IL FAUT LIBÉRER IMMÉDIATEMENT UN TRAVAILLEUR HUMANITAIRE
CONTEXTE
Benjamin Babunga, travailleur humanitaire congolais et détracteur du gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC), est détenu arbitrairement au Burundi depuis son arrestation à Bujumbura le 26 mai 2026. Il a tout d’abord été arrêté par le Service national de renseignement (SNR) sans pouvoir consulter un avocat, avant d’être transféré à la prison de Mpimba 11 jours plus tard, sur fond d’accusations d’espionnage, de terrorisme et de menaces pour la sécurité nationale. Malgré deux décisions de justice lui accordant une libération sous caution, il est toujours en détention arbitraire. Amnesty International appelle les autorités burundaises à libérer Benjamin Babunga immédiatement. Dans l’attente, elles doivent veiller à ce qu’il puisse communiquer avec son avocat et sa famille, et à ce qu’il soit protégé contre tout transfert illégal vers la RDC, où il risque d’être poursuivi en justice uniquement pour avoir exercé son droit à la liberté d’expression.
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Benjamin Babunga est un employé humanitaire congolais, historien autoproclamé et commentateur qui se consacre notamment à analyser l’évolution de la situation politique et de la sécurité dans la région des Grands Lacs. Sa détention s’inscrit dans un contexte d’inquiétudes de longue date en matière d’arrestations arbitraires, de restrictions imposées à la liberté d’expression et de poursuites iniques au Burundi. Amnesty International a recensé des actes d’intimidation et de harcèlement, des détentions et des poursuites arbitraires visant des journalistes, des défenseur·e·s des droits humains, des militant·e·s et des opposant·e·s politiques, y compris en invoquant des infractions à la sécurité nationale définies en termes vagues, dans le but de supprimer toute critique pacifique. Pour en savoir plus, consultez les rapports d’Amnesty International intitulés Les discours et la réalité. La répression de la société civile se poursuit sous le gouvernement d’Évariste Ndayishimiye et Burundi: 10 years of unending impunity and repression.
Par ailleurs, il importe de replacer le cas de Benjamin Babunga dans le contexte du conflit armé qui sévit dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) et d’un environnement politique très sensible vis-à-vis de tout commentaire sur ce conflit. Le Burundi a déployé des troupes dans le Sud-Kivu afin de soutenir les forces armées congolaises dans leur lutte contre le groupe armé M23 soutenu par le Rwanda. Dans son rapport de 2025, le Groupe d’experts de l’ONU sur la RDC estimait qu’au moins 7 000 soldats burundais étaient déployés dans le Sud-Kivu début avril 2025. L’implication du Burundi et de divers acteurs régionaux accroît le risque d’affrontements au niveau régional, tandis que les populations civiles continuent de payer le prix fort des graves violations et exactions commises par les parties au conflit. D’autres informations sont disponibles dans les documents suivants : Rapport final du Groupe d’experts sur la République démocratique du Congo, de 2025, et RDC : un rapport de l'ONU évoque le spectre de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité dans le Nord et le Sud-Kivu. Le Burundi est lié par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) et la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples. Ces instruments protègent, entre autres, le droit à la liberté, le droit de ne pas être placé en détention arbitraire, les droits à un procès équitable et à un recours effectif, ainsi que la liberté d’expression. Les autorités burundaises doivent respecter et protéger ces droits, et s’abstenir de transférer Benjamin Babunga vers un pays où il risquerait d’être persécuté ou de subir de graves violations des droits humains.
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Crédit photo : Privé via Amnesty International
LETTRE À ENVOYER
Monsieur le Ministre,
Je vous écris afin de vous faire part de mes préoccupations concernant le maintien en détention illégale de Benjamin Babunga, en dépit de deux décisions judiciaires ordonnant sa libération provisoire. Son maintien en détention viole ses droits à la liberté, à un procès équitable et à un recours effectif.
Le 26 mai, Benjamin Babunga, ressortissant congolais et travailleur humanitaire, a été arrêté à Bujumbura, la capitale économique du Burundi, puis placé en détention par le Service national de renseignement (SNR) avant d’être transféré, 11 jours plus tard, à la prison de Mpimba. Il est accusé d’espionnage, de terrorisme et de menaces à la sécurité nationale. Il a utilisé les voies de recours juridiques à sa disposition et a obtenu de la Haute Cour de Mukaza, le 15 juillet, une décision lui accordant une libération provisoire. À la suite du recours formé par le bureau du procureur, la Cour d'appel de Mukaza a confirmé, le 10 août, la décision rendue en première instance ordonnant sa libération. Malgré ces deux décisions de justice en sa faveur et les efforts de ses avocats pour les faire appliquer, Benjamin Babunga est toujours derrière les barreaux.
Il n’aurait jamais dû être arrêté pour avoir exprimé ses opinions. Sa détention, malgré les décisions rendues par les tribunaux, viole la Constitution du Burundi et les obligations du pays découlant du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) et de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.
À la lumière de ce qui précède, je vous prie instamment de prendre toutes les mesures relevant de votre compétence pour garantir la libération immédiate de Benjamin Babunga. Je vous demande en outre de veiller à ce qu'aucune autorité administrative ou judiciaire ne fasse obstacle à sa libération et à ce que son intégrité physique, sa sécurité et ses droits soient respectés. Dans l’attente de sa libération, je vous prie de le protéger contre tout transfert illégal vers la RDC, où il risque d’être poursuivi en justice uniquement pour avoir exercé son droit à a liberté d’expression.
Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.
Écrire à:
Alfred Ahingejeje
Ministre de la Justice
BP 1880, Bujumbura, Burundi
Courriel : info@justice.gov.bi
X : @MiniJustice_BDI