UNE JOURNALISTE CONDAMNÉE SUR LA BASE DE CHARGES INFONDÉES EST PRIVÉE DE VISITES
CONTEXTE
Zhang Zhan, journaliste chinoise, a été condamnée à quatre années en prison le 19 septembre 2025 pour avoir « cherché à provoquer des conflits et troublé l’ordre public ». Après avoir formé un recours contre cette décision fin septembre, il a été signalé que ni sa famille ni son avocat n’ont été autorisés à lui rendre visite. Pendant une brève période, personne ne savait où elle se trouvait, jusqu’au moment où sa famille a reçu, le 18 novembre, la confirmation qu’elle est actuellement détenue à la prison pour femmes de Shanghai. Ni ses proches ni son avocat n’ont encore obtenu la permission de lui rendre visite, et on continue à craindre pour son bien-être.
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La journaliste et militante chinoise Zhang Zhan aurait été reconnue coupable d’avoir « cherché à provoquer des conflits et troublé l’ordre public » et condamnée à quatre ans de prison à l’issue de son procès le 19 septembre 2025 devant le tribunal populaire du nouveau district de Pudong.
Après son arrestation en 2024, Zhang Zhan aurait observé une grève de la faim pendant sa détention et a sans doute été alimentée de force. Sa famille et son avocat sont victimes de harcèlement et d'intimidation de la part des autorités et ne sont pas en mesure de communiquer de nouvelles précises sur sa situation. En conséquence, on sait très peu de choses sur son état de santé actuel et sur d'autres aspects de cette affaire.
Zhang Zhan avait déjà été emprisonnée pour le même motif après avoir couvert les premiers jours de la pandémie de COVID-19 à Wuhan. Ancienne avocate, elle s'était rendue à Wuhan en février 2020 pour couvrir sur le terrain ce qui s'y passait. Elle avait publié sur les réseaux sociaux des informations dénonçant l'arrestation par des représentants du gouvernement de journalistes indépendants, et le harcèlement des familles de patients atteints du COVID-19.
Elle a disparu à Wuhan en mai 2020. On a appris par la suite qu'elle avait été arrêtée par les autorités chinoises et placée en détention à Shanghai, où elle a été reconnue coupable d’avoir « cherché à provoquer des conflits et troublé l’ordre public » à l'issue d'une parodie de procès. Zhang Zhan a été libérée le 13 mai 2024, après avoir purgé une peine de quatre ans d’emprisonnement.
Elle a cependant fait l'objet d'une surveillance stricte et d’un harcèlement continu après sa libération, et a de nouveau été arrêtée moins de quatre mois plus tard. Sa deuxième arrestation (en septembre 2024) a eu lieu peu après qu'elle se fut semble-t-il rendue dans la province du Gansu, dans le nord-ouest du pays, pour manifester sa solidarité avec d'autres défenseur·e·s des droits humains.
Zhang Zhan a déjà passé plus de cinq ans et demi privée de liberté, incarcérée uniquement pour avoir exercé son droit à la liberté d’expression. Au cours de sa précédente incarcération, elle a observé une grève de la faim qui a entraîné de multiples hospitalisations et une perte de poids drastique, passant à seulement 37 kilos, soit la moitié du poids qu’elle faisait avant d’être enfermée. Le cas de Zhang Zhan a été présenté dans le cadre de la campagne Écrire pour les droits 2021 d’Amnesty International.
Amnesty International a recensé de nombreux cas de journalistes indépendants et de militant·e·s condamnés pour avoir fait des reportages sur la vérité de la pandémie, Zhang Zhan illustrant parfaitement cette politique. Ces mesures répressives se sont intensifiées après le mouvement des « feuilles blanches » de 2022, et l’étau s’est resserré autour de la société civile. Vous trouverez de plus amples informations sur l’utilisation abusive de dispositions relatives à la sécurité nationale et à l’ordre public prenant pour cible le militantisme en faveur des droits humains, couvrant les cas de 64 personnes ces 10 dernières années, dans notre rapport d’octobre 2025, intitulé How could this verdict be ‘legal’?
Crédit photo : © Amnesty International / Adrien Stanziani
LETTRE À ENVOYER
Madame,
Je vous écris afin de vous faire part de ma profonde inquiétude pour la journaliste et défenseure des droits humains Zhang Zhan (张展), qui été condamnée à quatre ans de prison par le tribunal populaire du nouveau district de Pudong pour « avoir cherché à provoquer des conflits et troublé l’ordre public » (寻衅滋事罪) - accusation qui lui a déjà valu une peine de prison. Ces accusations sont une nouvelle fois sans fondement, car elle n’a fait qu’exercer son droit à la liberté d’expression et défendre les droits d’autrui.
Après qu’elle a formé un recours contre cette condamnation fin septembre, il a été signalé que ni sa famille ni son avocat n’ont été autorisés à lui rendre visite. Plus inquiétant, on est resté sans nouvelles d’elle pendant plusieurs jours. Il a seulement été indiqué à sa famille et son avocat qu’elle avait été « transférée », sans aucune information sur sa destination.
Le 18 novembre, il a finalement été confirmé que Zhang Zhan est détenue à la prison pour femmes de Shanghai. Sa famille et son avocat n’ont cependant pas encore obtenu la permission de lui rendre visite.
Zhang Zhan avait, selon certaines informations, observé une grève de la faim en détention et a sans doute été alimentée de force en janvier 2025. Sa famille et son avocat auraient également été victimes de graves mesures de harcèlement et d’intimidation de la part des autorités, et on ignore dans quel état de santé elle se trouve - ce qui est très préoccupant. Au cours de sa précédente incarcération, elle a observé une grève partielle de la faim qui a entraîné de multiples hospitalisations et une perte de poids drastique, passant à seulement 37 kilos - ce qui équivaut à la moitié de son poids avant sa privation de liberté.
Par conséquent, je vous appelle à :
· Libérer Zhang Zhan immédiatement et sans condition, et à garantir que ses condamnations soient annulées ;
· Veiller à ce que, dans l'attente de sa libération, elle puisse avoir des contacts réguliers et sans restriction avec sa famille et ne soit pas soumise à des actes de torture, ni à d’autres mauvais traitements ;
· Mettre fin au harcèlement et aux menaces visant sa famille et les défenseur·e·s des droits humains qui lui apportent leur soutien.
Veuillez agréer, Madame, l’expression de ma haute considération.
APPELS À
Chen Jianhua, Directrice de la prison pour femmes de Shanghai
No 1601, Zhangjing Road, Sijing Zhen,
Shanghai 201601
République populaire de Chine