• Arabie saoudite

Libérez les voix du changement en Arabie saoudite

Les autorités saoudiennes intensifient leur campagne visant à réduire au silence toutes les voix dissidentes du pays. Une simple publication sur les réseaux sociaux appelant à une réforme en faveur des droits humains ou critiquant les autorités peut conduire à des décennies en prison, à des interdictions de voyager ou même à une condamnation à mort. En parallèle, les autorités ont mis en place à grands frais une stratégie de relations publiques qui colporte au reste du monde une image de glamour et de progrès, en organisant par exemple des visites d’athlètes ou de célébrités pour détourner l’attention de la situation désastreuse des droits humains dans le pays.  

Quel est le problème ? 

Depuis novembre dernier, Manahel al Otaibi, professeure de fitness de 29 ans, est victime d’une disparition forcée entre les mains des autorités saoudiennes. Avant cela, elle avait déjà passé plus d’un an derrière les barreaux. Et pour quelle raison ? Pour un message sur les réseaux sociaux en faveur des droits des femmes. 

Les autorités saoudiennes ont adopté une politique de tolérance zéro pour tout ce qui est perçu comme une critique. Des personnes en Arabie saoudite sont condamnées à des peines parmi les plus sévères jamais recensées par Amnistie internationale, pour avoir simplement exercé leur droit à la liberté d’expression, notamment des peines d’emprisonnement de plusieurs dizaines d’années, des interdictions de voyager, des condamnations à mort. 

Le défenseur des droits humains, Mohammed al Qahtani, est toujours en détention en raison de ses activités de défense des droits humains, bien qu’il ait fini l’an dernier de purger sa peine de 10 ans d’emprisonnement. 

La répression a également ciblé des personnes qui n’étaient auparavant pas impliquées dans le militantisme politique. Mohammad bin Nasser al Ghamdi, professeur à la retraite, a été condamné à mort pour avoir critiqué les autorités sur X (anciennement Twitter), où son compte n’était suivi que par dix  personnes.

Salma al Shehab, doctorante et mère de deux enfants, purge actuellement une peine de 27 ans d’emprisonnement, qui sera suivie d’une interdiction de quitter le pays pendant 27 ans, pour des publications sur les réseaux sociaux soutenant les droits des femmes. 

Abdulrahman al Sadhan, employé humanitaire du Croissant-Rouge, est victime d’une disparition forcée depuis plus de deux ans. Il a été condamné à 20 ans d’emprisonnement suivi d’une interdiction de quitter le pays pendant 20 ans, pour des messages satiriques sur les réseaux. 

Le blogueur saoudien Raif Badawi dont la famille vit au Québec, a été libéré le 11 mars 2022 après avoir purgé 10 ans de prison, simplement pour avoir fait part de ses opinions sur les droits humains en Arabie saoudite de façon pacifique. Malheureusement, il lui est toujours interdit de quitter l'Arabie saoudite pour vivre avec sa famille et d'utiliser les médias sociaux pendant encore 10 ans.  

Alors que les autorités saoudiennes mènent cette répression massive et flagrante, le prince héritier Mohammad bin Salman dépense des milliards de dollars dans une remarquable démonstration de poudre aux yeux afin de lisser l’image du pays et de cacher la vérité. 

Ce que vous pouvez faire   

Alors que l’Arabie saoudite développe sa mécanique bien huilée en matière de relations publiques, nous devons amplifier les voix et les récits des victimes de la répression menée par les autorités contre le droit à la liberté d’expression. Notre silence ne peut pas être acheté. Agissez dès maintenant et appelez les autorités saoudiennes à libérer toutes les personnes injustement détenues pour avoir exercé leur liberté d’expression.  

VENTE D'ARMES À L'ARABIE SAOUDITE

Les véhicules blindés légers (VBL) fabriqués par le Canada sont à risque d’être utilisés contre des civils dans le conflit au Yémen et dans la répression des civils en Arabie saoudite. En avril 2020, le moratoire sur la vente d’armes à l’Arabie saoudite a été levé. Malgré un dossier important confirmant que l’Arabie saoudite a déjà commis de graves violations du droit internationale humanitaire au Yémen, et son comportement lamentable en matière de droits humains à l’intérieur du pays, Affaires mondiales Canada a conclu que les types d’armes qu’il exporte ne sont pas préoccupants. Le Canada doit cesser immédiatement le transfert d’armes au profit de l’ensemble des parties impliquées dans le conflit au Yémen afin de s’assurer qu’aucun armement, munition, équipement et technologie militaires, ou soutien logistique et financier pour de tels transferts, ne leur soit offert ni directement ou indirectement, ni comme appui aux opérations militaires au Yémen, et ce aussi longtemps qu’il existe un risque sérieux que l’utilisation de ces armes entraînerait de sérieuses violations du droit international humanitaire et des droits humains.