UNE ORGANISATION DE DÉFENSE DES DROITS HUMAINS EN DANGER
CONTEXTE
Le 22 juillet 2025, le domicile de Dora Roblero, directrice du Centre des droits humains Fray Bartolomé de Las Casas (Frayba) à San Cristóbal de las Casas, a été cambriolé par des inconnus. Après des mois d’attaques de ce type, les mesures prises pour la protéger sont considérées comme insuffisantes. Nous exhortons le secrétariat général de l’État du Chiapas et le sous-secrétaire aux Droits humains, à la Population et à la Migration à mettre en œuvre toutes les mesures de protection qui s’imposent pour Dora Roblero et les membres de Frayba
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Le Chiapas fait partie des États qui posent le plus de difficultés aux autorités mexicaines. Il présente l’un des plus hauts niveaux de pauvreté, de violence et de conflits internes du pays.
Les défenseur·e·s des droits humains qui travaillent dans cet État sont également exposés à de graves dangers. Le Centre mexicain du droit de l’environnement a indiqué dans son rapport de 2025 que le Chiapas se classe troisième en nombre d’attaques visant des personnes qui défendent les droits relatifs à l’environnement. Au cours des cinq dernières années, cette organisation a recensé 587 faits d’agression, 1 428 attaques ciblées et 112 attaques meurtrières au Mexique. Les entités fédérales ayant enregistré le plus d’agressions sur cette période sont l’État d’Oaxaca (97 agressions), la ville de Mexico (56), le Chiapas (50), l’État du Jalisco (48) et celui de Chihuahua (38).
En 2025, l’Observatoire pour les défenseur·e·s des droits humains au Chiapas a dénombré 217 agressions contre des défenseur·e·s des droits humains.
Le travail réalisé par le CDH Frayba depuis 1989 a joué un rôle essentiel de collecte d’informations sur les graves atteintes aux droits humains commises dans cet État, et de publication de celles-ci. En raison du risque élevé qu’ils encourent, la Commission interaméricaine des droits de l’homme a prononcé depuis 2010 des mesures conservatoires pour les membres de cette organisation de défense des droits humains. Au vu des dernières attaques en date signalées par des membres du CDH Frayba, il apparaît que les mesures de sécurité mises en œuvre par les autorités mexicaines sont insuffisantes pour garantir leur sécurité.
Le 26 avril 2025, Amnesty International et d’autres organisations de la société civile ont déjà dénoncé les déclarations stigmatisantes de l’ancien président du Mexique, Andrés Manuel López Obrador, à l’encontre du CDH Frayba.
Le CDH Frayba soutient actuellement des cas exposant ses membres à des risques, ce qui signifie que la menace d’une attaque est constante et omniprésente.
D’autres organisations de défense des droits humains ont également été prises pour cible récemment. En mars 2026, le Centre des droits humains Fray Matías de Córdova a subi deux raids dans ses bureaux.
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Crédit photo : Amnesty International
LETTRE À ENVOYER
Monsieur le directeur général du Mécanisme de protection des défenseur·e·s des droits humains et des journalistes,
Je souhaite vous faire part de ma vive inquiétude concernant l’attaque qui a visé Dora Roblero, directrice du Centre des droits humains Fray Bartolomé de Las Casas (CDH Frayba), le 22 juillet 2025. Selon les informations recueillies par Amnesty International, lorsque Dora Roblero est rentrée chez elle ce jour-là, elle a trouvé la porte d’entrée fracturée et d’autres traces d’intrusion. Elle a immédiatement sollicité des mesures d’urgence par le biais du Mécanisme fédéral de protection des défenseur·e·s des droits humains et des journalistes. Cependant, d’après Dora Roblero, la réaction des pouvoirs publics a été lente et inefficace.
Le Centre des droits humains Frayba a signalé plus de 60 faits, notamment de harcèlement, d’intimidation et de surveillance ayant visé ses membres au cours de l’année écoulée. Malgré cela, le Centre des droits humains Frayba signale que les autorités mexicaines n’ont toujours pas fourni toutes les mesures de protection auxquelles elles avaient consenti, ni enquêté sur les attaques. Si certaines des mesures de protection relevant du Mécanisme de protection des défenseur·e·s des droits humains et des journalistes ont été appliquées depuis ces événements, la mise en œuvre d’actions clés visant à garantir la sécurité des bureaux de Frayba se fait attendre. Ces lacunes compromettent grandement l’efficacité des mesures.
Amnesty International demande que le Mécanisme fédéral de protection des défenseur·e·s des droits humains et des journalistes respecte pleinement le plan de sécurité mis en place afin de garantir la sécurité de Dora Roblero et des membres du Centre des droits humains Frayba, et qu’une approche collective soit adoptée pour les évaluations ultérieures, tandis que les autorités mènent une enquête approfondie sur ces attaques afin d’amener les responsables présumés devant la justice.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le directeur général, l’expression de ma haute considération.
APPELS À
Felix Arturo Medina Padilla
Subsecretario de Derechos Humanos, Población y Migración
X : @arturomedinap
Courriel : subsedhpm@segob.gob.mx
Abraham González 48, Colonia Juárez,
Alcaldía Cuauhtémoc.
06600 Mexico City, Mexique