• Chine

Graves craintes pour la vie d’une journaliste incarcérée

CONTEXTE

Depuis sa condamnation en septembre 2025 à quatre nouvelles années de prison, la santé de la journaliste Zhang Zhan s’est détériorée de manière alarmante. Elle souffre d’une grave maladie gastrique et la perte de poids considérable en ayant résulté l’a beaucoup affaiblie. Cette femme observe semble-t-il une grève de la faim depuis janvier 2025 afin de protester contre sa détention arbitraire. Sa vie est en danger et une intervention urgente est indispensable ; cependant, le refus persistant de la laisser s’entretenir avec un avocat de son choix entrave les efforts visant à recueillir des informations sur sa situation et à contester sa condamnation. Il convient de la relâcher immédiatement et de faire en sorte que, dans l’attente de sa libération, elle ait accès à des soins adaptés, prodigués dans le respect de la déontologie médicale.

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La journaliste et militante chinoise Zhang Zhan a été reconnue coupable d’avoir « cherché à provoquer des conflits et troublé l’ordre public », et condamnée à quatre ans de prison à l’issue de son procès le 19 septembre 2025 devant le tribunal populaire du nouveau district de Pudong.

Depuis sa nouvelle condamnation en septembre 2025, la santé de Zhang Zhan s’est très fortement détériorée. Elle souffre de graves troubles gastriques, et a connu une perte de poids considérable, ce qui l’a terriblement affaiblie. Selon certaines sources, elle observe une grève de la faim depuis janvier 2025 afin de protester contre sa détention. Les autorités lui ont par ailleurs refusé à plusieurs reprises de recevoir l’aide d’un avocat de son choix, ce qui rend difficile le suivi de sa situation ou l’introduction d’un recours contre sa condamnation.

Zhang Zhan avait précédemment été reconnue coupable de la même « infraction » pour avoir couvert les premiers jours de la pandémie de COVID-19 à Wuhan. Ancienne avocate, elle s’était rendue à Wuhan en février 2020 afin de relayer depuis le terrain des informations sur ce qui se passait sur place. Elle avait indiqué sur les réseaux sociaux que des représentants du gouvernement avaient arrêté des journalistes indépendants et harcelé des familles de patients atteints du COVID-19.

Elle a disparu à Wuhan en mai 2020. On a appris par la suite qu’elle avait été arrêtée par les autorités chinoises et placée en détention à Shanghai, où elle a été reconnue coupable d’avoir « cherché à provoquer des conflits et troublé l’ordre public » à l’issue d’une parodie de procès. Zhang Zhan a été libérée le 13 mai 2024, après avoir purgé une peine de quatre ans d’emprisonnement.

Elle a cependant fait l’objet d’une surveillance stricte et d’un harcèlement continu après sa libération, et a de nouveau été arrêtée moins de quatre mois plus tard. Sa deuxième arrestation (en septembre 2024) est survenue peu après qu’elle se soit, selon certaines informations, rendue dans la province du Gansu, dans le nord-ouest du pays, pour manifester sa solidarité avec d’autres défenseur·e·s des droits humains.

Zhang Zhan est privée de liberté depuis plus de cinq ans et demi, uniquement pour avoir exercé son droit à la liberté d’expression. Au cours de sa précédente incarcération, elle a entamé une grève de la faim qui a entraîné de multiples hospitalisations et une perte de poids draconienne, celui-ci passant à seulement 37 kilos, soit la moitié du poids qu’elle faisait avant d’être enfermée. 

Son cas a été présenté dans le cadre de la campagne Écrire pour les droits 2021 d’Amnesty International.

Amnesty International a recensé de nombreux cas de journalistes indépendants et de militant·e·s condamnés pour avoir fait des reportages sur la pandémie, Zhang Zhan illustrant parfaitement cette politique. Ces mesures répressives se sont intensifiées après le mouvement des « feuilles blanches » de 2022, et l’étau s’est resserré autour de la société civile. Vous trouverez de plus amples informations sur l’utilisation à mauvais escient de la sécurité nationale - et de dispositions pénales liées à l’ordre public - afin de battre en brèche le militantisme en faveur des droits humains, couvrant les cas de 64 personnes au cours des 10 dernières années, dans notre rapport de 2025, intitulé How could this verdict be ‘legal’?

LANGUE À PRIVILÉGIER POUR LA RÉDACTION DE VOS APPELS : anglais ou chinois 

Vous pouvez également écrire dans votre propre langue.

Crédit photo : Privé via Amnesty International

LETTRE À ENVOYER

Monsieur,

Je vous écris afin de vous faire part de ma vive inquiétude pour Zhang Zhan (张展), journaliste et défenseure des droits humains, dont l’état de santé est alarmant, tandis que ses droits continuent à être bafoués.

Cela fait de nombreux mois que la santé de Zhang Zhan et l’insuffisance des soins qui lui sont prodigués en détention suscitent de graves préoccupations. Elle se trouverait dans un état de faiblesse extrême, souffrant d’une maladie gastrique et ayant connu une perte de poids considérable.

Zhang Zhan observe par ailleurs une grève de la faim afin de protester contre sa détention arbitraire. Comme vous le savez peut-être, durant sa précédente incarcération, elle a observé une longue grève de la faim ayant donné lieu à de nombreuses hospitalisations, ce qui suscite des inquiétudes supplémentaires quant à l’effet cumulatif sur sa santé.

Après sa condamnation en septembre 2025, il a été signalé que les demandes répétées de ses avocats afin de la rencontrer ont été systématiquement rejetées, ce qui l’a privée d’un véritable accès à une assistance juridique et au droit d’appel. Autre grave motif d’inquiétude, sa famille et son avocat seraient par ailleurs victimes de harcèlement et d'intimidation de la part des autorités.

Le 14 mars 2026 marque le sixième anniversaire de la première arrestation de Zhang Zhan, après laquelle elle a purgé une peine de quatre ans de prison à la suite d’un simulacre de procès. Elle a de nouveau été arrêtée moins de quatre mois après sa libération et reste privée de liberté à ce jour. Ce sombre anniversaire souligne la nature répétitive des violations qu’elle a subies, et le manquement persistant au devoir de remédier à la situation.

C’est pourquoi je vous demande de :

· Libérer Zhang Zhan immédiatement et sans condition, et de veiller à ce que ses déclarations de culpabilité soient annulées ;

· Faire en sorte, dans l’attente de sa libération, qu'elle puisse être examinée de manière adéquate par des professionnels de santé qualifiés, afin de bénéficier de soins conformes à l'éthique médicale et respectant notamment les principes de confidentialité, d’autonomie et de consentement éclairé ;

· Garantir qu’elle puisse s’entretenir avec ses avocats et sa famille, et ne soit ni torturée, ni soumise à d’autres formes de mauvais traitements ;

· Cesser de harceler et menacer les défenseur·e·s des droits humains et celles et ceux qui les soutiennent, comme leurs proches et leurs avocats.

Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de ma haute considération.

Écrire à:

Ministre des Affaires étrangères :Rosa Yolanda Villavicencio

Palacio de San Carlos, Calle 10 # 5-51, Bogotá, Colombie

Courriel : contactenos@cancilleria.gov.co