• États-Unis

IL FAUT FERMER UN CENTRE DE DÉTENTION POUR MINEUR·E·S

CONTEXTE

Un accord a été conclu avec le Service de contrôle de l’immigration et des douanes (ICE) concernant l’ouverture d’un centre de détention pour mineur·e·s et familles dans un parc aérien d’Alexandria, en Louisiane. Cet établissement de 528 places prévoit d’accueillir des enfants et des familles dans un des sites les plus pollués des États-Unis, où le niveau de contamination est 5 000 fois supérieur aux limites recommandées. Non seulement il procèderait à la détention et à l’expulsion de mineur·e·s et de familles, mais il leur inflige en outre de mauvaises conditions sanitaires. Nous demandons aux autorités de fermer ce lieu de détention.

PASSEZ À L’ACTION : ENVOYEZ UN APPEL EN UTILISANT VOS PROPRES MOTS OU EN VOUS INSPIRANT DU MODÈLE DE LETTRE CI-JOINT.

Le parc aérien de l’England Airpark, à Alexandria, en Louisiane, est une ancienne base aérienne militaire où est actuellement établi l’aéroport international d’Alexandria. En février 2026, le bureau exécutif de l’England Airpark a signé un contrat de cinq ans concernant la conversion des anciennes casernes de l’armée de l’air en établissement de rétention de mineur·e·s et de familles. Ce centre, qui proposerait 528 places, est censé fournir un hébergement à court terme dans une optique d’expulsion rapide de mineur·e·s et de familles directement depuis le parc aérien attenant. Cependant, sous l’administration Trump, la pratique consistant à détenir des familles pour des périodes prolongées est devenue monnaie courante, certaines familles avec enfants étant détenues pendant des mois, parfois plus d’un an.

La proposition concernant la construction d’une nouvelle structure serait une extension d’un centre existant qui est l’un des lieux d’expulsion les plus actifs du pays. En juin 2025, tandis que les renvois par avion atteignaient leur plus haut niveau depuis cinq ans, Alexandria était en première place des principaux sites d’expulsion hors du pays, avec en moyenne 14 vols par jour pour toute l’année 2025. Il est par ailleurs établi que les installations existantes du parc aérien ont été le théâtre d’urgences sanitaires, ainsi que de violations des droits de procédure ; environ 20 % des 28 000 personnes détenues sur place y ont ainsi été retenues au-delà de la limite fixée à 72 heures.

Parce qu’il s’agit d’une ancienne base de l’armée aérienne, les sols sur lesquels il est proposé de construire l’établissement proposé font partie des plus contaminés aux États-Unis. Les concentrations de substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées (PFAS) détectées dans les sols sont environ 575 000 fois plus élevées que la limite fédérale pour les nappes phréatiques. Y ont également été relevées des traces de trichloréthylène, un contaminant associé à de graves problèmes de santé, notamment des cancers et des lésions au foie.

L’Académie étasunienne de pédiatrie estime que tout placement en détention, même pour une brève période, a des conséquences à long terme sur les enfants - stress post traumatique, anxiété, dépression, et idées suicidaires, entre autres.

Les pratiques en vigueur dans l’établissement suscitent par ailleurs des inquiétudes quant aux droits de procédure. Aux États-Unis, les mineur·e·s non accompagnés sont placés sous la garde du Bureau de réinstallation des réfugié·e·s (ORR). L’ORR n’est cependant pas impliqué dans le projet actuel, et les mineur·e·s concernés sont placés sous la responsabilité de l’ICE. Ce changement suscite des craintes, car la prise en charge par l’ORR de mineur·e·s non accompagnés s’accompagne de consignes fédérales strictes et de l’octroi de droits. Un enfant détenu par l’ICE en dehors de la procédure habituelle risque de ne pas bénéficier des mêmes garanties de protection juridique, qui empêchent que les mineur·e·s ne soient expulsés de force du pays. Par ailleurs, l’ICE a déjà enfreint le Flores Settlement Agreement, un décret convenu en 1997 établissant des normes minimum concernant le traitement, le placement et la libération des mineur·e·s détenus par les services d’immigration aux États-Unis.

LANGUE À PRIVILÉGIER POUR LA RÉDACTION DE VOS APPELS : anglais

Vous pouvez également écrire dans votre propre langue.

Crédit photo : Privé via Amnesty International

LETTRE À ENVOYER

Monsieur,

Je vous écris afin d’exprimer la vive inquiétude que m’inspire votre accord, conclu avec la LaSalle Family Foundation, visant à permettre la mise en fonctionnement d’un centre de détention de l’ICE sur le site de l’England Airpark. J’ai appris avec préoccupation que ce centre est utilisé pour la détention de mineur·e·s et de familles migrants. Comme vous le savez certainement, priver de liberté des mineur·e·s et des familles à des fins de contrôle de l’immigration constitue une violation des droits humains.

Il est alarmant d’apprendre que les nappes phréatiques se trouvant sous le parc aérien présentent une concentration de substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées (PFAS) 575 000 fois supérieure à la limite fixée au niveau fédéral pour l’eau potable, ce qui fait de ce site l’un des plus contaminés des États-Unis. Chez les enfants, l’exposition aux PFAS est liée à une réduction du développement cognitif, moteur et du langage, à une augmentation des problèmes comportementaux, ainsi qu’à un risque accru de maladies inflammatoires de l’intestin.

Je déplore en outre vivement que des violations soient attribuées de longue date à LaSalle Corrections, la société mère de la LaSalle Family Foundation, dans ses établissements à travers la Louisiane. En octobre 2025, un jury a accordé 42,75 millions de dollars à la famille d’un homme tué dans un établissement pénitentiaire de la société LaSalle quand des gardiens lui ont fracassé la tête contre un sol en béton. En janvier 2024, dans un autre établissement administré par LaSalle, des gardiens ont pulvérisé sans discernement du gaz poivre dans un dortoir de 200 personnes, et ont coupé l’eau et l’électricité à toute l’unité, à titre de représailles pour une grève de la faim. Il s’agit de seulement deux exemples sur la longue liste d’abus recensés dans ces établissements.

Tout enfant a le droit d’être à l’abri de la peur et des préjudices. Un établissement tel que celui-ci ne respecte l’intérêt supérieur de personne, ni même celui de la réputation de la Louisiane, qui devrait s’efforcer de respecter les normes internationales en matière de droits humains.

Je vous exhorte à mettre fin à la collaboration du parc aérien England Airpark avec l’ICE, à annuler le contrat avec la LaSalle Family Foundation, et à fermer le centre de détention en opération dans le parc aérien.

Je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de ma haute considération.

Écrire à:

Executive Director Ralph Hennessy

England Air Park Board of Commissioners

1611 Arnold Drive

Alexandria, LA 71303 

Courriel : rhennessy@englandairpark.org