UNE DEMANDEUSE D’ASILE SOUFFRANT D’UN KYSTE OVARIEN DOIT ÊTRE LIBÉRÉE
CONTEXTE
Andrea Pedro-Francisco, une femme originaire du Guatemala en quête d’asile, a été arrêtée par le Service de contrôle de l’immigration et des douanes (ICE) des États-Unis à Minneapolis, dans le Minnesota, le 5 février 2026. Elle est actuellement détenue au centre de traitement des services d’El Paso, au Texas. Elle souffre d’un kyste ovarien volumineux qui devait être retiré le 11 février. En l’absence de soins médicaux adaptés en détention, son état de santé se dégrade rapidement, ce kyste lui causant notamment des douleurs extrêmes au ventre et en bas du dos. Amnesty International demande qu’elle soit libérée immédiatement, et dans l’attente, que les autorités lui fournissent sans délai des soins adéquats afin de prévenir toute détérioration supplémentaire de sa santé et son possible décès.
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Andrea Pedro-Francisco, âgée de 23 ans, est arrivée du Guatemala aux États-Unis en 2019 et a déposé une demande d’asile. Le 5 février 2026, elle a été arrêtée par le Service de contrôle de l’immigration et des douanes (ICE) des États-Unis à Minneapolis, dans le Minnesota. Son arrestation a eu lieu dans le cadre de l’opération d’application des lois sur l’immigration menée avec brutalité dans le Minnesota, baptisée « Metro Surge », lors de laquelle plus de 3 000 agents fédéraux ont été envoyés dans cet État. Cette opération a donné lieu à un recours excessif à la force, y compris meurtrière, et au profilage racial des populations noires, hispaniques et d’autres personnes racisées, ainsi qu’à d’autres violations des droits humains commises à l’encontre des citoyen·ne·s qui observaient l’activité des agents de l’immigration et ont organisé de grandes manifestations en réaction.
Après son arrestation, Andrea a été transférée au Camp East Montana, centre de détention des services de l’immigration situé à El Paso, au Texas. En mars, elle a de nouveau été transférée, au centre de traitement des services d’El Paso (EPSPC), où elle reste actuellement détenue. L’EPSPC est un centre de détention de l’ICE situé dans la ville texane d’El Paso. Amnesty International a mené des recherches et relevé des conditions de détention inadaptées dans cet établissement, notamment de l’insalubrité, des violences et des mauvais traitements. Ces recherches ont également permis de déterminer que les personnes détenues à l’EPSPC sont confrontées à de graves obstacles à l’accès à des soins médicaux adéquats, notamment l’absence de traitement et des retards dans l’examen et la prise en charge de problèmes de santé.
Sous le gouvernement de Donald Trump, le recours à la détention liée à l’immigration aux États-Unis a fortement augmenté. En février 2026, plus de 68 000 personnes étaient détenues par l’ICE – un chiffre largement considéré comme une sous-estimation parce qu’il n’inclut pas les milliers de personnes se trouvant dans des centres de traitement de l’ICE de courte durée, des bureaux de terrain de l’ICE, en détention provisoire dans le système fédéral ou dans d’autres établissements. À l’heure où le gouvernement étend la capacité d’hébergement des centres de détention de l’ICE, les conditions de détention se détériorent très fortement. Au moins 14 personnes sont mortes en détention aux mains de l’ICE depuis début octobre 2025.
L’ICE a adopté des lignes directrices selon lesquelles les personnes entrées aux États-Unis de manière irrégulière ne peuvent prétendre au droit d’obtenir une libération sous caution. Cela signifie qu’elles sont forcées de rester en détention pendant toute la durée de leur procédure d’expulsion. Cette mesure concerne des personnes ayant déposé une demande d’asile, qui sont désormais détenues jusqu’à ce que leur dossier soit traité. En vertu du droit international, la détention liée à l’immigration ne doit pas être imposée de manière automatique et les personnes en quête d’asile ne doivent pas être sanctionnées pour la manière dont elles sont arrivées dans un pays. Elles ne doivent par ailleurs pas être expulsées avant que leur demande d’asile ait été examinée en bonne et due forme dans le cadre d’une procédure équitable de détermination du statut de réfugié.
L’adoption, en juillet 2025, de la loi budgétaire de 2025, baptisée « One Big Beautiful Bill » par Donald Trump, a fait passer à 150 milliards de dollars le budget de l’application des lois relatives à l’immigration pour mener à bien son plan de détentions et d’expulsions à grande échelle, dont 45 milliards de dollars pour l’extension de la détention par l’ICE. Il est essentiel de veiller à ce que les personnes ne soient pas détenues arbitrairement, que les établissements où les droits humains sont bafoués rendent des comptes, et que les personnes en détention reçoivent les soins médicaux dont elles ont besoin pour survivre. Les autorités des États-Unis doivent mettre fin à leur système d’expulsions et de détention massives.
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Crédit photo : avocat de Andrea
LETTRE À ENVOYER
Madame la Directrice,
J’ai appris avec préoccupation qu’Andrea Pedro-Francisco, citoyenne guatémaltèque ayant déposé une demande d’asile aux États-Unis, a été arrêtée le 5 février 2026 à Minneapolis, dans le Minnesota. Encore plus inquiétant, elle a été transférée au Camp East Montana, centre de détention des services de l’immigration situé à El Paso, au Texas, à plus de 1 800 km de son domicile. En mars, elle a de nouveau été transférée, au centre de traitement des services d’El Paso (EPSPC).
Cette jeune femme souffre d’un kyste ovarien volumineux qui lui cause des douleurs abdominales extrêmes et présente un risque grave pour sa santé reproductive. Elle a besoin d’une biopsie pour déterminer si son kyste est cancéreux ainsi que d’une opération chirurgicale pour le retirer. Une intervention était programmée le 11 février pour l’ablation de ce kyste, mais son arrestation par l’ICE l’a empêchée.
Andrea était gravement malade lorsqu’elle est arrivée au Camp East Montana et a dû être hospitalisée. Le médecin qui l’a prise en charge a confirmé qu’il fallait qu’elle soit opérée, mais il a déclaré qu’il ne procéderait pas à cette intervention car elle était détenue par les services de l’immigration. Il lui a donc prescrit des médicaments pour traiter ses symptômes, mais elle ne les a jamais obtenus. Selon les informations reçues par Amnesty International, Andrea a extrêmement mal au ventre et en bas du dos, à tel point qu’elle n’arrive pas à dormir. Elle a des bouffées de chaleur, des frissons et des vertiges.
Il est vraiment inquiétant qu’Andrea n’ait pas reçu de soins médicaux adaptés depuis qu’elle est détenue et qu’elle attende toujours d’être opérée. Son état nécessite des soins médicaux urgents qui ne peuvent lui être prodigués comme il se doit qu’en dehors d’un centre de détention. En l’absence de soins adaptés et d’une opération urgente pour retirer son kyste, elle risque de graves complications médicales, dont la perte de son ovaire, une infertilité et le développement d’autres pathologies graves qui peuvent être évitées.
Andrea a besoin de soins médicaux de toute urgence et son état de santé s’aggrave de jour en jour. Je vous supplie de faire le nécessaire pour qu’Andrea soit libérée immédiatement et qu’elle bénéficie des soins médicaux dont elle a besoin en urgence.
Veuillez agréer, Madame la Directrice, l’expression de ma haute considération.
APPELS À
Marisa Flores, directrice du bureau local de l’ICE à El Paso
11541 Montana Ave, Suite E
El Paso, TX, 79936, États-Unis
Courriel : ElPaso.Outreach@ice.dhs.gov