraine et qui a fait campagne en faveur d’un cessez-le-feu et de la diplomatie, Marie Struthers, directrice pour l’Europe de l’Est et l’Asie centrale à Amnistie internationale, a déclaré : 

« Pour avoir simplement participé à un débat contre la guerre et partagé une publication sur les réseaux sociaux, Lev Chlosberg a été condamné à plus de 11 ans d’emprisonnement. Il a clairement été poursuivi en justice et condamné arbitrairement à titre de représailles pour avoir exercé son droit à la liberté d’expression en appelant à la paix. 

« L’interdiction de se présenter aux élections législatives de septembre imposée au parti Iabloko est une autre preuve que le pluralisme politique et l’expression d’opinions opposées à la guerre n’ont pas leur place en Russie aujourd’hui. 

« Les autorités russes doivent libérer Lev Chlosberg immédiatement et sans condition et annuler sa condamnation. Elles doivent abroger la législation érigeant en infraction l’expression pacifique d’opinions opposées à la guerre, mettre un terme à la persécution des membres et sympathisant·e·s du parti Iabloko et respecter les droits aux libertés d’expression, d’association, de réunion pacifique et de participation politique de l’ensemble de la population russe. » 

Dans sa dernière déclaration prononcée lors du procès, Lev Chlosberg a déclaré que « des milliers et des milliers » de personnes avaient été prises pour cible en Russie en raison de leurs convictions « pacifiques, non violentes et humanistes ». Il a conclu : « En réalité, dans cette salle d’audience, je suis la Fédération de Russie, qui a été mise en cage et qu’ils veulent réduire au silence. » 
 

Complément d’information 

Le 17 août 2026, le tribunal municipal de Pskov a condamné Lev Chlosberg, homme politique russe chevronné, journaliste et vice-président du parti Iabloko, à 11 ans et un mois d’incarcération dans une colonie pénitentiaire. Il était poursuivi au titre de l’article 280.3(1) du Code pénal russe pour « discréditation répétée des forces armées russes » et de l’article 207.3(2)(d) pour « diffusion délibérée de fausses informations au sujet des forces armées russes ». Les accusations sont liées à sa participation à un débat en ligne sur la guerre contre l’Ukraine et à son partage sur les réseaux sociaux d’une publication affichant une une du Daily Mirror montrant Vladimir Poutine et une femme ukrainienne couverte de sang. 

Le procès de Lev Chlosberg s’est achevé dans un contexte de pression croissante sur le parti Iabloko. Le 10 août 2026, la Cour suprême de Russie avait interdit au parti de présenter aux prochaines élections législatives. Iabloko a fait appel de la décision et au moins 30 de ses sympathisant·e·s ont été arrêtés devant la Cour suprême à Moscou le jour de l’audience en appel le 17 août.