• Cuba

UN PRISONNIER D’OPINION PUNI À RÉPÉTITION

CONTEXTE

Le prisonnier d’opinion cubain Roberto Pérez Fonseca purge une peine de 10 ans de prison pour avoir participé aux manifestations de juillet 2021. Sa famille fait état de placements répétés en cellule disciplinaire, de restrictions concernant les contacts avec ses proches et d’une détérioration de son état de santé due à des maladies chroniques et à des soins médicaux inadaptés. Il risque toujours de subir des mauvais traitements. Amnesty International demande sa libération immédiate et inconditionnelle ; dans l’attente, il doit bénéficier de soins médicaux adéquats et de contacts réguliers avec sa famille, et doit être protégé contre toute nouvelle mesure punitive et tout mauvais traitement.

PASSEZ À L’ACTION : ENVOYEZ UN APPEL EN UTILISANT VOS PROPRES MOTS OU EN VOUS INSPIRANT DU MODÈLE DE LETTRE CI-JOINT.

Roberto Pérez Fonseca a été condamné en octobre 2021 à 10 ans de prison pour avoir participé aux manifestations du 11 juillet 2021. En octobre 2024, Amnesty International l’a désigné comme prisonnier d'opinion. Le Groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire a conclu que sa détention était arbitraire, dès lors qu’il n’avait fait qu’exercer pacifiquement ses droits à la liberté de réunion, d’association, d’opinion et d’expression, et que ses droits à un procès équitable avaient été bafoués.

Amnesty International a indiqué en février 2026 que Roberto Pérez Fonseca souffre de graves affections chroniques qui se sont progressivement aggravées en prison. D’après les informations que lui a fournies le Centre de documentation sur les prisons cubaines (Centro de Documentación de Prisiones Cubanas), un programme de l’association à but non lucratif Initiative pour la recherche et le plaidoyer, il a subi toute une série d’atteintes présumées à ses droits en prison : placements répétés en cellule disciplinaire, soins médicaux adaptés refusés ou retardés, violences physiques, restrictions des communications avec sa famille, ainsi que d’autres formes de mauvais traitements. Selon l’Institut cubain pour la liberté d'expression et de la presse (Instituto Cubano por la Libertad de Expresión y Prensa, ICLEP), qui cite sa famille, jusqu’en septembre 2026, il avait été placé à l’isolement au moins 10 fois au cours de ses cinq années de détention.

D'après les informations fournies par le Centre de documentation sur les prisons cubaines, Roberto souffre d'un ulcère duodénal, d'une œsophagite aiguë, d'une duodénite et d’une infection par Helicobacter pylori. En janvier et février 2026, sa famille a indiqué qu’il continuait de souffrir et ne bénéficiait d’aucun traitement médical adapté. Après être tombé d'un lit superposé à trois niveaux au mois de mars, Roberto aurait souffert de vomissements, de douleurs et de difficultés respiratoires, et serait resté plusieurs jours sans recevoir aucun soin. Les informations transmises font aussi état d’incidents antérieurs de placement en cellule disciplinaire et de mauvais traitements subis pendant son incarcération.

Ces pratiques se sont poursuivies et accentuées en septembre. D’après les informations recueillies par le Centre de documentation sur les prisons cubaines, un prisonnier a agressé Roberto devant les gardiens le 8 septembre et l'a menacé avec une arme tranchante lorsqu’il a tenté de se défendre. L'agresseur présumé n'ayant pas été sanctionné, Roberto a manifesté dans la cour de la prison en brandissant un drap sur lequel il avait inscrit « Patrie et Vie » et « À bas la dictature ». Les autorités carcérales ont réagi en l’enfermant dans une cellule disciplinaire. Le 12 septembre, il a été transféré au poste médical de la prison en raison de ses problèmes de santé. D'après les informations reçues, le directeur de la prison l’a alors informé qu'il serait remis en cellule disciplinaire dès que son état de santé se serait amélioré. Il y a été renvoyé 18 septembre. Puis, il en est ressorti parce que son état se détériorait. En outre, sa famille dénonce des restrictions sévères concernant leurs échanges et les droits de visite.

D’après les informations reçues, la famille de Roberto subit des pressions. Sa mère ne cesse de réclamer publiquement qu’il soit libéré et bénéficie de soins médicaux adaptés. Le 3 février 2026, des agents des services de la sûreté de l’État auraient mis en place une surveillance devant son domicile après qu’elle eut dénoncé publiquement l'absence de soins prodigués à son fils. L’incarcération prolongée de Roberto Pérez Fonseca, les difficultés à obtenir des informations à son sujet et les restrictions imposées aux échanges avec lui affectent également sa famille.

LANGUE À PRIVILÉGIER POUR LA RÉDACTION DE VOS APPELS : espagnol

Vous pouvez également écrire dans votre propre langue.

Crédit photo : Privé via Amnesty International

LETTRE À ENVOYER

Monsieur le Président,

Je vous écris au sujet du prisonnier d’opinion Roberto Pérez Fonseca, qui purge une peine de 10 ans à la prison de Quivicán pour avoir exercé pacifiquement ses droits durant les manifestations du 11 juillet 2021.

Les informations fournies à Amnesty International font état d'un ensemble de violations des droits humains infligées à Roberto, notamment le refus répété de lui prodiguer des soins médicaux adéquats, des restrictions de sa liberté de communication, des violences physiques et des placements répétés en cellule disciplinaire.

En septembre 2026, selon sa famille, un autre détenu a agressé Roberto Pérez Fonseca sous les yeux des gardiens et l’a menacé avec une arme tranchante. L'agresseur présumé n'ayant pas été sanctionné, Roberto a manifesté dans la cour de la prison en brandissant un drap sur lequel il avait inscrit « Patrie et Vie » et « À bas la dictature ». Les autorités carcérales ont réagi en l’envoyant en cellule disciplinaire. Il en est par la suite ressorti car son état de santé se dégradait.

Roberto Pérez Fonseca souffre de graves affections gastro-intestinales chroniques qui se sont progressivement aggravées au fil de sa détention. Sa famille dénonce des soins médicaux inadaptés, des restrictions en matière de communication et de visites, ainsi que des mesures punitives répétées comme l’isolement, ce qui suscite de graves inquiétudes quant à sa santé, sa sécurité et son bien-être.

Je vous demande de libérer Roberto Pérez Fonseca immédiatement et sans condition. Dans l’attente, je vous prie de veiller à ce qu’il bénéficie de soins adéquats, puisse communiquer régulièrement avec sa famille et son avocat, et soit protégé contre la torture et les autres formes de mauvais traitements, notamment l’isolement punitif.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma haute considération.

Écrire à:

Miguel Díaz-Canel, Président de Cuba

Hidalgo Esq. 6, Plaza de La Revolución

CP 10400, La Habana, Cuba

Courriel : despacho@presidencia.gob.cu