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LE JOURNALISTE BLESSÉ ET DÉTENU PAR L’ICE DOIT ÊTRE LIBÉRÉ

CONTEXTE

Richard Parias se présente comme un « journaliste citoyen » couvrant des sujets à Los Angeles, en Californie, notamment les mesures relatives à l’immigration. Le 21 octobre 2025, alors qu’il partait de chez lui en voiture, des agents de l’immigration masqués, qui l’attendaient dans des véhicules banalisés, ont encerclé sa voiture avec leurs véhicules et lui ont tiré dans le bras. Il est détenu au centre de l’ICE d’Adelanto depuis près d’un an et il ne bénéficie pas de soins médicaux adéquats pour sa blessure par balle qui est enflée et qui lui cause des douleurs intenses et persistantes. Nous demandons la libération immédiate de Richard Parias afin qu’il puisse recevoir des soins médicaux sans plus attendre, et que son droit à la liberté d’expression soit protégé.

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Carlitos Ricardo Parias, également connu sous le nom de Richard, se décrit comme un « journaliste citoyen » et il vit à Los Angeles, en Californie. Il a la nationalité mexicaine, mais il a déposé une demande de visa et vit aux États-Unis depuis 2002. Il a plus de 126 000 abonnés sur TikTok, et un membre du conseil municipal de Los Angeles l’a salué pour ses reportages sur le terrain, notamment sur les opérations de contrôle de l’immigration, et il est bien connu au sein de sa communauté. En juin 2025, des agents fédéraux l’ont agressé alors qu’il filmait et suivait un véhicule de l’ICE, vêtu d’un gilet portant la mention « PRESSE ». Selon certaines informations, des passant·e·s seraient intervenus et l’auraient emmené se faire soigner, et les agents fédéraux ne l’auraient pas poursuivi ce jour-là.

Le 21 octobre 2025, des agents fédéraux de l’immigration masqués l’ont attendu dans des véhicules banalisés devant son domicile. Alors qu’il s’en allait en voiture, des agents de l’ICE ont encerclé son véhicule. Lorsqu’ils sont sortis de leur voiture et se sont approchés de lui, l’un des agents a tiré sur lui depuis le côté passager, le blessant grièvement au bras. Carlitos Ricardo Parias a été hospitalisé pendant quelques jours durant lesquels le gouvernement l’a inculpé pour « coups et blessures contre un agent fédéral », et l’ICE a émis un mandat de détention contre lui. Cette accusation est souvent utilisée par les services de l’immigration contre des membres immigrés de certaines communautés afin de les présenter comme des délinquants violents, mais cette accusation est fréquemment jugée infondée par les tribunaux.

Bien que deux juges fédéraux aient ordonné la libération sous caution de Carlitos Ricardo Parias pour l’accusation de coups et blessures, le 24 novembre, les U.S. Marshals l’ont transféré sous la garde de l’ICE au centre de l’ICE d’Adelanto. En décembre, le juge fédéral présidant son procès au pénal a rejeté les chefs d’accusation, le gouvernement n’ayant pas respecté les droits constitutionnels de Carlitos Ricardo Parias à un procès équitable. Le gouvernement a formé un recours contre cette décision.

Carlitos Ricardo Parias continue d’être détenu arbitrairement au titre de la politique du gouvernement de Donald Trump qui ne permet pas la libération sous caution pour les personnes entrées dans le pays sans avoir été contrôlées. Une injonction bloque la mise en œuvre de cette politique dans le district fédéral où Carlitos Ricardo Parias est détenu, mais il reste pourtant détenu illégalement. Cette politique sera bientôt examinée par la Cour suprême des États-Unis.

Le centre de l’ICE d’Adelanto est un centre de détention pour personnes migrantes dont plusieurs organisations, dont Amnesty International, ont demandé la fermeture en raison de préoccupations liées aux droits humains. Quatre personnes sont mortes à Adelanto depuis septembre 2025. Carlitos Ricardo Parias y est détenu depuis près d’un an et ne bénéficie que de soins médicaux minimaux pour soulager ses douleurs persistantes et le gonflement causé par ses blessures par balle. Ses avocats ont expliqué à Amnesty International que son bras « est enflé et a une couleur anormale », même 10 mois après les coups de feu. Pendant sa détention, Carlitos Ricardo Parias a dit qu’à Adelanto l’eau de boisson est insalubre et contient des vers.

Depuis janvier 2025, le gouvernement de Donald Trump s’en est pris à plusieurs reprises à des journalistes qui couvrent ses agissements. Parmi les exemples de ces attaques figurent l’expulsion de Mario Guevara, journaliste et demandeur d’asile établi aux États-Unis qui rendait compte des opérations de l’ICE ; l’arrestation d’Estefany Rodriguez, journaliste et demandeuse d’asile basée aux États-Unis ; les poursuites judiciaires engagées contre la journaliste Georgia Fort et d’autres journalistes ayant couvert des manifestations contre l’ICE à Cities Church, dans le Minnesota ; les assignations à comparaître émises contre des journalistes du New York Times et du Wall Street Journal afin d’obtenir leurs sources et de leurs relevés téléphoniques ; la perquisition et la saisie de matériel professionnel et personnel par le FBI au domicile d’une journaliste de Washington ; la création d’un site Internet par la Maison-Blanche pour attaquer des journalistes et des médias ; ou encore l’instrumentalisation de la Commission fédérale des communications pour approuver des licences et des fusions de médias sur la base du rejet des initiatives en faveur de la diversité, de l’équité et de l’inclusion.

Le ciblage actif et le dénigrement de journalistes et de médias par des personnes qui détiennent le pouvoir est une pratique autoritaire courante. Le contrôle narratif et le musèlement de la dissidence ou des médias non alignés sont des stratégies utilisées pour agir sans rendre de comptes. Les droits à la liberté d’expression et à la liberté de la presse permettent au public d’amener les dirigeant·e·s à assumer leurs responsabilités ; si ces libertés ne sont pas pleinement respectées, les dirigeant·e·s sont encore plus poussés à agir en toute impunité.

LANGUE À PRIVILÉGIER POUR LA RÉDACTION DE VOS APPELS : anglais

Vous pouvez également écrire dans votre propre langue.

Crédit photo : Privé via Amnesty International

LETTRE À ENVOYER

Monsieur le Directeur,

Je vous écris pour demander la libération du « journaliste citoyen » Carlitos Ricardo Parias Ramales (A#246-059-603). Je suis extrêmement préoccupé(e) par le recours excessif à la force et le manque de soins médicaux dont Carlitos Ricardo Parias Ramales a fait l’objet.

En octobre 2025, des agents fédéraux de l’immigration masqués ont tiré sur Carlitos Ricardo Parias Ramales et l’ont grièvement blessé alors qu’ils tentaient de l’arrêter devant son domicile pour des motifs liés à l’immigration. Comme c’est maintenant souvent le cas avec les violences commises par l’ICE, les agents ont affirmé qu’il avait agressé un agent fédéral. Alors qu’il se trouvait à l’hôpital, il a été inculpé de coups et blessures pour cette raison, et placé sous la garde des U.S. Marshals, alors qu’il avait besoin de soins médicaux continus.

Un juge fédéral a finalement rejeté les chefs d’accusation de coups et blessure, le gouvernement n’ayant pas respecté les droits constitutionnels de Carlitos Ricardo Parias Ramales à un procès équitable. Mais alors qu’il se trouvait sous la garde des U.S. Marshals, il a été transféré sous la garde de l’ICE, ce qui est actuellement toujours le cas.

Carlitos Ricardo Parias Ramales est détenu dans le centre de l’ICE d’Adelanto où sont commis des actes cruels et des mauvais traitements et où quatre personnes sont mortes depuis septembre 2025. L’ICE continue de le détenir au titre de la politique du gouvernement de Donald Trump interdisant la libération sous caution pour les personnes entrées dans le pays sans avoir été contrôlées. Or, Carlitos Ricardo Parias Ramales est détenu dans une juridiction où cette politique fait l’objet d’une injonction, ce qui rend sa détention à la fois arbitraire et illégale.

Comme il est privé de soins médicaux adéquats, il continue de souffrir de sa blessure par balle qui est enflée. Malgré cela, il continue de s’exprimer et de tirer la sonnette d’alarme concernant le traitement et les soins pour les autres personnes détenues à Adelanto, notamment au sujet de la présence de vers dans l’eau potable.

Je crains que Carlitos Ricardo Parias Ramales n’ait été pris pour cible par l’ICE en raison de son activité de « journaliste citoyen », ainsi qu’il se définit lui-même. Quelques mois avant son arrestation, des agents fédéraux l’avaient agressé physiquement alors qu’il couvrait une opération de contrôle de l’immigration et portait son gilet « PRESSE ». Son arrestation et sa détention s’inscrivent dans un contexte plus large d’érosion des droits humains aux États-Unis, notamment du droit à la liberté d’expression, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des centres de détention.

Je vous appelle à libérer immédiatement Carlitos Ricardo Parias Ramales afin qu’il puisse recevoir les soins médicaux dont il a absolument besoin et retrouver sa communauté, où il pourra continuer à exercer son droit à la liberté d’expression.

Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l’expression de ma haute considération.

Écrire à:

Thomas Giles, directeur du bureau local de l’ICE - Thomas Giles, ICE Field Office Director

300 North Los Angeles St., Room 7631

Los Angeles, CA 90012, États-Unis 

LosAngeles.Outreach@ice.dhs.gov